‹ Scènes populaires dessinées à la plumeChapitre 3 sur 46 · ADOLPHE · texte numérisé non relu

ADOLPHE

Çà m'est bien égal.

MADAME POCHET

Vilain sans cœur

MADAME DESJARDINS

Ah! ça, on ne vous a pas vue de c'matin.

CHEZ LA PORTIÈRE. i3

MADAME POCHET

Cesr vrai j'ai été si pressée aujourd'hui j'avais mon savonnage, que je n'ai

eu le temps qu'à peine d'aller chercher ma

crème et mon charbon. Mais du reste ,

vous , ça va bien? Vous êtes pourtant

encore joliment jaune.

MADAME DESJARDINS

Vous êtes bien honnête! ça n' va pas plus mal. Eh ben! et les nouvelles emménagées?

MADAME POCHET. -

Eh ben! ça m'a pas encore l'air de grand chose de bon, voyez-vous; trois jeunes personnes comme ça dans deux chambres :

après , ça m'est bien égal ! Je ne sais pas toujours quel état qu'elles sont. Les propiétaires tirent tous à la location , et ça leur est bien égal que vous soyez n'importe avec qu'est-ce. C'est comme il vient l'autre jour dans ma chambre, qu'il m'dit, tiens, mais ça vous fait deux pièces ! Comment , deux pièces ! que j'm'écrie; c'est-à-dire une soupente, monsieur, qu'j'ai fait faire, témoin que j'ai mis ce papier rose dessus avec ma nièce , quand elle est ve-

i4 LE ROMAN

nue à Paris Deux pièces! et que je l'enlèverai quand je m'en irai, sans votre permission; j'n'y tiens déjà pas tant à la maison ! j'n'ai pas fait de bail à vie. Tiens! mais cest d honneur vraij ils sont tous les mêmes! des parvenus!

MADAME DESJARDIKS.

Vous VOUS enlevez toujours comme une soupe au lait, madame Pochet.

MADAME POCHET

J' voudrais vous voir à ma place; c' est (T honneur vrai que c'te chambra fume, que c'est

une abomination...... et qu'il y a le tuyau qui

passe tout conte mon lit. Vous savez quand le

temps est humide c'est certainement pas là

une donnée. Ma foi, cent écus. J'suis outrée, c'est d'honneur vrai.

MADAME DESJARDINS

Leur z'y avez*-vous parlé à ces jeunesses?

MADAME POCHET

rieur z'y ai parlé, s'jentend, sans leur z'y parler; c'est elles qui m'ont demandé si y avait une pompe dans la maison. Non,mesde-

CHEZ LA PORTIÈRE. i5

moiselles, que j'ai leur z'y ai répondu, n'y a pas de pompe, c'est pas ici une maison de blanchisseuses, on ne vous y tolérera pas vos loques accrochées au bout d'un cerceau à vos croisées; c'est pas le genre de la maison : si vous voulez de l'eau , vous ne serez pas plus ni moins protégées que les autres : deux sous la voie tant que vous en voudrez; tiens, mais &€st (T honneur vrai, ça entre dans des maisons comme à l'écurie.

LES pr:éc^£NS, mademoiselle reine. {Un bougeoir à la main.)

Bonsoir, mesdames... {Elle souffle sa chandelle.)

MADAME DESJARDINS

Pourquoi donc qu'vous éteignez votre lumière? Ah benipar exemple! c'est moi qui

éteign^ra la mienne. Vous la hrûlereriez dans vpt'cuisine, autant qu'elle vous éclaire ici

MADAME POCHET

C'est juste ! et votre bûche ?

MADEMOISELLE REINE

Madame est témoin comme quoi j'en ai remonté tantôt trois de la cave.

i6 LE ROMAN

Nous n'en sommes pas là-d'sus. et Mon^

sieur?

MADEMOISELLE REINE

J'ai toute la soirée à moi Monsieur dîne

en ville etces dames ne sont pas venues

Ah! ah! c'est vrai, elles sont allées voir le nouveau vicaire.

MADAME DESJARDINS

Oui...... à propos, ce n'est plus M.Poirot. Ils

en changent maintenant comme de ch 'mises.

Nous n'attendons qu'ces dames pour continuer ce livre d'hier au soir. C'est dommage, vous n'étiez pas au commencement.

MADEMOISELLE REINE

C'est égal j's'rai tout d'suiteau courant;

pourvu que j 'sache comme ça s'appelle.

MADAME DESJARDINS

Coèlina^ ou l'Enfant du ministère ; c'est

bien écrit \

MADAME POCHET

C'est bien intéressant.:.... ah, tiens! voilà ces dames.

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