DANS L'ÉGLISE DE SAINT-PIERRE
En II 09, le roi Henri V prévint le pape Pascal II qu'il irait h Rome pour se faire couronner empereur. Le pape répondit qu'il serait bien reçu s'il se conduisait en bon fds de l'Église et se soumettait à toutes ses lois.
Or, il y avait des lois de l'Église auxquelles Henri n'entendait pas se soumettre; c'étaient les décrets interdisant aux laïques de donner l'investiture des dignités ecclésiastiques. Pascal II avait renouvelé plusieurs fois ces décrets, et Henri V n'avait pas cessé de les enfreindre; il venait encore de nommer plusieurs évêques sans même prendre l'avis de l'assemblée ecclésiastique.
Après avoir parcouru l'Allemagne pour voir s'il pouvait compter sur le concours de ses vassaux, il tint à Ratisbonne une assemblée des princes où il annonça son intention d'aller « recueillir dans la ville de Rome la bénédiction de l'empire des mains du pontife et assurer aux joyeuses provinces de l'Italie le bénéfice des anciennes lois et de l'antique justice sous la fraternelle paix et dans l'heureuse société de l'empire germanique ».
Le roi fit partir en avant des députés chargés de se mettre d'accord avec le pape sur la question des investitures et de régler les conditions de son couronnement. Puis il traversa le Saint-Gothard avec une armée de chevaliers; presque tous les princes et les évéques de l'empire l'accompagnaient et avec eux, des hommes de loi pour expliquer et soutenir ses droits.
Cette puissante armée inspira le respect aux Italiens du Nord; toutes les villes Lombardes, sauf Milan, envoyèrent au roi des ambassades et des présents; tous les vassaux de l'empire vinrent se joindre à son armée. La foule était si grande que la nuit le camp éclairé par des torches ressemblait
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