‹ Scenes De Moeurs ArabesChapitre 6 sur 11 · I.K COMBAT · texte numérisé non relu

I.K COMBAT

phète qu’abattus sous le cimeterre de ses disciples, et qui ont inondé dë leurs émigrations successives l’Espagne conquise par leurs vainqueurs» Ces nations, si diverses par l’origine, la cônditum*et le nombre, mais que réunit-du moins une foi commune sous le sceptre du pontife-roi , forment le peuple musulman , dont les Africains sont le corps, et les Orientaux la tête. Les volontaires de leurs tribus composent la cavalerie de l’armée, c’est-à-dire, l’armée ellemême, car, chez les Arabes, le cheval l'ait partie du guerrier , et combattre à pied n’est à leurs yeux qu’une ignoble dispute d’esclaves qui se frappent du poing , ou d’animaux qui se déchirent de la dent. .

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Néanmoins leur camp renferme aussi des corps d’infanterie ; mais ce sont presque uniquement des chrétiens et des juifs mozarabes qui les composent; peu de musulmans consentent à descendre jusqu’à cet avilissent métier. Ces fantassins, troupes méprisses , prennent rarement part à l’honneur du combat. Ce n’ést point pour s’étendre, en iongües lignes de bataille, ou se serrer en

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impénétrables masses, qu’ils - sont appelés à suivre les rangs de l açmée ; réduits à une dépuration du cavalier , ils sont les sérviteurs des combattans véritables» Dresser les tentes du camp , combler le lit d’une rivière ., applanir le chemin d’une montagne, creuser les tranchées d’attaque devant une place forte, préparer les vivres des hommes et des ehevaux, voilà leurs fonctions en campagne. L’iufanterie forme un intermédiaire entre les cavaliers et les bétes de ' * somme. Celles-ci , toujours nombreuses à la suite düne armée arabe, portent les tentes et les hamacs, les réserves de flèches, de lances, de toutes armes, les provisions de. . blé et de riz pour les hommes , d’orge pour les chevaux, indispensables dans un pays frontière que ravagent chaque année les deux partis. Enfin elles traînent les bajistes, les béliers, les mangonneaux, les tours roulantes, toutes ces machines 3e siège qui élèvent des . remparts contre les remparts , qui brisent les portes des forts et percent les murailles des villes.

Tandis que l’armée arabe se réunissait au

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camp de Madrid, le Khalyfe avait envoyé au rc#de Léon, contre les états duquel était dirigée la campagne, un héraut pour le sommer, lui et son peuple, de renoncer au culte des idoles, et d’adorer Allah , le Dieu pur, le Dieu unique, sinon, délivrer son trône et son pays aux enfans d’Israeçl. Cetté sommation n’était qu’une formalité, et ne pouvait avoir d’autre effet que d’avertir par avance l’ennemi que menaçaient les " • armes musulmanes ; mais le Livre ordonnait

que , pour rendre la cause aussi juste que sainte, les infidèles ne fussent jamais attaqués par le glaive sans qu’on eût essayé sur eux le pouvoir du conseil, et cette sommation précédait religieusement chaque entrée en campagne (i). Le héportait , et dont la mission , tant de , était connue sans qu’il l’expliquât, ne fut pas même admis en présence du prince

(i) « Combattez vos ennemis dans la guerre enlreprise pour la

feligion; mais n’attaquez pas les premiers. Dieu hait les aggres-

seurs S’ils vous attaquent , baignez-vous dans leur sang. Telle est

la» récompense due aux infidèles. S'ils quittent Terreur, le Seigneur est indulgent et miséricordieux. » ( Kora/i , ehap. II.)

raukfrqui la fois répétée

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auquel il était envoyé- Les Fronteros (^espagnols ne lui laissèrent point franchir la limite des deux états. ' y ^ Y Cinq jours après son retour à Cordoue , les joyeux Hétélis des cavaliers arabes , rangés en longues colonnes devant le '.front du camp ‘ saluèrent l’arrivée du Kaïd al Kowad (a). Ministre et général, Al-Mansôûf n’avait quitté

qu’au dernier moment la salle du conseil où s’expédiaient toutes les affaires civiles, pour venir prendre le •mmandement de l’armée. Il laissait l’empire tranquille. ét florissant j maintenant il allait lé rendre glorieux. Dès qu’il eut franchi l’enceinte du camp, et sans prendre de repos après une marche longue et rapide, il commença la revue de tous les corps. Chaque

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homme, chaque cheval, chaque mulet deMt pas-

sèrent sous ses yeux. Il vit que tous les cavaliers étaient munis de l’épée , de l’arc et de la lance, et qu’ils portaient sur lés flancs de leurs che-

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(«). Gardiens des frontières, .

(a) dtef des chefs ..gtnéMiiæinle.

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va^x, d'un c&é ,*le carquois , de l’autre, 1^ sac * de peau pour les provisions, et l’écuelle de cuivré polir les repas; il s’assura de l’état des armes , et de la suffisance des approvisionnemens; il distribua les nouvelles recrues dans les cadres, disposa les escadrons,- présenta les officiers à leurs soldats , et répartit les bannières 1 aux Kaÿds (O- Ceux-ci commencèrent leurs fonctions en donnant lecture du décret où le Khalyfe Al-llakein II a tracé les obligations des Musulmans dans VJl-Djihed #) - Enfin, peu de

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r Ç.) Kayd, capitaine, chef; ce qncfcs Espagnol» appelle Céif

diUo. - r .••• \ r : ' ' y \ '~

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».'■(*) Voici ce décret ; . •' -, ; . ' •*

i „ ç'êU un devoir pour tout lion Musulman il aller a \Al-Djiht J ,

ou guerre contre les infidèle» ennemis de notre sainte loi. Les - nnemis seront requis d’embrasser l’Islam , cxccplé (pùhï il» Cdmincncc- \ ront l’invasion. Dam Vautre cas, on leur proposera de se faire Mu- ' ou de payer le» IribuU établi» , tels que «ou» le» patent le»

infidèles dê noue empire. Si, dans les combat»,, les ennemi» de la loi ne sont pas deux foi* aussi nombreux que le» Musulmans le Musulman qui f-.’tra de la mêlée est Vil , et pcAp contre la loi él ConUo ' noue honneur. Dans les enuées sur la terre enhetoir, tic tuer pa* ^ femmes, ni les enftms, ni les viriUard» st,ns force», ni le» rcli-

jours tlu gériérêtl, une ariiiéé tfe

trente miïié cavalîfcrk ef (Je dix mille fantassins.

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darraroa. Ô» voyait,' depuis la pï^né qu'elle avait quittée, les massés de .la cavalerie arabe

* v'V: ' ' ri > . '

gieux de vie reuree, jrmoms quteux-mèmes.ne vous fassent du met. Ne Atbz,, ai ûe faite* prisonniers ceux à qui vous aurez donné pu sauf-conduit; n’en violez ■ aucune condition. Que le sauf-conduit donné par un fchaf soit respecté par tous. Toutes lés dépouilles , après lé, prélèvement ^iu cinquième qui nous appartient , sè 'partageront snr;ie Champ même du combat, te cavalier dam deux parts’; le fantassin , • uhe. Pour les choses. & manger, prenez.*» > ah tant 'que vous en aurez besoin'. Le Musulman qui reconnaîtra, dans lè butin, qOelqi^e objet à lui, jurera devant les Khâdys de l’armée que cet objet lui appartient ; on lé lui donnera, s’il èécfatnc aèanf le paètage; si après, Onluicn rendra le jpste prix. Pour ceux qui servent dans l’année, bieh qu-’tl* he soient pas gslis de combet, et qu’ih soient d’ttne autre oroyatvee ; les chefs arbitreront la récompense de leufrsarnces. O e U seta de même pour ceux qui feraient dans la (mm <|u combat, ipielque exploit noble et d’importance, li ont pèré ott mère he viennent peinr, sans le cmtsèoie. menl-de tous doux , h'I’artuce pu.* la défense de la «on.

fiêsa^si ce n’est dtu>* les occasions de subite mécessjfj , car ^om la priheipate obéissance est, d’accourir sur Jc-cbàimp à la défense du sol età'l’appèl deatvatys. ' ■

Que

ioo LE lo K m at.

se dérouler en longues onduUt-whs «*»' de üpttÇ

des montagnes. Ues reflets dû soled lerajat,

qui frappait de ses premiers, rayon* les-armes polies^ faisaient luire de brillons «claire sur»ie sombre ruban des Colonnes mouvantes ' H et quand, par intervalles ïnesuréa, cêasaitle bruit des clairons, des trompettes et des timbales, on entendait l’écho lointain des .hjmtfiéfi gnertriers et religieux qü’entomiad , dans d’immenses concerts, là grande vioix d’une armée. .

;3Êlle portait le nom qu o,n donne à toute armée

complète, celui à'stl-Schconis, qûi y eut dire cinq pallies j et symboliquement la math , parce que,, strivànt l’bsâge , elle comptait principaux, l’ava pt-garde, l’aile -droite , lîaile gauche , le centre et l’arrière-garde. Dix mille Berbères , commandés par Solyman, qui laissai t à ses lieutenans la garde du palais déMédynat al-Zohrâ, formaient l’avant-garde de 1 \Al-$chati\is. idÉorps de bataille , composé. du centre et des mis , se

trouvaient, avec Al-Mansonr, les guerriers des tribus venues de l’Arabie, de la Syrie et dé l’Egypte. Un autre corps dè Berbères, dg^l qivpre-

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■nier, couvrait là marche de l’armée, dans làquelle les hommes de pied, ainsi que les acémilas, avaient été répartis également.

Les Adalides ( i) étaient, pour la plupart, des chrétiens mozarabes de Tolède, que la coimnunauté d’origine et de religion met en * fréqucns

^ rapports avec les chrétiens espagnols.

prennent, par de nombreux voyages clandestins, à connaître tous les sentiers qui traversent la plaine, tous les poirés (2) des montagnes, tous les gués des rivières. Us savent awsi reconnaître

aux trace#, avec une merveilleuse sagacité, toute, personne et tout animal. Mais leur réputation d’équivoque fidélité s’étatt établie par de trop uombreuses épreuves pour qu’on leur confiât aveuglément le destin de Tannée. Quelques fàa r lideS musulman», du petit iiombre de ceux qui avaient pu pénétrer dans lès provinces espagnoles, veillaient sur les guides pour prévenutoute embûche -et déjoiier toute trahison. A la

(;i) Al-Ddlyi .-'guides. . I •

(a) PUtrloi, passages, oc Ipi’on' appelle colt diras les Alpes.

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tête de ces survcillans, se trouvait un vieux chevalier arabe auquel une intéressante aventure de sa jeunesse avait donné la connaissance appro- . fondie des pa ys où s’engageaient les troupes impériales. Quarante ans avant cette époque, le roi de Léon, Sancho-le-Gras ( 1 ), se trouvant atteint d’une lrydropisie, envoya demander au Khalyfe

Abdérame III 1$ permission de venir à Cordoue '

chercher sa guérison. Une escorte d’honneür alla

le prendre à la frontière , et c’est en roi que San 7 cho fut accueilli dans la capitale d’un empire dont le chef 1 exerce l’hospitalité en ouvrant aux étrangers, sur toutes les routes, des auberges

gratuites (a). Les médecins arabes guérirent le ' . ' prince chrétien; mais, pendant sa longue absence, lejmissant Hernan-Gonzalez, non content d’avoir soustrait son comté de Castille à l’hommage de vassalité , avait placé sur h» tête de son beau-frère Ordono-le-Méchant la couronne suzeraine de Léon. Abdérame, toujours digne du nom de magnanime que lui donnèrent lés cliré-

(i)‘ Saacho-éJ-Goixio. . I

(a) Çes auberges se noounaianl rnwiriV.

Llf COMBAT. . ’ toi

tiens, confia au prince dépossédé une année arabe qui le rétablit sur son trône. C’était dans ce corps auxiliaire que le chef des guides avait fait ses premières armes. Devenu l’epoux de la fille d’un baron chrétien, il s’était fixé long-temps à la cour de Léon , et consacrait maintenant au service de l’Islam les dernières années d’une vie passée

parmi les ennemis de sa foi.

Chaque nuit, l’armée campait , et pendant la • journée, sa marche était interrompue aux heures des repas et des prières. Par un privilège commun aux soldats en campagne ^jtaux voyageurs eu route, les cinq prières quotidiennes se réduisaient à deux, et les rikath(i') qui les composent, u la moitié de leur nombre ordinaire. Quand l’eau de purification manquait, une autre dispense autorisait à faire les ablutions avec le sablé, la

poussière ou la cendre.

Au bout de quelques jours de marche, l’armée atteignit la rivière de 'formés dont les eaux furent tant de fois rougies par Iç sang des guerriersdel’u.uè

(i) Oraisons.

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et de l’autre loi. Elle côtoyait la rive gauche pour trouver, en remontant le cours de l’eau, un endroit guéable qtie pussent Ira nchir les bagages et les machines. Tout-à-coup, Une espèce d’éclair, une petite flamme vive et brillante paraità l’extrémité

de l’horizon; puis d’autres flammes, allumées suc- • • •. % * .

cessivement et de plus en plus rapprochées, étendent jusqu’au général une ligne de feux instantar nés. On aurait dit que la première flamme, rapide comme la lumière , eût bondi en sauts gigantesques d’un point à l’autre de sa course. Aussitôt * l’ordre de haltéffekrx-ourt les rangs , et , du centre aux deux extrémités de la longue colonne mouvante, s’étend,- avec la voix des chefs, l’imino-

bilité commandée. Les Atalayas (i) avaient

annoncé l’approche ou la rencontre de quelque obstacle inattendu. Chargés d’éclairer la marche de l’armée, de signaler les mouvémens de l’en-/ nemi , de transmettre les ordres aux corps éloignés , les Atalayas se tiennent à d'égales distances , afin ' d'établir entre eux des ; ligne»

(i) Al- 'Çhalaya'h , éclaireurs.-

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