I.A AAR0NN
Nous verrons.
LE GÉNÉRA^.
Et, si cela ne réussit pas, vous pouvez bien être sûre que je ne vous pardonnerai de ma vie.
LA BARONNE
Ah I j'aime bien cela : comme si je pouvais vous répondre de rienl
Comment! vous ne me répondez de rien?... Vous .me
faites faire une démarche pareille, et vous ne me répondez de
rien?..^
I4A BARONNE
Qu'est-ce qui vous prend? Qu'estw^e que cela signifie? Ne faudrait^il pas vous signer un papier timbré comme quoi,** Ifois ça n'a pa» le sons commun! (EUe rit ««xéoivti;»)
LE GÉNÉRAL
C'est vrai, c'est absurde; mais je suis furieux. —Allons, venez-vous-en.
LA BARONNE , riant plus fort.
Non,... laissez-moi rire tout mon soûl... Aussi bien on n'a jamais vu de mine si plaisante que la vôtre au moment où vous faisiez... cette démarche, comme vous dites... Tai pensé involontairement au diable dans le bénitier... (sue rit.)
LE GÉNÉRAL
Faites-moi Tamitié de vous taire, ou je vous donne ma parole d'honneur que je rentre et que je retire mon cierge.
LA bARONNE, grare.
Moi vivante, vous n'en viendrez pas à cette extrémité. (EUe
remmène.)
L'intérieur d*ane forêt.
HELËNEf an petit albnm sous le bras : eUe marche rapidement
d*ttn air affairé et inquiet.
C'est exactement l'histoire du Petit-Poucet, — moins l'ogre... jusqu'à présent du moins. Voilà bien une espèce de Chemin, mais où mène-t-il? Uii chemin qui ne dit pas où il mène ne mène à rien... C'est mal organisé, cette forêt... (EUe s'arrête et «'appuie contre an arbre.) Ouf ! je suis briséc... J'ontcnds battre mon cœur comme un moulin... Je dois avoir fait cent lieues.
tant en long qu'en large... Voyons, tâchons de nous orienter. Premièrement, la forêt est à droite de la maison des bains; donc, j*ai d'abord pris à droite. Secondement, j'ai suivi un sentier sur ma gauche, le sentier oik j'ai rencontré la couleuvre;— après quoi, j'ai fait un crochet, à gauche encore, en traversant le taillis. Ensuite,... ensuite, j'ai tournoyé en rêvassant, c'est ce qui m'a perdue... Rêvasser ne vaut rien... Ça m'apprendra ! — Je ne sais plus du tout quelle heure il peut être... Si la nuit allait me surprendre ici... Allons, il ne s'agit pas de perdre la tête... Cette forêt, d'ailleurs, parait être assez bonne personne. Le pis qui puisse m'y arriver, c'est de retourner à l'état sauvage... N'importe, c'est triste, et, si je ne bavardais constamment comme une pie, il me semble que je me trouverais mal. (EUe 'tressaiue toat à coup.) Ah! mon Dieu 1 qu'est-ce que c'est que ça qui respire si forti (sue écarte a7«o
précaution les branches d*an boisson qui cache une clairière, puis recule rapidement en poussant un cri étouffé.) G'oSt Un hommo!... Scigneut
Dieu ! que j'ai eu peur I (sue rit.) Eh bien , c'est un homme, voilà tout! Est-ce que je croyais n'en plus revoir!.,. Il y a mieux, c'est que je vais Tuliliser, celui-là... (sue écarte de non- Teau les branches.) Il dort; c'est un chasscur, voilà son fusil près de luir.. Il dort en toute innocence... J'en suis assurément
bien fâchée, mais... (Slle entre résolument dans la clairière, puis s'arrête
avec hésitauon.) Le réveillerai-jo ? car ce jeune homme, est-ce que je sais, moi?... HonI il a le nez grec et les mains blanches... Bah! tant pis! je le réveille! (Eiie tousse.) Hem! hem!..» Rien. Est-ce qu'il est enchanté? Flattons-le. (EUe courbe une
Manche dont Textrémité Tient caresser le front du dormeur.)
U% SCÈNES BT COMÉDIES.