BALLADE
D«ps la brome da 6oir, Qui dort sous ce yieux chêne?
C'est Roger Beaumanoir, Le jeune capitaine...
Pendant qu'au fond des bois Gourent ses chiens danois.
L*orthes1re reprend la ritoumelle de l'air.
LE COMTE, è deml-TOlx.
Encore, je voua eo prie, (n i*epdort peu i pea.)
MADEMOISELLE DE KERDIC.
Il effeuille, en rêvant.
Dans la verte fontaine.
Il effeuille, en rêvant.
Des fleurs de marjolaine...
Pendant qu'au fond des bois Gourent ses chiens danois.
Le comte eit endomi; mademolMUe de Kerdie se 1ère doaeeinent, et le regarde, penchée sur lai; pois elle reprend d'ane roix de plu en plus faibl0>
« mon jeund amoureux, Des fleurs que ta main sème.
Dit la fée aux yeux bleus
Je tresse un diadème...
Pendant qu*au fond des bois Gourent tes chiens danois. »
LE COMTE , s^éyeillaDt conuM «o sunaut.
Ah! où suis-je donc?... (n M.ièTt étonné.) J'ai rêvé... C'était
bien vous que je voyais cependant... (n U regarde ayeo tarprlae : mademoiseUe de Kerdio semble aroir rajeuni; tes rides s'effacent; ses cheyenr
■ont presque noirs.) G'est extraordinaire I
XADBXOISELLB DR KB ADIG , foorlant.
Qu'y a-t-il donc?
LB GOIITB.
Vous n'avez plus vos soixante ansi
MADEMOISELLE DE KEBDIG.
Bahl vous me voyez à travers les derniers rayons de votre rôve...
LB COMTE
Gela se peut,... cela doit être.... et cependant je jurerais que VOUS êtes plus jeune de vingt années...
MADEMOISELLE DE KERDIG.
Eh bien , qu'y aurait-il à cela de surprenant, monsieur de Gomminges? Les annales de la féerie ne sont-elles point remplies de pareilles aventures?... Je me flatte que vous avez conçu pour moi un peu d'affection... Vous savez qu'il a sufli en tout temps de l'amour intrépide d'un jeune chevalier pour rompra le charme qui voilait la beauté de la fée sous les rides
384 SCÈNES BT COMÉDIES.
de la vieille décrépite... Vous n*ea êtes encore malheureusement qu*à Taffection,... et c'est pourquoi je n'ai rajeuni qu'à moitié... Peut-être un sentiment plus vif amènerait une métamorphose plus com{^ète.
Qu'à cela ne tienne!... aussi bien cet étrange aveu brûle mes lèvres... Qui que vous soyez, mademoiselle, et il y a des instants où ma tète s'égare à sonder ce mystère!... qui que vous soyez, je n'ose dire que Je vous aime :... c'est un mot que j'ai trop profané I... mais jamais femme ne m'inspira rien qui approche du respect profond... et passionné dont votre présence, dont votre langage, dont votre regard me pénètrent I... Je ne vous aime pas,... Je suis près de vous adorer I... oui,... pour cette seule soirée de simplicité, de calage, de vérité que Je vous ai due,... pour ce doux attendrissement dont vous avez rafraîchi mes yeux,... je voudrais vous dévouer toute mon âme retrouvée!... je voudrais,... si ce n'était pas de l'égoïsme encore,.** enchaîner à jamais ma vie à vos côtés!... non,... à vos pieds !
MADEMOISELLE DE KEftDIG, âvee émoUoil et dlfnité,
le ref ardaat ea face.
Est-ce vrai, monsieur de Commingest
LE COMTE
Sur mon honneur, c'est la vérité.
MADEMOISELLE DE KERDIG»
Eh bien,,., (mie te reftrde ateo une aérénité souriante.) Eh bf6n.««
je 8eDS que le charme fatal est rompu au dedans de moi; mais j'ai oublié les paroles sacramentelles qui doivent rendre le miracle visible aux yeux de tous... Il faut que je consulte mon grimoire»., (sue loi sourit encore «t disparaît par la porte latérale.}