‹ Scènes et épisodes de l'histoire d'Allemagne [microform]Chapitre 10 sur 56 · ARNULF AU SYNODE DE ÏRIBUR · texte numérisé non relu

ARNULF AU SYNODE DE ÏRIBUR

Charles le Gros éraù devenu, par la n,o.t de ses f.ères et ,Ie ses eousins .o. de Ger™an.e de France et d'Italie, et le pape lui avait donné la couroZ; .mper.ale. Ma.s d avait l'esprit et le corps malades; il était làol.e et ne tr" va.t pla,s.r a r.en s, ce n'est à manger. Pour l'intéresser à la guerre et ran mer son courage, un moine lui racontait les prouesses de ses a^eux; il lu la ,ue Pepn. coupa la tête à un lion d'un seul coup, ,ue Charlen agne tua Saxe ton ce qu, était plus haut ,ue son épée, .,ue Louis le Dél.onli etonna.t les Nor.nands par sa force et s'amusait à tordre leurs épées da ses man.s. Il lui répétait l'histoire de ce sold., A.r\ i .

' *'°"''"'''^«">"'dat de Charlemagne, appelé Cishcl,

qn, valait a lu, seul une armée et portait neuf Bohémiens embrochés à sa lance comme des oiseaux. Uien n'y faisait; l'empereur n'aimait pas la guerredeux fo,s ,1 donna de l'argent aux Normands qui ravageaient son ro . me' pour acheter leur retraite. 'ojaumc,

Son ineptie et sa lâcheté révoltèrent les seigneurs allemands; il crut es apaiser en leur sacrifiant son premier ministre, l'évêque L^itwar.l Lu.tvvard se réfugia auprès d'Arnulf, duc de Carinthie, neveu de 'em": reur, et l'excita à se révolter. ^

A la diète de Tribur, en 88;, Arnuif arriva avec une armée; presque tous les grands se joignirent à lui. L'empereur fut abandonné même deTe domest,ques et se trouva sans ressources; l'évèque Luitpert, par charité, lui donna a bone et a manger. Charles n'essaya pas de résister, il aceept sa depos,t.on et envoya i Arnuif les reliques et la croix qn',1 possédait en quahte d empereur, en le suppliant de lui laisser de quo. v.vre. On lu. donna un peft domaine en Souabe, il y vécut quelques mois dans l'indigence

et mourut en 888 à l'abbaye de Reichenau, dans une île du lac de Constance,

étranglé peut-être par ses domestiques.

Après la mort de Charles le (iros, Arnulf fut couronné roi à trancfort-

sur-le-Mein.

Quelques années après, le pape Fonnose lui omit la couronne impériale, usurpée, disait-il, par un Italien .le Spolète et qui ne oonvena.t qua

un Franc.

11 y avait alors deux rois en Italie : C.uido, duc de Spolete, et Berenger, duc de Frioul, tous deux de la famille de Cl.arlemagne. Berenger était I all.e d'Arnulf; les Italiens regar.laient Guido comme leur roi national.

Dans Rome, il y avait deux partis; le pape et ses amis étaient favorables à Bérense, ■; le .liacrc Sergius, ancien concurrent de Formose à la papauté et son ennemi déclare, était le cl.ef «les partisans <le Gui.lo. Berenger fut van.cu et le pape .lut .lonner à Guido la couronne impériale; mais en même temps il supplia Arnulf de venir à Rome.

Arnulf, à la tète .lune arn.éc ,1c Soual.es, traversa le col ,lu Brenner en mars 8.,',, fut reçu h Vérone par Berenger et vint assiéger Bergame, .(ue .léfendaient le con,te Ambrosius et l'évè-juc Adall.ert. La ville, pnse d assaut, fut saccagée, les hommes massacrés et les prêtres emmenés a la chaîne. Aml.rosius fut pemlu et lévè.iue emmené prisonnier en Allemagne.

Les habitants de l'avie, clfrayés, ouvrirent leurs portes, sans résistance; les -n-ands prêtèrent serment de li.lélité à Arnulf. Mais ;. Plaisance, une ...aUdie se répandit dans l'armée; Arnulf dut rebrousser cl.emm et rentrer en Allemagne par le val d' V.,s,e. Auprès .rhiéc, un comte italien ui barra le passage; les Allcman.ls durent s'engager .lans .les chemins .lillicilos ou ils perdirent beaucoup dhommes et tous leurs .•lievaux.

OucUîues années auparavant, Arnulf avait .leman.lé aux grands de Loiraine\le reconnaître comme roi son fils naturel Svventibold. Les gran. s avaient refusé. Arnulf navait pas, après son élection, rc,;u la consécration .le l'Église. Il résolut de gagner les évèques pour utiliser, en (aveur de son l.ls, leur intluence sur les seigneurs lorrains.

Au mois .le mai 8.j5, il lit tenir, .lans son palais de Tribur, prcs .le Mayence, un concile général .les pays .pii lui étaient soumis. \ ingt-deux évèques et un gran.l nombre d'abbés y assistèrent. Le concile ut prcsi.le par Hatton, archexè.p.e .le Mayence. Le roi et tous les grands du royaume étaient venus à Tribur.

ARNULF AU SYNODE DE TRIBUR. ^x

Après un jeûne de trois Jours, pen.lant lesquels on (it des prières et des processions, Arnulf rentra ,Ians son palais, puis, assis sur un trône et revêtu des ornements royaux, tint conseil avec les seigneurs.

I-es évèques, assemblés ,lans l'église ,1e Tribur, envoyèrent au roi ,les .leputcs pour lui .leman.ler s'il voulait employer sa puissance à protéger I Eglise et a augmenter son autorité. Arnulf répon.lit que les évèques le trouveraient toujours prêt à combattre ceux qui leur résisteraient, et qu'ils pouvaient, en toute confiance, s'acquitter ,1e leur ministère

En recevant cette réponse, les évèques se levèrent ,1e leur siè^e et crièrent : « Longue vie au roi Arnulf! Seigneur, exaucez-nous! » Puis ils saluèrent les envoyés ,lu roi et les chargèrent ,1e lui témoigner leur reconnaissance et leur dévouement.

On .sonna les cloches, et le roi fut a.lmis ,lans le concile. Quan.I il entra les évèques chantèrent le Te Dciim. '

Le concile fit un règlement en oinquante-huit articles qu'ArnuIf approuva Ce règlement augmentait considérablement l'autorité ,lu cler-é

Il fut intmlit de tenir « ni plai,ls, ni assemblées civiles,"les .limanclie, « les jours de fête ou ,1e jeûne, et pen,lant le carême.

. Si un évêque et un comte se trouvent avoir convoqué leur assemblée « pom- le même jour, le peuple et le comte même .levront se rendre à celle ,1e « 1 eveque. Cepemlant, ,la„s l'intérêt ,1e la paix, celui ,les deux qui aura le « l>''«n.ier, fixé lejour de son a.ssemblée, la tiendra.

« Les comtes devront saisir ceux qui seront excommuniés par les évêaues . et qui ne voudront pas faire la pénitence ,,ue l'Église leur aura imposée « Les comtes ,lcv,.ont les présenter au roi, et, s'ils résistent pour ne point « venir en la cour ,lu r,>i, ceux qui les tueront ne seront con.lam„és à aucune « amen.le, n, à aucune pénitence. I,cs parents ,1e ceux qu'on aura tués ,1e h « soi^e seront même contraints de jurer qu'ils ne vengeront pas leur mort 1 Dans le proees-verbal ,lu concile, les évèques déclarèrent qu'ArnuIf avait ete élu roi, no.i par les hommes, mais par Dieu même. L'année suivante

les seigneurs de Lorraine reconnurent sans difficulté son fils Swentibol.î comme roi. ^««^i^tu

Quelque temps après, le pape Formose l'appela de nouveau en Italie Ouido était mort : son fils Lambert lui avait succédé et avait recommencé la guerre contre Berenger.

Arnulf franchit de nouveau les Alpes; quand il eut passé le Pô, il,livisa

son armée en deux corps qui marchèrent sur- Rome, l'un par la Toscane, l'autre par la Sabine. Lambert n'essaya pas de résister et s'enferma dans un château des Apennins. En route, les Allemands perdirent tous leurs chevaux par une épidémie; ils mirent leurs provisions sur des bœufs et arrivèrent ainsi devant Rome. Ils croyaient pouvoir y entrer sans lutte, car le pape avait promis à Arnulf de lui ouvrir les portes.

Mais à l'approche des Allemands, les Romains s'étaient soulevés contre Formose. Ageltrude, veuve de Guido et mère de Lambert, avait pris le commandement de la ville; deux barons, Constantin et Etienne, la secondaient. Le pape avait été jeté en prison; les portes étaient fermées, la cité Léonine était barricadée et pleine de soldats.

Les Allemands arrivèrent par la rive droite du Tibre et campèrent devant la porte Saint-Pancrace. Arnulf somma les Romains de se rendre; les Romains lui firent une réponse méprisante. Les Allemands alors se préparèrent pour l'assaut, qui, suivant une légende, fut provoqué par une circonstance accidentelle : en poursuivant un lièvre, les assiégeants arrivèrent auprès de la porte Saint-Pancrace et l'attaquèrent immédiatement à coups de hache et de bélier. D'autres en même temps entassaient les selles de leurs chevaux et s'en faisaient des échelles pour escalader les murailles.

La ville fut prise; les Allemands vinrent camper dans la cité Léonine. Ageltrude s'enfuit à Spolète. Arnulf fit sortir le pape Formose du château Saint- Ange où Ageltrude l'avait fait enfermer; quelques barons romains

furent décapités.

Le lendemain Arnulf fit son entrée solennelle dans Rome. Suivant la coutume des empereurs, il partit avec son armée, de la Prairie de Néron. Une partie des nobles, les prêtres et les corporations vinrent au-devant de lui jusqu'au Tibre et se mirent à sa suite.

Le pape Formose l'attendait sur les degrés de l'église Saint-Pierre; il l'embrassa, le prit par la main et le fit entrer dans la basilique.

Après la messe, Arnulf s'approcha de l'autel, entouré de son archichancelier Wicliing, de l'archevèciue de Cologne Hermann, et de Hatto, archevêque de Mayence. Le pape le sacra empereur et lui mit sur la tète

une couronne d'or.

Puis, Arnulf se rendit à l'église Saint-Paul, où il reçut le serment des

Romains ainsi conçu ;

« Je jure par tous les mystères de Dieu que, sauf mon honneur et ma

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