‹ Scènes et épisodes de l'histoire d'Allemagne [microform]Chapitre 16 sur 56 · BATAILLE DANS L'ÉGLISE DE SAINT-PIERRF · texte numérisé non relu

BATAILLE DANS L'ÉGLISE DE SAINT-PIERRF

ne fut pas une fête; les Romains n'y prirent point de pnrt, le» porlonde la ville demeurèrent fermées. Derrière les murs, les Allemand* entendaient de»

cris de haine.

Pour la première fois un empereur fut sacré sans entrer dans Rome. De» envoyés de la noblesse apportèrent à Henri une couronne d*or, la lui mirent sur la tête et lui donnèrent les insignes du Patriciat. Puis le pape le conduisit

dans la Basilique.

En chemin, l'empereur rendit au Pape la Charte qu'il avait reçue; il voulait qu'elle lui fût remise en public, solennellement, pour (pu- pci sonne no pût dire qu'elle avait été extorquée par fraude ou par violence.

Dans l'éplise le Pape le sacra empereur et lui rendit In Charte. Puis il nnnpil l'boNlie en di'coit : « .\insi Noit rc«rancli<< du royaume de Dieu cpiieonque tentera d «utn mdrc ce traité ■• Il donna à Heciri une moitié de riiOfrtif et tous deux ociuiiiiu nièrent.

AMwitôt après, Hc«nri rentra dans son camp, plîi s» tente*, cl partit pour VAlIcniagne. Au moi^ d'toût de la métM année il «sa de taon pri\il2^ : il tMinkma son chancelier Adallxrt arche^iêque de Mayence, hii lionna l'invrslilnre par la crosse et l'annctiu et le fit consacrer dans son siî^.

Le <"rirps d'Henri IV, UKirt exivinkmunié cinq ann atqMravant élait enci>r« anssépuitvre. I^ p»pc Pascal U a>Anl enfin Icté Tanalhènic, Henri lit ensevelir son père dans un tAvtnu, du dôme de Spire, •^•ce lo«s W* honneurs de

i'É^li«e.

Apf^* le départ des Allemands, il y eut dan^ le eifrgé rouKiin un mo«vMnenl violent contre Pascal. On le montrait au doigt en l'appelant IraJlree* hérétiquie; on lui reprochait d'avoir mieux aimé a\ilir l Église de I)»e« qwe d'affronter le mart\re. 1^» cardinaux qui n'a^uient pa» Hé emprisonnés «t na^aicnt pas juré de r**pOrter le Privilège, Jean de Tusculuni et I^n d'0««ie, r*%sendilèrcnt un 5yn<»de qui renouvela les d^icretsdc Grégoire \l[ et déclara nulle la Cluirte concédée ii Henn. Ilrtino. étéquv de Se^ni et abl»é du Mont- Cassin» dont l'autorité était très gr«n«le, entraînait le* évèqucs à demander l'excoainMinf cation de l'empereur. On parlait de dépooer le pape; on recula pourtant devant un uhiime, rar l*a5C«l avait po<urbii, no« $«alcmeot les car^ dinaux qui l'ai aient pooMé à se souflMdre, mais encore l« partisans de Tempre ci les préUts modérés qui se refusaient k tonte mesure violente.

Pa*wl apaisa ses ad%«na«r6» en leur promettant do faire tout ce qu'il pourrait pour rendre nub lee erfcts du IVitiM^ce. U 18 mars 1 1 11, il r^ait

un concile au palais de Latran, raconta comment il avait ëté contraint et violenté et déclara que le Privilège était le fruit d'une félonie; quant aux moyens d'y remédier, il se récusa comme ayant juré de ne jamais excommunier Henri et de ne plus soulever contre lui la question des investitures. Dans la dernière séance, il se purgea du soupçon d'hérésie par une profession de foi solennelle et une énergique adhésion aux décrets de Grégoire VII. A l'unanimité, le concile annula le Privilège comme contraire aux canons. Le pape ne se prononça pas.

Bientôt, Henri V eut, comme autrefois son père, à combattre les Saxons révoltés. Excommunié par le légat Kuno, trahi par les princes et par les évoques qui l'avaient soutenu jusqu'alors, il demanda à négocier avec le Saint-Siège. Le pape était toujours disposé à la modération, mais il était entouré de prêtres violents qui l'obligèrent à déclarer devant un synode au mois de mars 1 1 16 « qu'il avait péché parce qu'il était poussière et cendre » et à condamner le Privilège. « Dieu soit loué! s'écria l'abbé du Mont-Cassin, le pape rejette de sa propre bouche l'hérésie. » « Si le Privilège est hérésie, dit un autre prélat, c'est le pape lui-même qui est l'hérétique. » Le pape cependant, fidèle à son serment, n'excommunia pas l'empereur mais il lança l'anathème contre tous les laïques qui pratiqueraient l'investiture.

Quelques jours après, il y eut des troubles dans Rome. Le préfet de la ville étant mort, les factions se disputaient le choix de son successeur. Le candidat du pape était Pierre de Léon, le fils d'un Juif converti, très riche et très zélé pour les intérêts de l'Église, mais odieux à une partie de la noblesse et du peuple. Le lundi de Pâques, la procession qui allait de Latran à Saint-Pierre fut attaquée par la foule; les deux partis se barricadèrent dans leurs quartiers; le Pape s'enfuit à Albano et les partisans de l'empire appelèrent Henri V.

L'empereur arriva au commencement de l'année suivante; ses ennemis étant maîtres du pont Saint-Ange, il dut traverser le Tibre en bateau et se rendit à Saint-Pierre en grande pompe. H y trouva quelques cardinaux à qui il promit que la bonne entente de l'Église et de l'Empire ramènerait à l'obéissance « les Goths, les Gaulois, les Africains, les Grecs, les Latins, les Parthes, les Indiens et les Arabes ». Puis un archevêque le sacra empereur une deuxième fois.

Quelques mois après Pascal II mourut. La question des investitures n'était pas encore réglée.

Bataille ijaxs l'église de Saist-Pierre. - Composition et dessin de Muein

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