II
Ii« ŒUVRES DI HEURI CONSCIENCE.
mime, et nous ferons ainsi des épargnes. Nous achèterons encore une vache et nous prendrons plus de terre en fermage... Et qui sait? 6 Seigneur, Seigneur ! à. cela pouvait arriver! qui sait? Nous finirons par prendre une servante... Peutrétre la petite ferme de la Chapelle deviendra-t-elle si belle, et la bénédiction de Dieu s'y reposera-t-elle si bien, que vous ne penserez plus au vilain couvent.
— Barthélémy, comme vous parlez bien! murmura fà jeune fille émue. Ce serait le ciel sur la terre...
— Cela sera! continua le jeune paysan avec la même joie expansive. Je planterai dans notre jardin toutes sortes de belles fleurs, je tracerai des sentiers et des plates-bandes; je ferai des cages pleines d'oiseaux pour les suspendre tout autour de la maison. . . Il faut que tout chante et soit en joie ! ... Et puis j^apprendrai de nouvelles chansons, je raconterai des histoires, je danserai, je sauteras... et je rememerai Dieu tous les jours de ce qu'il a permis .que vous veniez chez nous... Mon Dieu, mon Dieu, quelle vie! chère Cécile, quelle vie ! Voyez là-bas, près du puits... voyez ma mère et Jeannette !
A ces derniers mots il quitta la jeune fille et courut vers la ferme, rapide comme une flèche; cependant, tout impatient qu'3 fùt^ il eut encore la force de crier :
— Mèrel JeMmettel
La mère se retourna à la voix de Barthélémy, et le vit avec stupéfaction lancé en pleine course. En voyant ses gestes étranges, en entendant son incompréhensible appel. Jeannette, bouche béante, promena son regard de