‹ Scènes de la vie de provinceChapitre 34 sur 45 · I.c sort m'a couilaiiiiiée au don do vérité · texte numérisé non relu

I.c sort m'a couilaiiiiiée au don do vérité

Et je sonflro et je meurs : la science est morlello.

Je n'aî plus do silence et n'ai plus de repos; L'amour vient m'arrachor l'avenir en deux mois, 11 déchire mon cœur pour y lire qn'on l'aime.

Je suis la seule fleur qu'on jelle sans regret : On dépouille mon front de son blanc rfiadoino, Et l'on me foulo aux pieds dès qu'on a mon secret.

Quand il eut fini, le poêle reg.irda .son arisfnrque. Etienne Lousieau conlempl.iil les arbres de la pépinière.

— Eh bien ? lui dit Lucien.

— Eh bien 1 mon cher, allez I No vous écouté-Je pas? A Paris, écouter sans mol dire est un éloge.

— V.n avez-vous assez? dit Lucien.

— Continuez, répondit assez brusquement le journaliste.

Lucien lut le .sonnet suivant ; mais il le lut la mort au rreiir, et le snnff-froid impénétrable de I.oufftenn lui Rinça son diHiil. Plus avancé d.ins l,i vie liitc'r.iire. il aurait su ipie, clii'Z les auteurs, le silence et la liniscpierie, en pareille rirroiistance. Iraliis^ent la jalmisie (]ne cause uno belle O'iivre, de même i|U(> leur adiniralion annonce lo iKinheiir inspiré par une œuvre médiocre (pii rassure leur amour-propre.

ON GRAND HOMME DE PROVINCE A PARIS

TRENTIEME SONNET.

LE CAMELIA.

Chaque fleur dit un mot du livre de nature : La rose est à l'amour et fêle la beauté, La Tiolelte exhale une âme aimante et pure, Et le lis resplendit de sa simplicité.

Mais le camélia, monstre de la culture, Rose sans ambroisie et lis sans majesté. Semble s'épanouir, aux saisons de Iroidure, Pour les ennuis coquets de la virginité.

Cependant au rebord des loges de théâtre. J'aime à voir, évasant leurs pétales d'albâlro Couronne de pudeur, de blancs camélias

Parmi les cheveux noirs des belles jeunes femmes Oui savent inspirer un amour pur aux âmes. Comme les marbres grecs du sculpteur Phidias.

— Quo pensez-vous de mes pauvres sonnets? demanda formellement Lucien.

— Voulez-vous la vérité? dit Lousteau.

— Je suis trop jeune pour no pas l'aimer, ot je veux trop réussir jiour ne pas l'cnlendre sans me fâcher, mais non sans désespoir, répondit Lucien.

— Eh bien 1 mon ch('r, les cntortillages du premier annoncent une œuvre faite à Angoulême, et qui vous a sans doute trop coulé pour y renoncer ; le second et le troisième sentent déjà Paris; mais lisez-m'en un autre encore, ajoula-t-ilen faisant un geste qui parut charmant au grand homme de province.

Encouragé par cette demande, Lucien lut avec plus de confiance le sonnet quo préfr-raient d'Artliez et Bridau , peut-ôlro à cause de sa couleur.

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