‹ Scènes et épisodes de l'histoire d'Allemagne [microform]Chapitre 38 sur 56 · AVENTURE DE CHASSE DE MAXIMILIEN · texte numérisé non relu

AVENTURE DE CHASSE DE MAXIMILIEN

Sa figure était mâle et vive, son teint clair, il avait des yeux brillants et perçants. Ses mouvements, quoique rapides, ne manquaient pas de dignité. Ses manières séduisaient par leur grâce naturelle et fière en même temps. Sa voix chaude et agréable, parfois rauque, sa parole devenue facile et servie par une imagination prompte jusqu'à l'instabilité, le rendaient séduisant et persuasif. Cependant sa personne physique frappe au premier abord plus vivement que sa personne morale, car l'activité physique semblait tenir la plus grande place dans sa vie.

Il est certain que l'empereur Maximilien eut un esprit très ouvert, surtout quand on le compare à d'autres princes de son temps. Il parlait quatre langues, l'allemand, le français, l'italien et le latin. Il paraît s'être vivement intéressé à tout. Il a laissé des traités sur la religion, sur la morale, sur des inventions diverses, sur la culture des jardins, même sur la cuisine; il a montré une sympathie visible pour Luther dans ses premières attaques contre la vente des indulgences. Il a eu le goût des arts et de la musique : le peintre Diirer, l'érudit Peutinger ont joui non seulement de sa protection mais encore de son amicale bienveillance; il s'est plu dans la société des lettrés et des artistes, quel que fût leur rang social. Cet empereur a même fait œuvre littéraire notable, sinon brillante : les derniers romans de chevalerie du moyen âge allemand, l'histoire du héros Theuerdank, la rivalité du roi Blanc et du roi Bleu, sont le récit, dicté par lui à ses secrétaires, de ses aventures de jeunesse et de ses luttes contre le roi de France. Enfin le soin même qu'il prenait de faire célébrer sa gloire par des savants et des artistes n'est pas d'un homme vulgaire.

Il est certain aussi que Maximilien n'eut jamais les allures de dignité hautaine qu'on trouvait d'ordinaire chez les rois au temps des monarchies absolues. Il fut avec ses serviteurs bon et presque familier; il ne dédaignait pas de parler aux bourgeois ni aux paysans. Il se montra même prodigue jusqu'à sembler insouciant de ses intérêts les plus réels. Il rechercha les héritières féodales, Marie de Bourgogne, qu'il épousa. Anne de Bretagne, qu'il demanda en mariage et qui parut disposée à l'accepter et il finit par épouser en secondes noces la fille d'un très riche parvenu italien, Blanche Sforza. H eut même, en i488, le ridicule d'être fait prisonnier par ses sujets de Flandre révoltés, et il fut obligé, après trois mois de captivité étroite, de déclarer solennellement devant eux, la tête découverte, qu'il consentait à renoncer à la tutelle de son fils. Enfin son imagination exubérante lui suggéra

iGo SCÈNES ET ÉPISODES DE L'HISTOIRE D'ALLEMAGNE.

mainte idée étrange, suivant les hasards des occasions. C'est ainsi qu'il consigna tous ses griefs contre la France sur un livre rouge qu'il brûla, iorsqu'en 1 5o8, Louis XII lui rendit loyalement Vérone, Vicence et Padoue. En 1 5 1 1 il pensa sérieusement à profiter de son veuvage pour devenir prêtre et pape. Enfin dans les dernières années de sa vie, il voyagea en traînant avec lui un grand coffre qui contenait, croyait-on, son trésor, et où ne se trouvait que son cercueil. Il eut donc toujours l'air un peu bohème.

Cependant il est également certain que, sous toutes ces bizarreries, persiste un même effort continu — et qui fut un effort heureux — pour assurer l'avenir de sa famille en Allemagne et en Europe. L'œuvre de Maximilien est mal appréciée et trop peu connue : la réforme protestante et les gucrrc;( de religion ont fait oubl>^ pendant tongiltaftpé f^^ A^icin» M on caractère.

On \c% A trop Aouvcnt /og^ d'âpre les quolttieu tie» ItftlitM» Im di>léanco]t do.% riamand.<( ou \m «vcntarcs rom^Desqucs do b ftuntUit de ce prince.

Deux mot» sufYi^ent pour rappeler celte «eu^TC : ce b^rouîllon de ççénic a, par lu création de la divinion en cercle^ ti de Iftohambr^ imp^ialc, donné à Tcmpire «iAliemagne une organiMtian politM|ieKi qtti â duré jusqu'à la Révolulion. Il a fondé la plu» grande puiMaïKe politii|ue du xvi* siiclc, li Huàtoo d'Autriche.

Maximilien riait pAA^ionué pour loiu^ 1^ çxç.tc\c*ik du <>orps. où il excellait gnur .i ^ (ottit^ « :!ioii adre^M) H k Mm «ttdartBoe. Il àin^t surtout la chaîne, Ica tourtuiis et U i^icrrr .

Sa passion po<ur Ws fiâtes cèievaleresifue» l'enlrainA p«r(oii»M île WriulilM imprudence» politiques. En pleiiMi guerre contre Louii XI» il mi^ontcniaii les Flamand» par ses l»«nqtK45, ses cortèges triompliaux, aee pa^^e^ «Pannef, aon luxueux conseil de l'ordre de U Toison d'or, «ffi i47^» ^ il ae oAOntrait le dÊgmt héritier de^ riches ducs de Bourgogne. Et pourtant â ce imuiKnt-lii il était obligé, pour subvenir aux besoins de sa cour» d'engager lea joyaux do sa fcmn>e tant ses ressources étaient faibles.

n Iiti arrÎTa méoie, dans ses compagnes, d*eoga|;er dM oottibau singu« Kcfs comme les chevaliers. Il tui, après une lutte lo)ale« un Fran<»i» et un (aucldrois qu'il avftit pro^XMpaés. Unan après sa nomination à Icnipire^en ii<)0« il tenait à Worms sa première diète et célébrait cet événement par des fêtes. Un cbevalier français, Claude de la Barre, s'avança dans la lice et dé6a toute la

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