‹ Scénes et comédiesChapitre 25 sur 46 · LA MARQUISE, LISETTE · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LISETTE

LISETTE

Madame la marquise a été témoin des importunités de mon<» seigneur à mon égard?

LA MARQUISE

Gela vous regarde.

LISETTE

Ce sont de ces politesses dont une fille de bien se passerait fort, si elle était consultée.

LA MARQUISE

Que veux-tu que j'y fasse, Lisette? Voilà les hommes. Telle est leur grossièreté native. (EUe s'assied derant sa toilette.) Propose à leur admiration, Lisette, toutes les perfections morales; dé-

30e SCÈNES BT COMÉDIES.

couvre à leurs yeux tous les trésors» tous les raffinements d'ane ftme délicate, la constauoe la plus rare, la passion sunrÎTant k son objet par delà le tombeau^ tout ce qui semble le mieux fait, en un mot» pour séduire un honnête esprit, tu ne les verras pas s'émouvoir plus qu'un marbre; mais montre -leur un bout d'épaule à peu près blanc ou une main passable, — ebl mon Dieu, les voilà tout de flamme!. .Je sais tout cda mieux qu'une autre, ma flUe*.. Qui eafr-^e qui pari à cheval, là-bas, et qui va si grand traint

IiISRTTB.

Cest Lafleur, madame.

L4 MàaauiSB.

Lafleur? Il a quelque mine, ce garçon. Est>ce qu'il ne te fait pas la cour?

LISBTTB.

Non, madame; il la fait à monseigneur, — qui me la refait à moi.

LA MARQUISB.

Par ricochet. — Regarde donc un peu, Lisette, si tu n'aperçois pas le marquis quelque part.

LISETTE, à la fenêtre.

Non, madame... Ahl si fait, le voici. Dois-|Q l'aj^eleTt madame ?

LA MARQUISE

Garde-t'en bien, sur ta tétel ^ A quoi passe-t-il son temps?

L'URIfB. Wf

kliKTTB.

Madame, il est adoesé contre un marronnier; il a les brascroisés, et semble réflédiir,

LA MARQUISB.

L'homme singulier! l'inexplicable personnage I

LISBTTB.

Âhl il se met en marche, il prend l'allée de charmilles, et se dirige d'avenlure vers le petit travail que madame.^ U faut même qu'il l'ait aperçu, car il double le pas.

LA MARQUISE

Vraiment! Reste là, ma fille, et observe bien tous ses mou» vements.

LISETTB-

Madame, il y arrive, il y estl

LA MARQUISE

Et quelle est son attitude, Lisette?

LISETTE

Eh! elle n'est pas bonne, madame, pas bonne du tout. Il lève les bras au ciel; il frappe du pied; on dirait qu'il pérore»

(Criant toat à coup et se rejetant dans la chambre.) Oh! ciell

LA MARQUISE, seleraot.

Qu'y a-t-il? qu'y a-t-il donc?

LISETTE, àd«Bii-Toiz.

D revienl, madame, il revient à grandes enjambées et d'an air fiirieux, en portant quelque chose dans ses bras... Tenez! Tentendez-Yous monter?

LA MARQUISE, aree agitation.

Ah Dieul il va me tuer, Lisette!... Pose-moi cette mouche promptement, là, au coin du sourcil... et ne m'abandonne pas n^ pauvre Lisette, car ceci devient terrible, (on rirappe à la porte.) Entrez. (EUe se rassied.) Quo tous los augos nous protègent et

nous pardonnent nos péchés, Lisette! (Le marquis entre, portant orne taaénin, » Moment de sOenee. )

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