‹ Scènes et épisodes de l'histoire d'Allemagne [microform]Chapitre 37 sur 56 · DE CHASSE DE MAXIMILIEN · texte numérisé non relu

DE CHASSE DE MAXIMILIEN

La vie de l'empereur Maximilien fut aventureuse au point de ressembler à celle des héros de roman que, comme Charles VIII, roi de France, il se proposait pour modèles; au milieu même des combinaisons diplomatiques de l'époque de Machiavel, il a gardé des allures de paladin; il est resté dans la vie factice des cours et malgré sa ferme croyance au pouvoir absolu des rois un homme bon, simple et de mœurs presque bourgeoises. Si les Italiens ont souvent raillé son esprit brouillon et sa pauvreté, le peuple d'Allemagne a aimé la personne de son empereur comme plus tard le peuple de France a aimé le « bon roi » Henri IV.

Maximilien, fils de Frédéric III de Habsbourg, empereur d'Allemagne, naquit àNeustadt, près Vienne, le 22 mars i459-

Il grandit un peu à l'aventure, en sauvageon vigoureux. Sa mère mourut trop tôt pour diriger son enfance; son père était un prince pédant, de caractère faible, engagé sans cesse dans de nombreuses entreprises pour défendre la puissance chancelante de sa maison; son précepteur, Pierre Engelbert, s'occupa peu et mal de son éducation première. A dix ans, Maximilien parlait si mal qu'on l'appelait le Bègue. Tout enfant, il était le plus souvent abandonné à lui-même et à ses domestiques. Aussi se laissait-il aller à ses goûts de vagabondage et d'action : de très bonne heure il s'amusait à courir les bois, à pied ou à cheval et à chasser. Les pays d'Autriche et du Tyrol, où il passa la plus grande partie de sa jeunesse, facilitaient d'ailleurs ses plaisirs: ce sont des régions de montagnes, en général boisées, souvent fort escarpées et

presque toujours pittoresques, sillonnées de belles vallées fraîches où coulent tantôt clans des gorges étroites, tantôt au milieu de champs, de prés ou de jardins, des rivières claires, rapides et fraîches, coupées de petits lacs ou de cascades.

Le jeune prince vécut ainsi à peu près librement; mais il reçut une très forte éducation militaire et acquit une vigueur, une hardiesse et une indépendance d'esprit rares chez un adolescent. Il reçut aussi, par la lecture des romans de chevalerie et par la pratique des exercices chevaleresques, des leçons de courtoisie et de loyauté qui laissèrent des traces même dans ses tentatives politiques les plus tortueuses.

Cette enfance eut une influence décisive sur le caractère de Maximilien ; aussi les plus petites aventures de son jeune âge tinrent-elles toujours une place notable, presque excessive dans ses souvenirs ; il nous en a laissé, dans le roman du Roi Blanc, dans celui du chevalier Theuerdank, un récit détaillé. Ces deux livres furent composés sous son inspiration quand il fut devenu empereur et il les fit illustrer par les artistes les plus célèbres de son temps. JI est probable aussi que sa gaîté, sa bonté même envers les humbles, sa faculté de s'intéresser vivement à toutes les choses de la vie réelle, la mobilité de son humeur et de ses desseins proviennent de cette adolescence sans contrainte et en plein air.

C'est aux environs de sa quatorzième année qu'il entra dans la vie politique. Ennovembre i^J^, son père l'amena sur le Rhin pour le fiancer àMarie la fille et l'héritière du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, qui devait, à cette condition, obtenir le titre de roi et cesser d'être vassal de l'Empire. Les négociations n'aboutirent pas; mais quatre ans plus tard Charles le Téméraire fut tué devant Nancy, et sa fille Marie fut menacée de perdre sa succession, que revendiquait le roi de France Louis XI. Maximilien accourut en Flandre, poussé à la fois par le désir d'acquérir un vaste domaine et de défendre a sa dame », comme c'est le devoir de tout bon chevalier. Le 21 avril i477i 1© mariage eut lieu à Louvain. Maximilien devenu par ce mariage souverain des Pays-Bas eut beaucoup de peine à défendre les provinces de sa femme contre le roi de France et contre ses propres sujets révoltés. Ici commencent les aventures du futur empereur, alors défenseur besoigneux et infatigal)le d'une principauté à moitié perdue, et qui finit par fonder la plus grande maison royale de l'Europe.

Maximilien avait alors dix-huit ans, sa personne mérite une longue description. C'était un homme de taille moyenne, bien proportionné, un peu gros.

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