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MASSACRE DES PLENIPOTENTIAIRES FRANÇAIS

signèrent la paix avec la France, puis l'électeur de Saxe! En Bavière, Moreau vainqueur faisait payer au pays une contribution de 10 millions, prenait 100000 paires de souliers, 33 000 chevaux, 20 tableaux, et la cour, désespérée, se réfugiait en Saxe. En un mot le gouvernement autrichien restait seul vis-à-vis des armées françaises.

La campagne de Bonaparte en Italie amena l'Autiiche à faire la paix. Mais l'on n'avait pas résolu toutes les difficultés territoriales. L'Autriche voulait un morceau de Bavière, et que la Prusse n'eût rien du tout. In congrès devait résoudre les affaires d'Allemagne à Rastadt. Naturellement les Français étaient les arbitres de la situation et l'Autiiche était la puissance vaincue par avance. L'archiduc Charles ne décolérait pas contre les princes germaniques, traîtres, à ses yeux, à la cause impériale; contre les républicains, toujours vainqueurs. Les petits princes allemands et la Prusse rêvaient d'accroissements territoriaux. Ils caressaient de beaux rêves de sécularisation et les ministres français qu'ils entouraient de leurs hommages devaient être les agents de ces heureuses combinaisons!

Au moment où se réunissait le Congrès de Rastadt, l'opinion publique allemande se manifestait dans une série de brochures dont le ton était parfois ironique et narquois, parfois plus grave et même tragi([ue. Dans le Testament du Saint-Empire, la Républi([ue française, légataire universelle de l'État considéré comme défunt, recevait la rive gauche du Rhin. « A sa Sainteté le Pape, l'Empire léguait la caisse d'opérations et la bulle d'or : la première pour combler le vide de son trésor, la seconde pour qu'il put dorer ses propres bulles, et par cet éclat extérieur, indispensable dans notre siècle de corruption, retrouver son crédit perdu, w Seront mis aux enchères les titres d'Empire; avec le produit de la vente on paiera un service funèbre. On accordait malignement les revenus de l'Empire à la maison des pauvres de Ratisbonne, mince présent! et l'armée d'Empire au landgrave de Hesse- Cassel, amère ironie! pour qu'il la vendit à (juelque souverain étranger. Tout l'attirail décoratif, perruques et manteaux, était envoyé en don à la galerie histori(jue de Londres.

Mais le pamphlet intitulé la Passion du Congrès de la Paix était plein d'affliction, il paraphrasait et imitait l'Évangile : « A Rastadt s'étaient assemblés les grands prêtres, les scribes et les pharisiens pour aviser au moyen de surprendre le Saint-Empiie par ruse! » Et les soldats de l'Empire (jui avaient mal combattu pour le vieux Rcich « frappaient leur poitrine en revenant! »

298 SCKNES 171 KPISODES DK L'IllS TOlRi: DALLEMAGNL.

Au Co.ijçrès (le Kastadt lu Képubluiue franraise fut représentée tout «l'abonl par Bonaparte, puis par Treilla.d, enfin par Jean Debry, Honn.er et lloherjot. lîonnier était né eu ij^o à Montpellier; en 1789 il était dans sa ville natale présideiit de la Cham])re des Comptes. Il fut député à l'Assemblée Léi;islative, où il joua un rôle effacé. A la Convention il vota la mort de Louis XVI. Le Directoire l'employa dans la diplomatie. Ln 1797 'l assistait aux conférences tenues à Lille avec lord Malmesbury, conférences (p.i n'aboutirent pas. Au mois de novembre 1798, il passa au Con-rès de Rastadt, d'abord avec lloberjot et Treillard. Quand Treillard fut directeur au mois de ma., Jean DebrN lui succéda et Bonnier se trouva li la tête de l'ambassade, lloberjot était, en 1789, curé de Màcon, où il était né en I7(V3. Il avait passé à la Révolution, abandonné le sacerdoce et s'était marié. Il remplaça Carra a la Convention après le 3i mai 179^ et ne se sijjnala (lu'après Thermidor. Il devint représentant du peuple auprès de l'armée de Picbegru. Là, dans ses dépcclios du 2-> avril, il indiipie les vœux des peuples compris entre Meuse et Rhin pour leur annexion à la Républi(iue. Il était un partisan très ardent de rannexion de la Bel^^iciue et de la fixation de la frontière à la ligne du Rhin, lloberjot fut du Conseil des Ciiui-Cents, mais en 1797 on le déléguait à Hambourg avec un représentant de la Républiciue auprès des villes hanséati(iues. K.i mars 1799, le département de Saône-et-Loire l'envoyait comme député aux CiiKi-Cents, alors (pi'il siégeait déjà à Rastadt.

Le troisième représentant de la Républi<iue, Jean Debry, était né vers i7(;o à Vervins; il était avocat et devint membre de la Législative et de la Convention. Lu i7<)i, il avait été chargé de prononcer l'éloge funèbre de Mirabeau. Il ne prit aucune part à la lutte de la Montagne et de la (Gironde, mais il poussa toujours aux décisions énergiques. Le 17 mai 1798, il remplaçait Treillard, partait en hâte, oubliant même de donner sa démission de membre du Corps Législatif, qu'il envoya de Rastadt le i5 juin suivant.

Les envoyés de François il étaient : Metternich, ([ui figurait comme délégué de l'Kmpereur d'Allemagne; Cobentzel, comme délégué du roi de Bohème, et Lehrbach, comme délégué du souverain d'Autriche. Dix membres représentaient l'Empire, Mayence, Autriche, Saxe, Bavière, Wùrtzburg, Hanovre, Hesse-Darmstadt, Bade, Augsbourg et Francfort. Il y avait en outre des représentants de toutes les villes et de tous les princes. Tous les petits souverains tournaient autour de la légation française qu'ils assaillaient de leurs demandes.

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