‹ Scènes et épisodes de l'histoire d'Allemagne [microform]Chapitre 21 sur 56 · SAINT BERNARD ET CONRAD III · texte numérisé non relu

SAINT BERNARD ET CONRAD III

« Puisque votre terre est féconde en hommes courageux et qu'il y nait une jeunesse robuste, puisque le l)ruit de votre valeur a rempli l'univers, hâtez-vous de prendre ces armes que la fortune accompagna toujours. Mais abjurez cette malice qui trop souvent vous excite les uns contre les autres. Quelle fureur vous porte à percer de votre épée le corps de votre prochain dont l'âme périt peut-être en même temps? Celui même qui triomphe n'a pas de quoi se glorifier. Lorsqu'il abat son ennemi, son âme est traversée par le glaive qui l'a fait triompher. C'est folie, et non courage, de s'abandonner à de pareils combats.

« Braves guerriers! il se présente aujourd'hui une guerre où vous aurez font à gagner 01 rien ii craindre; en tnompl^nl, vo.w gagnerez une ijloire tM\e; en swrco^nhint, vo«» fH^ercz lo* biens o I. .t«. Vous qiii vous Oienprx U amasser les riciicwes de ce monde, preno* (;arde de b.**er échapper Ir* trésor» cpii vous sont .>frerts: pren«t b croix et vous ohtiendnr* le pardon de hnite* vos fautes. Cette emix es* |)eu i\e clH.se i»ar ellcinkne, maie ^ vous la porter avee «l^votion. elle vous fera obtenir le ro>*ume de Difii. Cf«x qui ont déjà \wW « signe célwlc ont \m^ fait ; ce«x qui le pren-

dn>nt fenvnt l»en.

, Mais i;ar«le7.-vo«4 d'npimrter trop de pr^vipltalion dan^ eetle enlropriNf ; clioi»ixw* paniii vous d« cMi^ Uaves et h:d.ilcs. Kailf^ en sorte qu*. tO«t<)* Tannée du SeigiKtir parte en mime tem|)^, alln qviVll.. ait partout toute sa forée et puisa* r^tt^ à toute attaque. lUns la prviu.^ expé^lin tion» un nonut>é Pierre, dont vxius ave* sàrcmeal wiendu parler, condu»U seul ceux qui s'étaient allarbé.* k lui et le* dirigea av>€C tant d'imp«tnleoce que prr^iu* tou» |»^rtrent, h^ m« de faim» 1«* autres sA«* les coup de leun. ennemis Si vxms ftite* de nW»ne, il es« bien îi craindre que le même i.wUicur ne vous arriva. Vous w pt^rve \< Dieu qui eu Uni dans tous les ,iÎH.l«! a

U lettre de saint IWmanI à rareiievé(iue .le >Uyeiice navait p« eu .reiret; on cmtinunit à m*x.acf*r les Jnife. Saint Henaard résolut de visiter |<s xillcs du IU.ir» pour r.dn.er l« fureurs du fanatisme. .\u moi* de novembre, il arn%* à Mayenne. Q«and ou sut qu'il prenait h. Mmsc <les Juifs, la ïH>pu. laoe ^'iffita contre lui; main bientôt l'auloritê de « parv>k. upaisa tout le mowle. Il 5><lorva alors de «Uriger c<mtre k* Mu^ttlmons le làU ehnftien qu^

Hodolplke avait exeité. , ^^ - m -

. Marcliex sur J^u«lem, disait-îl. défcndct la i^pultnre du Oinst. M*ti ne tombe/, pas aux \\U dUr^^ et ne leur parle/, qu'avec l»envcilliiice; lU

sont la chair et les os .lu Messie; si vous les molestez, vous risque, de blesser

le Seicneur à la prunelle de l'œil. »

Ro,lolpl.e conti..uait i prêcher; saint Bernar.l n'entra pas en lutte ouverte avec lui; il le prit à part, lui montra les graves conséquences de son erreur et le détermina à rentrer <lans son cloitre.

De Mavence, saint Bernard se ren.lit à Francfort, où Conra.l 111 présidait une assemblée des princes. Deux moines ,1e Clairvaux et son secrétaire <;o.lefrov raccompagnaient. Oo<lefroy affirme que partout ou le samt passa, il lit ,le"s n,iracles. ., Il a plus de facilité à faire <les miracles, ajoute-t-il,

nue je n'en ai à les écrire. » . . , i ■

A Francfort, saint Bernard alla voir Conrad et lu. parla de la croisa.le. Conra.l répondit sèchement qu'il était résolu à n'y pas prendre part; labl.é n'insista pas et répondit doucement qu'il se gar.lerait b.en d ,mportuner désormais la majesté royale.

Croyant sa mission terminée, saint Bernard voulait retourner en Franee; Conrad le pria de rester un jour. Do plus, dans cette journée, San.t liernard .mérit un vieillard paralytique et le peuple enthousiasmé se pressa en s. r.-and nombre autour de lui qu'il fut sur le point d'être étouffé. Conrad Lisit de respect ota sa tunique, prit dans ses bras l'orateur et l'emporta aux pieds d'une statue de la Vier-^e. Une lé^^ende rapporte <iue la statue fit au saint un sij^ne d'amitié et lui dit : .. Bonjour, frère Bernard ».

L'évêque de Constance était alors à Francfort; il pria sa.nt Bernard d'aller prêcher la croisade dans son diocèse. Saint Bernard y consentit et partit avec l'évêque et plusieurs relij^ieux. Ses compaj^nions de voyance ont raconté les miracles dont ils furent témoins. A Frihourj? en Br.sjçau, saint Bernard guérit deux aveu^des, un sourd-nmet et une fille qui avait la main desséchée. Dans un viUaj^^e, près de Rheinfeld, en un seul jour, il miérit neuf aveuj^les, dix sourds-muets, dix-huit paraUtupies.

A Constance, le peuple se porta en foule au-devant de lui; quand il prêcha, on lui arracha ses vêtements pour en faire des croix.

Le jour de son départ il convertit un riche chevalier « riche en biens de la terre, mais pauvre de ceux du ciel, et rempli de vices et d'inupiités «. 11 s'appelait Henri; comme il parlait la langue romane et l'allemand, .1 devint l'interprète de saint Bernard. Sa conversion produisit un autre miracle. Un de ses anciens écuyers, le voyant à coté de ral)bé, se mit à l'insulter. « Va, va, suis le diable! et le diable t'emportera. « C'était un homme de Belial, am.

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