‹ Scénes et comédiesChapitre 36 sur 46 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les MiMEs FRANÇOIS.

FRANÇOIS

Qn vient en toute bâté chercher mademoiselle de la part d« pauvre Kado, ce vieux bûcheron que mademoiselle est allée visiter ce matin... Il est bien mal, mademoiselle!

MADBMOISBLLE DB KBRDIG.

GommeDt, bien mal ?

FRANÇOIS

Il est repris du tremblement, .et Ja tête n'y est plus, à ce que dit §a petite Marie.

MADEMOISELLE DE KERDIC

Oh ! c'est un accès que j'attendais : je vais couper cela.

Comment! vous êtes donc médecin, mademoiselle?

MADEMOISELLE DE KERDIC. ^

Est-ce que les fées n'ont pas été, de tout temps, versées dans la connaissance des simples? •— Écoute, François, je ta vais donner une potion, avec des instructions par écrit... Tu vas V aller.

FRANÇOIS

Eh Seigneur ! mademoiselle veut donc qu'on m'enterre

. demain? Je ne ferais pas quinze pas dehors sans être assommé

par la grêle ou emporté par l'ouragan... Écoutez donc le

vacarme!... de la neige, du vent et du tonnerre tout à la fois...

C'est comme qui dirait un bouleversement de la nature.

MADEMOISELLE DE KERDIC^ «ai egt ftUée h la teaétj;^,

Il est certain que le temps ne parait pas beau... Tu as raison, mon ami,... il ne faut pas que tu sortes... À ton âge, ce ne serait pas prudent... (Eiie réfléchit.) J'y enverrais bien la

vieille Marthe, mais elle est trop bête... Je vais y aller, moi, tout bonnement... Vous voudrez bien m'excuser, monsieur de

CommingeS, n'est-ce pas? (BUe prend, dans an tiroir de sa ehiffonniète, une flolé et ao papier.)

LB* COMTB.

Mais, mademoiselle, ne puis-jevous rendre ce petit service?

MADEMOISELLE DE KERDIC.

Vous? Oh I grand Dieu! (François sort.)

Je vous jure que vous m'en rendrez un véritable à moimême, en me fournissant une occasion de vous être agréable; car je succombe sous le poids de ma reconnaissance... Voyons, est-il donc si difficile d'administrer cette potion?

MADEMOISELLE.de KERDIC.

Vous y tenez? sérieusement?

LE COMTE

Je vous l'atteste.

mademoiselle de KERDIC, après an pea d*h«si(aUua.

Eh bien, soitl — Rien n'est plus facile. Voici la potion (sue loi donne la fiole et le papier.), et voici la manière de s'en servir. Malheureusement, aucun de ces pauvres gens ne sait lire. Vous leur expliquerez ce qu'il y a à faire. -^ François va vous conduire jusqu'à la petite porte de mon jardin; vous trouverez là un sentier qui vous mènera directement à la chaumièe dur

malade : c'est un bûcheron nommé Kado ; il n'y a pas de fée sans bûcheron, vous savez!... François)... Ëh bien, où, est-il?

FRANÇOIS, rentrant arec une lanterne allamée et an (rend manteau.

Tenez, monsieur,... prenez ça,—- ou jamais vous ne vous en tirerez vivant...

LE COMTE

Merci bien, mon bonhomme. (Il prend la lanteme et se coarre du grand manteau. ) ( A part , se TOf ant dans la glace. ) Me VOilà bien

équipé,... je ressemble à Diogène... Allons, partons I

XADEMOISELLB DE KERDIG.

Vous reviendrez ?

FRANÇOIS

Parbleu I ne faut-il pas qu'il rapporte notre manteau et noire lanterne?

LE COMTE

Oui, certainement,... je reviendrai vous faire mes adieux,

(U Mrt aree Flrançols par la peUte porte qui s*ouTre I gauche du bullét

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