A LA COUR DU GRAND ÉLECTEUR
Le Graïul Électeur Frédéric-Guillaume avait de tout temps attiré des émi^rants dans ses États. Lorsqu'il arriva au pouvoir, en i64o, ses provinces étaient ravagées par les bandes et les armées de la guerre de Trente Ans; il dut songer à les repeupler, à faire revivre l'agriculture, à ranimer l'industrie, et pour cela il fit du Brandebourg la région d'Europe la plus hospitalière aux
étrangers.
Alors que Frédéric-Guillaume adoptait cette politique habile, Louis XIV restreignait de jour en jour les droits dont jusque-là les réformés avaient pu jouir en France; l'Édit de Nantes était toujours interprété, dans ses clauses, suivant le sens le plus déftivorable aux protestants, et, avant d'en arriver au dernier coup de la révocation, le petit-fils de Henri IV privait de sa faveur les gens de cour, les officiers, les magistrats qui n'abandonnaient pas le protestantisme pour le catholicisme. Aussi, dès les premières années du règne personnel de Louis XIV, voit-on des protestants de France chercher fortune à l'étranger; or nulle cour n'était plus accueillante que celle de Berlin, où la langue (pie l'on parlait était la française, où le culte était calviniste, où le souverain avait fait de l'hospitalité un principe de sa politique.
Lorsque Louis XIV révoqua l'Édit de Nantes, le Grand Électeur puhlia l'édit de Potsdam, le 29 octobre 1085, véritable invitation au refuge adressée aux caUinistes français : « Connne les persécutions et ies rigoureuses procédures qu'on exerce depuis quelque temps en France contre ceux de la religion réformée ont obligé plusieurs familles de sortir de ce royaume et de chercher à s'établir dans les pays étrangers, nous avons bien voulu, touché de la juste
,Ji[ liiiÉin
compassion que nous devons avoir pour ceux qui souffrent pour l'é\an^Mle et pour la pureté de la foi que nous confessons avec eux, par le présent édit, signé de notre main, oll'rir auxdits Français une retraite sure et libre dans toutes les terres et provinces de notre domination; et leur déclarer en même temps de quels droits, franchises et avantages nous prétendons les y fane jouir pour les soulager et pour subvenir en quelque manière aux calamités avec lesquelles la Providence divine a trouvé bon de frapper une partie si considérable de son Kglisc. »
En conséquence, les protestants de France devaient trouver dans les Etats du (irand Électeur un sur asile. On leur fournissait le moyen d'y parvenir sans encombres. F.c représentant du souverain brandebourgeois, résidant a Amsterdam, leur procurerait les vivres et les l)ateaux destinés à les transporter à Hambouri;: de là on les aiderait à atteindre les villes qu'ils choisiraient
comme résidences.
Le ministre prussien établi à Francfort-sur-lc-Meln s'entremettrait pour les mêmes services auprès des protestants venant de France par les provinces du midi, du pays messin, du Sedanais ou de la Bourgogne. Ils se rendraient à Clèves en bateau, par la \ allée du Rhin.
D'ailleurs, on taisait an\ émigrés français la part belle : exemption de droits et de péages pour les biens ([u'ils apportaient, cession en toute propriété des maisons abandonnées et des jardins avoisinnnts, don gratuit des matériaux nécessaires à la construction de leurs demeures, bois, chaux et l)riques. Mille précautions étaient prises pour atténuer les rigueurs de l'exd; dans leur nouvelle patrie, les protestants français recevaient en arrivant le droit de bourgeoisie, obtenaient l'admission dans les corps de métiers et licence de créer des manufactures. Les laboureurs trouveraient des champs à mettre en culture, les gentilshommes des honneurs et des charges comme en France, l'égalité des droits et des privilèges avec les nobles du pays. En même temps, le Grand Électeur Fiédéric-Guillaume, pour éviter les froissements, laissait aux colonies d'émigrés le droit de choisir des arbitres pour les différends (jui naîtraient entre eux, il accordait aux nouveaux venus le privilège de choisir un juge pour assister le magistrat local dans les procès où ses sujets anciens et nouveaux seraient parties adverses, enfin le culte serait célébré en langue française suivant le rite des Églises réformées de France.
Le manifeste de Potsdam se répandit en France malgré l'active surveillance des intendants; les protestants accoururent en foule à Amsterdam et a
LES EMIGRES PROTESTANTS
Francfort-sur-le-Main; à la frontière du Brandebourg, des commissaires les attendaient; tout devait être mené, au couis de cet exode, avec ordre et méthode. I^'accueil était bien fait pour encourager les persécutés; les promesses de la déclaration de Potsdam étaient tenues ponctuellement; l'établissèment était réglé sous la présidence de l'Electeur lui-même, par d'illustres Français, établis déjà depuis plusieurs années à la cour de Berlin : c'étaient (|uatre gentilshommes, dont l'un était pasteui-; le comte de Beauvau, seigneur d'Esperses, avait ser\i dans les armées de Louis XIV comme lieutenant-colonel, mais, comme réformé, il n'avait pu monter en grade; il avait passé à la cour de Brandebourg, où on l'avait fait ambassadeur, lieutenant général des armées de l'Electeur et grand écuyer ; Claude du Bellay, seigneur d'Anché, avait été fait chambellan et il avait été chargé de l'éducation des trois jeunes margraves; Henri de Briquemont, seigneur de Saint-Loup, était lieutenant général et gouverneur de Lippstadt ; Gauthier de Saint-Blancard, pasteur de Montpellier, quand il vivait en Fiance, était devenu, à Berlin, prédicateur de la cour.
Ces hommes étaient originaires de différentes régions de France ; chacun d'eux fut chargé de veiller à l'établissement des protestants venus de sa province; le comte de l^eauvau prit soin des réfugiés venus de l'Ile-de-France, du Bellav de ceux de l'Anjou et du Poitou, de Bricjuemont de ceux de Champagne, Gauthier de Saint-Blancard des Languedociens. Environ vingt-cinq mille protestants arrivèrent dans les États de l'Électeur du jour de la révocation jusciu'aux premières années du xviii* siècle ; et toujours l'accueil fut également bienveillant. Avec une délicatesse toute féminine, l'Électrice recevait dans sa cour, à leur arrivée, les femmes des réfugiés, vêtues de noir, au mépris de l'étiquette, et, par sa bienveillance, essayait d'atténuer les rigueurs de l'exil.
Frédéric-Guillaume retint auprès de lui, pour le service de sa cour et de son gouvernement, pour les emplois militaires, les gentilshommes et les officiers. Dans sa jeunesse il avait connu dans l'entourage du prince d'Orange des nobles protestants français (jui étaient accourus pour servir auprès d'un capitaine de leur rehgion; c'est en Hollande ([ue s'étaient nouées ces relations qui amenèrent, avant la révocation même, tant de Français à la cour de Beilin. C'est ainsi qu'un d'Hallard était devenu conseiller intime de guerre, major L'^énéral d'infanterie et, commandant des forteresses sur la Peene, défendait, en 1676, Wolgast contre les Suédois et prenait part, en 1678, à la conquête de l'île de Riigen. L'Électeur avait pu apprécier la valeur militaire des officiers fran-
<ais; il était décidé à l'utiliser. Au moment de la révocation, environ Goo officiers de France entrèient dans son armée.
Les anciens réj-iments lurent grossis de compagnies nouvelles, de nouveaux régiments furent levés, cadres nouveaux créés pour ces officiers, à cpii on réservait un accueil plein de courtoisie, cpii obtenaient, dans les armées de l'Électeur, un grade supérieur à celui qu'ils avaient dans les armées de Louis \1N . On les réunissait dans les mêmes régiments commandés par des colonels français ou par des colonels allemands qui parlaient leur langue. Les ofliciers arrivés à l'âge de la retraite ne furent pas abandonnés; ils reçurent des pensions que Ton fit supérieures à celles qu'ils auraient reçues s'ils étaient lestés en France. Ainsi s'accroissait le corps des officiers de l'armée électorale. Schomberg faillit s'y attacher, mais il quitta la cour de lîerlin pour joindre le prince d'Orange, non sans laisser d'ailleurs une trace de son passage; il a\ait organisé deux compagnies de gentilshonmies; ce corps d'élite [)rit le nom de grands inousquctiurcsiVÉlecteuv Frédéiic-Guillaume commandait la première compagnie, le maréchal de Schond)erg était colonel de la deuxième.
Tous les réfugiés français ne prirent pas exclusivement des emplois militaires: Fré(léric-(iuillaume réserxa à quehjues-uns d'entre eux des charges à la cour ou des emplois dans la diplomatie. On trouvait dans le corps diplomatique brandebourgeois un Olivier de Marconnay, seigneur de HIanzai, qui était Poitevin, un .ïacqucs de Maxuel né à Pont-Audemer, un Louis de Monta"nac, ancien conseiller du roi au nrésidial de lié/.iers, un Henri deMirmand (jui avait été magistrat à Nîmes, un Eléa/.ar de la Primaudaye, fils d'un gcuiverneur de T'ours.
Les Français n'apportèrent pas seulement de la bravoure dans les armées, de la sagesse et de l'habileté dans la diplomatie et les charges civiles; grâce à leur présence la cour devint un centre littéraire; gens de religion, de lettres ou de sciences étaient également attirés à lîerlin par Frédéric et par ses ministres Schwerin, Mciuders et Dohna. Les églises françaises de lîerlin et de Magdebourg furent créées et illustrées par des pasteurs tels (ju'Abbadie, auteur d'un Truite de la vrritc fie la religion chrétienne, d'un panégyrique, universellement lu, de rFlecteur, d'un Traité de la divinité de Jésus-Christ. Un Français de lîé/.icrs, ,lcau-l)a[)tiste de llocoulcs, devenait historiographe des llolienzollern ; un Normand, Isaac de Larrey, publiait les Annales de la Grande-Bretagne ; un docteur de la faculté de médecine de Montpellier. .Iac(iues de Oaulrier, devint le médecin de l'Électeur, et le collège supérieur
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de Médecine fut créé en i685 grâce au concours des savants français. En même temps, des artistes formés à l'école des artistes français, sculpteurs, architectes et peintres, essayaient de réparer dans les villes les ruines faites ])ar la guerre de Trente Ans.
L'arrivée des réfugiés protestants français eut donc les conséquences les plus heureuses pour la fortune des Ftats soumis aux princes HohenzoUern; c'est cette famille princière, c'est le lîrandebourg, qui ont le plus profité des fautes des Bourbons; alors qu'en France la vie écononii(|ue, si brillante à l'époque de Colbert, s'éteignait presque, au départ des réformés, dans les Etats de l'Électeur, la médiocre capitale prenait un aii" de grande ville, les champs en friches, de nouveau cultivés, se couvraient de récoltes, et les premières maimfactures actives apparaissaient dans les villes, comme s'ouvraient alors les plus importants marchés commerciaux.
Berlin, qui n'était ([u'une pauvre bourgade de six mille Ames à la fin de la guerre de Trente Ans, devint alors une ville de près de trente mille habitants, où l'on commença à connaître le bien-être et le luxe. Les boulangers apprirent à cuire un pain fait de froment et non plus de seigle connue ils le faisaient auparavant; un protestant de Metz ouviit un hôtel, comme il y en axait à Paris, la cuisine devint savante; des patissicis et des rôtisseurs français ouvrirent boutique, on se mit à soigner la fabrication de la bière. En même temps on commençait à voir se répandre les modes et les habits à la française, et c'était comme un reflet de la vie élégante de Paris, dans la capitale de l'Électeur. Berlin voyait se développer les iudustiies de luxe; orfèvres, bijoutiers, lapidaires accouraient, venant de France, et, dans la xille, on substituait la confection des souples gants de peau à celte des grossiers gants de cuir. La ville, trop étroite dans son ancienne enceinte, s'étendit; au commencement du règne de Frédéric-Guillaume il n'y avait que deux (|uartiers dans la capitale, ceux de Berlin etde Vieux-(]ologne; on en construisit deux nouveaux, le Werder et le Nouveau-Gologne, et les premières constructions du faubourg de Dorotheestadt apparurent. C'est dans ce (juartier et dans celui de Friederichstadt (jue les émigrants s'établirent de préférence; là, aujourd'hui encore, on retrouve la rue Française; c'est auprès de Vallée des Tilleuls que les familles nobles établirent leurs demeures. D'ailleurs la création de ce faubourg de Dorotheestadt était l'œuvre de l'Electrice elle-même, (|ui avait reçu les réfugiés dans ses propres domaines et leur avait tait construire une église cil l'on célébra le .service divin à partir du 29 janvier i()88. L'Electrice
Dorothée avait aussi ahaiuloimé aux réfugiés (juelques Imtisses qu'elle possédait dans les environs de Monl)ijou et oii l'on avait fait un hôpital pour les réfugiés, soignés par des médecins dont l'Électeur payait le traitement. Ainsi une colonie française se foiinait dans l'ancienne ville, qui s'étendait, devenait élégante et spacieuse, et s'ornait de demeures sonqitueuses et conmiodes.
Aux alentours de la capitale, et d'ailleurs aussi dans toutes les provinces du Grand Électeur, l'arrivée des Français faisait naitre la richesse, l'activité, entraînait la transformation du pays. T^e Grand Electeur faisait mille efforts pour rendre ses États hospitaliers, donnant aux ouvriers pauxres des meuhles et f[ucl([ue argent poui- vivre, parfois même un logement gratuitement ofl'ert, a<'cordant des privilèges aux manufacturiers. Les agriculteurs reçurent le même accueil favorable ipie les artisans; on leur abandonna ces vastes terres en friche, ([ui s'étendaient, innnenses, dans le Brandebourg, ces villages ruinés et hrùlés pendant la guerre de Trente Ans, les anciennes terres ecclésiastiques des domaines sécularises. La répartition des terrains fut faite sous la présidence de commissaires; les nouveaux \enus, moyennant une redevance annuelle, étaient exemptés de corvées; ils recevaient des matériaux pour construire leurs demeures, et (jueUpies écus pour acheter des instruments de labom-. Dans sa prévoyance, le Grand Électeur faisait ces dons non à tel ou tel réfugié dont l'humeur pouvait être changeante, mais à la colonie tout entière. (]e fut alors une nouvelle vie agricole et industrielle dans tout le pays. Les campagnes peuplées par les réfugiés changeaient lapidement d'aspect; autour des \illes, jus(iue-là isolés au milieu d'une campagne misérable, affluèrent les jardiniers et les maraîcheis de l'rance. Dans le lîrandebourg, les principales colonies étaient formées de Dauphinois, de (Champenois, de Sedanais, de Picards, de Messins, de Flamands ([ui introduisirent la culture du tabac, de la vigne française, greffèrent les mau\ais arbres fruitiers, firent pousser le citronnier et l'oranger en serres chaudes, et transformèrent les déserts qui entouraient Berlin en jardins et en \ergers.
Les protestants, <|ui avaient fait en France l'apprentissage de la vie industrielle et commerciale, a|)portèrent une grande activité en Allemagne; des villes ruinées et désertes se rele\èrent et se peuplèrent. Ce ne fut pas seulement Berlin (jui se transforma; Magdebourg, Kcvnigsberg, Stettin, Halle, Francfortsur-l'Oder, Prent/.lau, devinrent de grands centres d'industrie et d'importants marchés. Magdebourg, ruinée depuis 16 h, recevait les manu-
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facturiers et les iiulustries du Languedoc, on y fabricjuait les diaps, la serge, les (hoguets, les chapeaux de laine et de castor, les bas faits à la mécanicpie. Halle maimfacturait les mocpiettes et les points de Hongrie, Francfort-surl'Oder, où s'étaient établis des Normands de Rouen, tissait la laine et la teignait, suivant les procédés des Gobelins. 1/industrie textile prenait en Prusse une si grande impoitance (pie, pour la protéger contre la concurrence étrangère, Fré(léric-(juillaume, par une oidonnance du '\o mars 1087, interdisait rinq)ortation des étoffes étrangères. Les foires de Leipsick, de Naumbourg, de Brunswick et de Francfort-sur-le-Main servaient de débouchés à toutes ces marchandises.
L'industrie de la laine fut peut-être le don le plus précieux que les Languedociens, les Normands, les Sedanais et les (Champenois firent à leurs nouveaux conq)atiiotes, ce ne fut pas l'unitjue. Les Français importèrent ou dévelopj)èrent des industries (jui jus(pie-là n'avaient été ([ue médiocres. Désormais il y eut dans le Brandebouig des verreries et des manufactuies de glaces, des fabriques de tapis et de tapisseries destinés aux demeures princières, des manufactures de papier, des tanneries, des mégisseries; la fabrication des armes se développa et se perfectionna à Potsdam et àSpandau, et l'art de fondre les cloches et les caractères d'imprimerie fut importé en Prusse.
Le commerce devint plus actif; la batellerie de l'FIbe et de l'Oder se multipliait; les routes étaient partout sillonnées de voitures. On intioduisait les vins de France, tirés des provinces vinicoles les plus lenonnnées. Beilin connut les modes de Paris. La ([uincaillerie des réfugiés faisait une sérieuse concurrence à celle de Birmingham, et le connnerce de la librairie s'organisait grâce à Robert Roger, de Rouen.
On ne saurait estimer tout ce que le sol gagna à l'exploitation par les Français, mais ce ([ue l'on voit plus nettement c'est cpie l'industrie et le commerce, (jui étaient morts, se ranimèrent. Oimment s'en étonner.^ L'expérience de la prati(|ue industiielle faite en France à l'épocjuc de Colbcit profitait au Brandebourg. Et l'on ne doit pas oublier en outre l'influence des savants, des pasteurs, des altistes français sur l'État qui leur donnait l'hospitalité. Peu de temps après (|u'il eut installé les réfugiés français dans ses provinces, le Grand Électeur fut frappé par la mort, à Potsdam, le •>.<) avril i8(J8. Son corps fut exposé, suivant l'usage, sur un lit de parade, dans la chapelle du château (pie, depuis leur arrivée, des calvinistes français axaient occupée pour célébrer leur culte.
A son lit (le mort, le Grand Électeur avait recommandé l\ son snccesseur la colonie française. C'était d'une politi(iue hahilc et chrétienne. Les réftigiés ne songèrent (|u'aux secours ([u'ils avaient reçus : ils ne pensèrent point aux richesses qu'ils introduisaient avec eux. La mort de l'Électeur fut pleurée de leurs larmes; pour lui ils firent des prières. Le pasteur français (;aultier prononça l'oraison funèbre du prince : « Il avait encore, dit-il, une autre famille, une famille d'adoj)tion, qui lui avait été ac(|uise par son amour et sa bienfaisance et ((ui ne lui était pas moins chère (jue celle dont la nature l'avait fait le père. C'était la foule des réfugiés, qu'il avait sauvés du bouleversement de l'Église de France et qu'il avait rassemblés (hms ses États comme dans un port sur, après la chute de cette malheureuse I^glise. Sa sollicitude s'étendait aussi sur cette nouvelle famille. »
Les réfugiés français ont conservé jusqu'à maintenant un attachement indissoluble à l'État et à la famille du (irand Électeur.
Le Grand Klecteir beçoit les émigrés FRisçiis. — Composiiloii et dessin de Muclia