AOUL
Vous êtes ma femme devant Dieu et devant les hommes, Suzanne; mais, devant votre cœur, suis-je votre époux ? ditesmoi.
SUZANNE
Et vous, monsieur, m'aimez-vous?
RAOUL, souriant toujours.
Quoi! madame!... êtes-vous encore si modeste ou déjà si défiante? Hélas! il ne faut qu'un instant pour prendre vos douces chaînes; mais toute la vie d'un homme s'épuiserait à vouloir les rompre.
SUZANNE
Cela signiûe-t-il que vous m'aimez, cette phrase?
RAOUL, la regardant avec un peu de surprise.
Étrange enfant!... Oui, je vous aime, et plus que je ne le croyais possible.
SUZANNE
Mais pourquoi ce sourire?... Ne pouvez-vous me le dire sérieusement?
RAOUL
Sérieusement et tendrement, coquette fille, je vous aime!
SUZANNlî.
C'est bien. Vous êtes poli, du moins. J'ai voulu voir de quel front un homme savait mentir. — Quittez ma main, je
vous prie. (Raoul se lève lentement, en fixant sur elle un regard de
colère ; elle reprend. ) Ail ! voilà votre masque tombé, monsieur, et je ne vous connaissais pas ce visage-là.
RAOUL, violemment.
Vous êtes folle?..
SUZANNE, douce et triste.
Oh! non, rassurez-vous. Jamais je ne fus si raisonnable de ma vie. — Soyez, je vous prie, aussi calme que je m'efforce de l'être. — Uaoul, j'ai entendu, il y a une demi-heure, dans le jardin, toute votre conversation avec votre ami. Dieu sait que je ne croyais pas cette indiscrétion aussi grave que l'événement la devait faire. Je ne cherchais point la triste lumière que vous avez fait naître dans mon esprit, i'eut-être dois-je regretter de l'avoir acquise; mais enfin il n'est plus en mon
pouvoir de la repousser, et rien n'égale le mépris que j'aurais pour moi-même, si ma conduite, après un tel enseignement, ne s'écartait pas de la soumission que je vous avais promise dans mon ignorance.
RAOUL se promène avec agitation dans la chambrp, faisant de temps à autre une pause devant Suzanne.
Parlez! quels sont vos projets?
SUZANNE
Je suis peu au courant des lois: veuillez me répondre avec franchise. N'y en a-t-il pas quelqu'une qui puisse défaire des liens aussi légers que le sont les noires ? et est-il permis d'y recourir sans déshonneur ?
RAOUL
Je suis moi-même fort ignorant là-dessus : tout ce que je puis vous affirmer, c'est que la moindre démarche dans ce sens serait un scandale irréparable.
SUZANNE
Et cependant ce mariage est une dérision; ce mariage est nul.
RAOUL, 8'arrôtant brusquement devant eUe.
Qui est-ce qui vous a monté la tête? voyons! Qui vous a soufflé ces idées, ces paroles inexplicables?
SUZANNE, avec la même gravité lente et douce.
Tenez, Raoul, vous m'avez mal jugée, — en plus d'un point, je crois. Mon cœur est jeune, il est né d'hier, cela est
vrai ; mais, pour le reste, vous m'appréciez trop bas. — Vous avez beaucoup d'orgueil : votre entretien avec M. de Vernon vous semble d'une nature si supérieure et tellement disproportionné avec l'intelligence d'une femme de mon âge, qu'il faut, à votre avis, qu'un interprète m'en ait fait saisir la hauteur ! — Je vous assure que cela n'a pas été nécessaire : j'ai fort bien compris toute seule. — Je ne suis pas non plus si étrangère à la vie et au monde que vous vous le figurez.
RAOUL
Ah!... et quelle est la fée qui vous a si bien et sitôt instruite?
SUZANNE
La fée, — puisque ce mot vous plaît, — vous l'avez vue souvent près de moi, sans la remarquer probablement.
RAOUL, dédaigneux.
Une domestique?
SUZANNE
Rien de plus. Cette domestique, que j'estime et que je respecte plus que bien des maîtres, m'a élevée, à défaut de ma mère. Je dois peut-être à son sens droit et à sa rude tendresse plus de maturité et de résolution qu'il ne vous convenait d'en trouver chez moi, — Ensuite, voilà plusieurs années déjà, par malheur, que je suis maîtresse de maison; et, quoique l'on n'apprenne à ce métier-là rien de bien merveilleux, l'esprit d'une fille y contracte cependant des habitudes sérieuses qui le tirent un peu de ses langes. On réfléchit à travers les rêves de son âge, et on prend des idées
vraies sur bien des choses. . . Vous paraissez étonné de mon langage?... Quelle singulière opinion avez-vous donc de nous?... Il n'y a guère de jeune fille, parmi celles que vous renvoyez si fièrement à leurs chiffons, qui ne fût capable de vous dire ce que je vous dis là, si elle l'osait, — et de soufi'rir ce que je souffre, — si Dieu le lui infligeait.
RAOUL, avec plus de douceur.
Suzanne! raisonnons un peu, je vous prie. A votre âge, on exagère tout. Supposons que, dans cette fâcheuse conversation, qu'un hasard très-innocent vous a livrée, supposons que je n'aie moi-même rien exagéré; que l'entraînement des paroles, l'humeur du moment ne m'aient pas jeté bien au delà de ma pensée et de la vérité, — prenant tout au pied de la lettre enfin, — croyez-vous être victime de quelque malheur exceptionnel et monstrueux? Si vous le croyez, cela marque une lacune assez grave dans votre expérience. Une jeune fille pleine d'illusions et un homme qui n'en a plus sont les deux termes fort ordinaires du mariage, surtout dans la condition où nous sommes nés. On considère même, avec quelque apparence de raison, cette différence d'âge et de sentiments comme une garantie de bon augure; on s'imagine qu'un homme éprouvé et mûri apporte dans la barque d'un jeune ménage un contre-poids utile, une sorte de lest indispensable.
, SUZANNE
Si ces dispositions morales, qui sont les vôtres, ont une valeur si généralement goûtée, pourquoi donc les déploriezvous, il n'y a pas une heure, avec tant d'amertume?
RAOUL, avec dépit.
Yous avez attribué à mes paroles, je vous le répète, une importance qu'elles n'avaient pas;... mais l'impression est produite, et je vois bien que vous la garderez, quoi que je fasse. . . Je voudrais, au moins, que vous fussiez bien convaincue qu'il ne vous arrive rien de particulier, que vous n'êtes point tombée dans un piège extraordinaire, et que toutes les jeunes filles de la terre, toutes vos amies, si vous pouvez avoir des amies avec un caractère comme celui-là, sont exposées au même désastre!... (Suzanne sourit.) Vous riez, madame?
SUZANNE
Je ris parce que vous vous fâchez;... autrement, je n'en ai pas envie, je vous assure.
RAOUL housse les épaules d'un air d'humeur, reprend sa promenade, et ajoute.
Bref, le monde est ainsi fait : vous ne le changerez pas!
SUZANNE
Je vous demande pardon : en ce qui me concerne, j y changerai quelque chose.
RAOUL
Ce n'est pas ce que vous ferez de mieux, permettez-moi de vous le dire. . . Le bon goût et même le bon sens, familiers à votre sexe, sont ici pour être consultés. . . Toutes les jeunes mariées qu'il y a ont eu, comme vous, leurs rêves d'enfance : la réalité leur paraît d'abord choquante, comme à vous; mais enfin elles se résignent à redescendre sur la terre, à n'être
que d'aimables femmes et de bonnes mères de famille, — et je ne sache pas qu'on les juge maudites ni déshonorées pour cela!
SUZANNE, se levant courroucée et parlant avec une émotion profonde.
Mais les autres possèdent-elles la science que je vous dois? Ont-elles entendu ce que vous m'avez fait entendre? Soupçonnent-elles même la moins cruelle des cruelles vérités qui sont venues coup sur coup me briser le cœur, me confondre le jugement?... Non! elles sont trompées, comme je l'étais moi-même... Hélas! chacune, comme moi, remplit l'âme de son amant avec les trésors de son propre cœurî chacune interprète au gré de son erreur ou de sa passion tout ce qu'elle découvre, — ou tout ce qu'elle suppose dans l'homme qu'elle a choisi! Chacune, sans doute, croit voir, comme moi, la marque d'une sérieuse tendresse dans les pâles sourires évoqués d'un passé suspect, la trace de quelque noble souci dans le stigmate banal de la débauche!... Je veux croire — puisque vous me le dites — que tous les hommes apportent à leurs fiancées la dot que vous m'apportez; mais elles l'ignorent du moins! c'est leur bonheur,... c'est leur excuse!.'.. Grand Dieu ! quelle lâche créature serait celle qui, sachant comme je le sais, à quelle décrépitude elle a enchaîné sa vivante jeunesse, voudrait accepter de cet hymen glacé, de cette union impie, le titre sacré de femme ou
de mère I (En acbeTant ces mots, Suzanne se laisse retomber sur le divan, paie et comme épuisée.)
RAOUL, s'approchant d'elle avec un embarras marqué.
Vous me désespérez, Suzanne!... Que voulez-vous? que
de'mandez-voiis? Daignez vous expliquer... On n'est point préparé à de telles situations, et je vous serai obligé, quant à moi, de m'indiquer par quelle voie on en sort.
SUZANNE, d'une voix brisée et evec un peu d'égarement.
Excusez-moi, je n'ai pas l'habitude de ces emportements,.^ cela ne m'arrivera plus.
RAOUL
Mais enfin, ma pauvre enfant, que voulez-vous que je fasse, moi?... car tout ceci dépasse l'imagination... Voulez-vous que j'appelle?. .. Remettez-vous, Suzanne, je vous en supplie I Parbleu!... il y a remède à tout,... hors au trépas!... (a part.) Je suis stupide!
SUZANNE
Je me trouve mieux,... beaucoup mieux maintenant... Eh bien, monsieur, puisque nous ne pouvons nous séparer sans une honte publique, restons donc unis aux yeux du monde ; mais, à présent que vous me connaissez davantage, Raoul, j'espère que vous croirez à la ferme résolution que j'ai prise de demeurer une étrangère pour vous. Je compte sur votre honneur — el aussi sur votre orgueil — pour m'épargner
tout signe de doute à cet égard. (Raoul s'Incllne sans répondre; Suzanne reprend, en indiquant une des portes latérales.) VotrO chambrC est là. — (Raoul s'incline de nouveau, et fait quelques pas vers la porte puis il s'arrête et se retourne.)
RAOUL
Avec toute autre que vous, madame, mon honneur — et mon orgueil — pourraient bien ne pas voir leur avantage;
formel dans la conduite que vous me tracez ; mais je descendrais encore au-dessous de la faible estime que j'ai de moi, si le moindre soupçon d'artifice ou de coquetterie pouvait s'attacher dans ma pensée à votre innocente fierté. Vous serez obéie avec scrupule. — Toutefois, est-il nécessaire, pour l'cicquit de votre conscience, que nos deux existences soient non-seulement distinctes, mais hostiles? Devant un vaincu, devant un ennemi à terre, vous semble-t-il généreux de vous maintenir sur un pied de guerre impitoyable?. . . Puisque nous devons être enfin compagnons de route, ne pouvons-nous, du moins, nous escorter l'un l'autre tranquillement et avec ces attentions réciproques qui font le charme d'un voyage?
SUZANNE
Oh ! de tout mon cœur, cela.
KAOUL', s'assoyant près d'elle, avec une bonhomie grandiose.
Et même ne pouvons-nous être amis, Suzanne, bons amis,... camarades?... Vous souriez encore; le ciel en soit louél Me ferez-vous la grâce de toucher ma main en signe de confiance? (Ils se serrent la maio.) Voilà qui CSt dit... Et si, Un jOUr,
dans un avenir inconnu,... vos idées subissaient une de ces révolutions dont il y a des exemples dans l'histoire du monde, eh bien, mon Dieu! — ah! mon Dieu! vous trouverez en moi un homme sans rancune!
SUZANNE
C'est ce que nous verrons. — Oui,... c'est ce que nous verrons.
RAOUL
Quoi! suis-je assez heureux encore dans ma détresse, madame, pour que vous aperceviez dans le lointain un moment, une phase,... un concours de circonstances qui puisse me tirer de ces limbes où me voilà plongé?
SUZAiNNE.
Mais, sans doute. ~ Si c'est un effet nécessaire du temps et de la vie que d'enlever au cœur ses espérances les plus douces, ses fictions les plus divines, nous sommes, je présume, nous autres femmes, soumises tout comme vous à ce désenchantement naturel. Eh bien, lorsque je l'éprouverai, monsieur, lorsque j'en serai venue à considérer les choses sous cette face morne et dépouillée qui, selon vous, est leur véritable aspect, quand enfin mon expérience personnelle aura comblé l'abîme qui nous sépare aujourd'hui,... alors, me voyant digne de vous, pourquoi vous croirais-je indigne de moi?
RAOUL, très-sérieux.
Suzanne, prenez-garde! C'est toucher d'une main bien légère, sinon bien hardie, un point singulièrement délicat... C'est me faire entrevoir un martyre dont peut-être les tourments ne dépasseraient pas mon courage, mais dont au moins je refuserais la palme.
SUZANNE
Pourquoi, monsieur?
RAOUL
Mais, mon enfant, parce que... Au reste, je suis bien bon de
vous répondre sérieusement, car il est évident que vous raillez.
SUZANNE
Point du tout.
RAOUL
Tant pis, car vous ne pouvez absolument ignorer que l'honneur d'une femme périt au contact de certaines épreuves qui n'effleurent même pas l'honneur d'un homme.
SUZANNE, simplement.
Il est possible que je n'aie point toutes les lumières qu'il faudrait pour vous suivre sur un terrain si nouveau pour moi; mais ce que je comprends de mieux en mieux, c'est votre profond mépris pour notre sexe, qui éclate jusque dans vos respects... Dieu sait qu'aucune femme ne fut jamais disposée plus que moi à se contenter du rang modeste, des humbles devoirs que notre conscience nous assigne dans le monde; mais il m'est difficile, monsieur, de nous croire condamnées à n'être qu'une espèce de créatures subalternes dont vous pouvez, à votre fantaisie, refouler, maîtriser, anéantir même tous les instincts, toutes les facultés, toutes les passions. Sommes-nous en pays chrétien? Avons-nous une âme? Qu'est-ce enfin? Voyons! (Avec une vivacité d'enfant.) Quoi monsieur! parce qu'il vous a plu de jeter sur ma personne, ou plutôt sur ma terre du Chesny, un coup d'oeil favorable, me voilà forcée, -moi, d'oublier tout à coup mes sentiments les plus chers, de commander à ma tête de ne plus penser, à mon cœur de ne plus battre! me voilà réduite à vieillir éternellement dans le port, en vue des brillants horizons oii m'empor-
talent mes songes... à partager votre lassitude, — moi qui n'ai pas voyagé, — - et votre mort enfin, -- moi qui n'ai pas vécu! Est-ce juste? est-ce possible, monsieur? Je vous le demande, je le demande à votre loyauté!
Ma loyauté? Ma loyauté, madame, vous répondra par une chose vulgaire à force d'être vraie : c'est que la vie n'est pas un roman.
SUZANNE, avec une tristesse soudaine.
Et l'avez-vous crue, vous, monsieur, cetle chose vulgaire, quand des vieillards vous l'ont dite autrefois? Avez-vous, sur la foi de l'expérience d'autrui, renoncé subitement à toutes les religions de votre jeunesse? — Avez-vous pu penser que ce Dieu de bonté — dont vous ne doutiez pas alors!... n'avait mis dans votre cœur que fausse monnaie et décevantes promesses? Oh! non!... car c'est impossible,... vous avez cherché,... vous avez eu votre roman... Il n'a pas été heureux! Soit! Peut-être aussi l'aviez-vous cherché trop bas... Je ne vous demande pas de réponse... Quant à moi, je n'avais imaginé de roman qu'en vous; c'est avec vous seul, la main dans votre main, que j'espérais accomplir mon pèlerinage de joie ou de douleur,... peu m'importait! Une affection telle que j'osais l'attendre de vous m'eût rendu chères jusqu'aux larmes de mes yeux. Je me flattais cruellement... Je pensais être pour vous,... oh! non pas, soyez-en sûr, tout ce que vous étiez pour moi, Raoul,... mais bien moins encore assurément ce que je suis : une femme après des femmes... et quelles
femmes! (euc s'«rrête très-émue.) Raoul, rendez-moi, je vous prie, la petite clef que je vous avais donnée.
RAOUL
La voici.
SUZANNE, troublée, sans la prendre.
La voici!... Vous ne me demandez pas môme à quoi elle peut servir, cette pauvre petite clef?
RAOUL
Je n'ose rien demander, Suzanne.
SUZANNE
Vous ne méritez pas de le savoir, vous faites bien. Et puis cela vous importunerait... Ce n'est qu'une niaiserie de plus.
(Elle découvre un peu son poignet et lui montre un cercle d'or qu'elle fait tourner autour de son bras en parlant.) C'eSt UUC idée à moi... Cclui
qui détachera ceci,... je l'aimerai,... et il faudra qu'il m'aime aussi... Alors, il sera mon maître... Rendez-moi ma petite clef.
RAOUL, la lui remettant et s'approchant avec tendresse.
Ainsi, vous ne me la rendrez jamais, — jamais, Suzanne?
SUZANNE, se levant prestement.
Quand j'aurai mon roman ! — 11 est bien tard, monsieur, et môme voici le jour; je suis brisée de fatigue.
RAOUL, qui s'est levé, avec colère.
Je suis las comme vous; finissons-en donc, madame! Je ne sais où j'avais l'esprit! Je vous comprends, quoique tardive-
ment. C'est un ménage du temps de Louis XV qu'il vous faut? Soit! Veuillez vous souvenir seulement que les dames de ce temps-là, dent tout le savoir n'approchait pas de votre ingénuité, avaient au moins le talent de concilier leur indépendance avec le respect du nom qu'elles portaient. — Dans cette mesure, que vous ne trouverez pas, j'espère, trop rigoureuse, comptez sur mon indifférence la plus souveraine. Cherchez votre roman maintenant, trouvez-le même; je n'attends
ma vengeance que de votre succès. (Il se dirige rapidement vers la porte. )
SUZANNE, d'une voix à peine distincte.
Est-ce là... la bonne amitié... que vous m'avez promise?
RAOUL
Il faut pardonner quelque chose, madame, à un homme qui voit tout à coup son étoile tourner en fusée ridicule... Désormais, je vous le jure, vous n'aurez plus à vous plaindre de mon humeur. Je vous baise respectueusement les mains; mais tenez ce que j'ai dit pour bien dit. (u sort.)
Suzanne, pèle comme une morte, tressaille et étend les bras; sa tôte se renverse; ses lèvres s'entr'ouvrcnt comme pour laisser échapper un cri qu'eih; étouffe par un effort suprême. — Jeannette parait à une des portes latérales : elle se précipite, et reçoit dans ses bras la jeune femme inanimée.