NE
MODESTE MIGNON. 13 Page 139.
Madame Mignon, malgré son deuil éternel, n'avait pu
sévère notaresse On dit aujourd’hui : notairesse.
— Eh! bien, madame? avait dit respectueusement Dumay effrayé du silence de madame Mignon. — Modeste n’est pas seulement amoureuse, elle aime quelqu'un! avait répondu la mère obstinément.
— C’est vous, Dumay! Ah! si je pouvais regarder ma fille !... avait dit la pauvre aveugle. — Mais qui peut-elle aimer ? avait répondu madame Latournelle.
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— Les râteaux ne sont ni chers ni difficiles à manier, avait dit la fille de l'Allemagne. — Et les chiens ?.. avait demandé Dumay. — Les amoureux savent leur trouver des philtres, avait répondu madame Mignon. — Ce serait à me brûler la cervelle, si vous aviez raison, car je serais enfoncé !.. s'était écrié Dumay. — Et pourquoi, Dumay ? — Eh ! madame
— Je vous reconnais bien là tous les deux ! avait dit: madame
elle l’était dans sa barcelonette, avait dit madame Dumay. — Oh! je le saurai, avait répliqué Dumay
— Et, comment feras-tu, Anne ?.. avait demandé madame Dumay
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— Obéissez-moi bien tous, s'était écrié le lieutenant
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Lebrun.
— Où vas-tu, Modeste ? demanda la mère | à sa fille qui s’en allait |
— Tout préparer pour votre coucher, maman, répondit Modeste d’une voix aussi pure que le son d’un harmonica.
— Vous n'avez pas fait vos frais !
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elle eut paru folle.
Coquille typographique : eût.
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comme l’amant heureux de Bettina. L’adoration chez une jeune fille est plus forte que toutes les réprobations sociales. Aux yeux de Bettina, la Justice avait été trompée : comment avoir pu condamner un jeune homme par qui elle s’était vue aimée pendant six mois, aimée à la passion dans la mystérieuse retraite où Georges la cacha dans Paris, pour y conserver, lui, sa liberté. Bettina mourante avait donc inoculé l'amour à sa sœur. Ces deux filles avaient | souvent | causé de ce grand drame de la passion que l’imagination
“agrandit encore, | et | la morte avait emporté dans sa tombe
la pureté de Modeste, en la laissant sinon instruite, au moins dévorée de curiosité.
mille. Elle avait supplié sa sœur, la veille de sa mort — Ne donne pas ton cœur sans ta main, avait dit Caroline lieu de lagonie, eurent d'autant plus de retentissement
sa fidèle servante, Françoise Cochet : Pense à Bettina !* 1827, * Souligné par Balzac. Accident typographique : 1827, à.
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trop amertume
Coquille typographique : trop d’amertume.
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par une lettre faite entre cinq ou six journalistes dans son cabinet et où chacun d’eux mit son épigramme.
» Il porte mi-parti de gueules à la dolouère d’or et de sable à la coquille d’argent* * Souligné par Balzac.
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Nodier en ceci, vous ensorcèle
Balzac conjugue ici : j'ensorcèle (et non : ensorcelle) comme je harcèle. Cf. t. 3, p. 489, note de la p. 300.
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cement du mois d'août, elle écrivit la lettre suivante à ce Dorat de sacrishie qui passe encore
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Odiot une coûteuse édition des vers de Zaïre. Il semble que Balzac commette ici une confusion assez inexplicable. Odiot, dans la Comédie humaine ét dans la réalité, est le nom d’un orfèvre
célèbre. C’est chez Odiot que Pierre Graslin achète « une magnifique argenterie ». (Cf. Le Curé de village, t. 13, p. 528.) Charles X a pu lui commander le service d’argenterie offert à Canalis. On comprend moins qu’il lui commande « une coûteuse édition des vers de Zaïre » — même si Balzac entend par là une reproduction en orfèvrerie de deux vers de la tragédie de Voltaire? — les vers cités ici n’étant qu’une parodie. Dans le dernier des quatre états successifs de corrections que nous reproduisons ci-dessous, on verra que Balzac abandonne son idée initiale où le Roi, « chez Odiot », devait paraphraser, commenter ou refaire le vers de Zaire :
1er état. Manuscrit :
le Sacre de Charles X, un hymne qui lui valut un service d’argenterie, car il refusa toute espèce de somme, et le Roi paraphrasa chez Odiot le vers de Zaire :
Te serais-tu flatté D'’effacer Orosmane en générosité.
2e état. Épreuve :
le sacre de Charles X, un hymne qui lui valut un service d’argenterie. Il refusa toute espèce de somme | en disant que les Canalis devaient leur hommage au Roi. | Le Roi commenta chez Odiot le vers de Zaïre :
| … Chrétien | te serais-tu flatté D’effacer Orosmane en générosité ?
3e état. Épreuve :
le Sacre, un hymne qui lui valut un service d’argenterie. Il refusa toute espèce de somme en disant que les Canalis devaient leur hommage au Roi de France. Le Roi-Chevalier sourit et refit chez Odiot le vers de Zaïre :
Ah ! Versificatèur, te serais-tu flatté D’effacer Charles dix en générosité ?
4e état. Épreuve :
mage au Roi de France. Le Roi-Chevalier sourit, et [ordonna] commanda chez Odiot | une coûteuse édition | des vers de Zaïre : |
taire. De Marsay, qui n’aimait pas Canalis, s’éfait permis une plaisanterie dont la pointe envenimée avait atteint le poëte au [cœur] vif de son amour-propre. — Canalis, dit-il une fois
petit turlututu !/* Canalis voulut devenir un homme politique | et [mit à profit] [pour] tira parti pour débuter [le] du voyage qu’il avait fait à Madrid, lors de l'ambassade du duc de Chaulieu, [plus] en qualité d’attaché*; mais à la duchesse, selon [le mot] le mot qu'on se disait alors dans les salons. |
* Souligné par Balzac. Cf. dans les Mémoires de deux jeunes mariées (t. 2, p. 33), la correction de Balzac relative à la ‘“ carrière ”’ diplomatique de Canalis, “ auprès ” de la duchesse de Chaulieu, à Madrid.
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de l'Administration [, et il avait profité pour entrer dans la carrière [d’un début que la duchesse de Chaulieu [...] dans la diplomatie]] d’une espèce de séjour auquel la duchesse de Chaulieu l'avait obligé pour l’emmener à Madrid, lors de ambassade de son mari].
Balzac renonce à cet ajouté et le remplace par celui de la page précédente, ligne 31.
En devenant maître de Requêtes, 1! éprouva le besoin
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tendue intelligence politique et conseillé par madame d’Espard | qui fit [proposer] en ceci les affaires de la duchesse de Chaulieu | ,un jeune | Conseiller | Référendaire à la Cour
culateur caresse son premier bâilleur de fonds. Lapsus pour : bailleur.
tune que les émoluments de sa place, possédait la triture Néologisme de Balzac. Le dictionnaire de Boiste ignore ce mot que Littré définit ainsi : grande habitude de faire, de pratiquer.
geste de fat.
— C’est beau ! s’écria le Référendaire
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die ; que Nathan vit avec Florine, que d’Arthez est trop gras, que | Joseph Bridau est trop maigre que | Béranger
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Ceci se passait dans les premiers jours de juillet, Modeste
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Doute. De pareilles nuits ne s’oublient jamais. A/odeste alla droit
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tre, par une belle journée d'été.
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» écueils où l’on pouvait périr. Voici ma confession
» à une destinée ordinaire, change pour celle qui serait douée du » caractère que je vous
Qt
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» tient la société. Femme supérieure, je vous admire ; mais, si vous
» voulez obéir à linstinct que vous devez réprimer, je vous plains : » ainsi le veut l'État social.
» se développe et se poursuit, malgré la famille. La Famille | , quel- » que sotte et cruelle qu’elle soit, | a raison contre Lovelace.
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» tourner vers le soleil de la poésie. Aimez | donc | la poésie » ainsi
» neur avec une entière sécurité. Encore une fois, adieu, blonde » fille d'Ève la blonde.
le désert, ôta la montagne qui pesait sur le cœur de Modeste: | puis, | elle aperçut les fautes
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» Le trésor, vous l’avez écorné. Je vous pardonne, vous vivez » à Paris Page 182.
» commencez à dérouler | | élégante | rubannerie de vos idées.
Page 183.
» extatique à fini par épouser quelque | bon gros | Allemand.
Page 189.
» saison. Tenez, je ne puis plus n'être que votre ami. Quoi que Accident typographique : Quoique.
Page 190.
« Quelle flatterie ! avec quelle rapidité le grave Anselme est » devanu Accident typographique : devenu.
« Vous remerccier… Coquille typographique : remercier.
Page 192.
» race que les femmes achètent à des prix fous, vous vous êt s Accident typographique : êtes.
» est horrible. La générosité du génie me semble quasi divine
Page 194.
sévère incognito met un masque sur les visages
supprimer onze | autres | lettres échangées entre Ernest et Modeste
Page 199.
» cents mille francs.
Coquille typographique : cent mille.
! Page 200.
elle voulut monter. | dans sa chambre | pour écrire
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ce pauvre garçon avait rencontré dans Canalis un rocher
Page 220.
Gobenheim vint faire le wisth Cf. la note de la p. 85.
Page 230.
de poésies ?.…
— Un homme bien couvert | et | décoré.
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admiration, | et | de laquelle je ne suis pas digne
jeunes personnes inconnues | Oh! | j'ai le plus profond respect pour ces bouquets de fleurs coupées à même l’âme, | et | envoyés
garçon, monsieur, j'ai trop | de | délicatesse pour ne pas
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un soldat de l'Empereur, cette jeune fille est tout pour vous...
pas moins déjeuné d’une tasse de café ?.. En ce moment même, on peut compter dans Paris | beaucoup | de mères de famille qui sont sur la paille et qui jettent un enfant au monde
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les uns à côté des autres, souvent sous le même toit, en s’ignorant !
MODESTE MIGNON. 19 tez donc rien | de ce que vous peignez ?... |
apprenez ceci du poète : Tout grand sentiment est | chez Phomme | un poème tellement individuel, que son meilleur ami nalis
Accident typographique corrigé par Balzac.
qu'un prince qui se venge, plus habile qu’un espion, fouillait | alors | la vie et les actions de Canalis
ches visent! L'un de nous a dû son riche mariage à une pièce hydraulique de sa poésie Page 243.
tourne à la Morale en Action.
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elle, quelque grâce, quelque poésie quelques précautions Coquille typographique : poésie, quelques.
pour mari. Tu as commencé par un poème, tu finiras par une bucolique Page 247.
sés et de labours, | enfin | sur la route pavée de la Vulgarité !
Page 252.
chapeau furent pris pour sommier Balzac fait une confusion, le mot sommier n’est pas un terme de blason. Il faudrait le remplacer, ici, par cimier.
verneur de Normandie, naquit pendant l’émigration
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le comte de Mortsauf (Voyez le Lys dans la Vallée*), et * Souligné par Balzac.
son esprit sans petillement Coquille typographique : pétillement.