‹ Scènes et portraitsChapitre 39 sur 51 · LE CARDINAL DU BOIS DÉCLARÉ PREMIER MINISTRE · texte numérisé non relu

LE CARDINAL DU BOIS DÉCLARÉ PREMIER MINISTRE

m aMcniie. Il me suivit pour me demander si cela otoit 'ail le' lui disque la conversation s'étoit éten ue sut plu- MPur- riiatièies, dont quelques-unes oi'avoient conduit à lâtcr le pavé, que je l'avois trouvé assez bon; rt)ais qu'il coniioissoil M. le duc d'Orléans soupçonneux, et qui n'ainioii pas à conclure ni à êlre pressé; que je reviendrois le lendemain, où je verrois ce qui se pourroil faire, sans toutefois lui répondre de rien. Je répondis de la sorte à Beile-Isle, parce qu'il avoit vu M. le duc d'Orléans me rappeler, qu'il avoit pu entendre l'ordre qu'il me donnoit de revenir le lendemain; que ce retour enfin ne pouiroit êlre ignoré de lui ni du cardinal du Bois, trop alerte pour ne pas être informé avec précision de tous les niouienlsde M. le duc d'Orléans dans une telle crise, » t que la cachotterie eût été également inutile, et préjudiciable à moi, qui voulois aller au bien, mais garder avec eux des mesures. D'ailleurs ma réponse fut en des termes qui ne pouvoient blesser le cardinal.

LECAROINAL DU BOIS DEC L A R É P R û M lE R M I N I STRE

Un assez long silence succéda à ce fort énoncé. La tête de M. le duc d'Orléans, toujours entre ses mains, étoit peu à peu tombée fort près de son bureau. Il la leva enfm et me regarda d'un air languissant et morne, puis i)aissa des yeux qui me parurent honteux, et demeuia encore quelque temps dans cette situation. Enfin il se leva et lit plusieuis tours, toujours sans rien dire. Mais quel fut mon élonnement et ma conlusion au moment qu'il rompit le silence! 11 s'arrêta, se tourna à demi vers moi sans levei les yeux, et se prit tout à coup à me dire d'un ton triste et bas: « Il faut finir cela, il n'y a qu'à le déclarer lfAi\ à l'heure. — Monsieur, repris-je, vous êtes bon et sage, et par-dessus le maître- N'avez-vous rien à m'ordon-

Page 1