‹ Scènes populaires dessinées à la plumeChapitre 35 sur 46 · FRANÇOIS · texte numérisé non relu

FRANÇOIS

Monsieur.

la

Ces lampes ne vontpas^., allez à la maison; apportez celles de la chambre à coucher... dépêchez-vous... prenez le cabriolet s'il est en bas... allez. ( Le domestique sort. )

DUFLOS (^se jetant sur un dwan ).

Dieux! que d'ennuis, que de tracas m'a déjà causés cette maudite soirée... il m'a fallu tout faire... envoyer les invitations... courir chez

les fournisseurs être depuis huit jours le

contre-coup de la mauvaise humeur de Caroline... on me fera mourir, c'est sûr... et Anatole qui ne se mêle de rien ; voilà deux jours qu'on ne l'a vu... Ah! mon Dieu... Voyons ce que disent les journaux; je n'ai encore pu aujourd'hui trouver le temps de les parcourir.

( // Ut. ) Voyons, voyons... Bon!., deux premières représentations... nous n'aurons personne ce soir... Caroline va être d'une belle humeur : c'est charmant !

DUFLOSy ANATOLE.

ANATOLE ( luifrappaiU sur le ventre, ) Bonjour, Duflos.

Ah! vous voilà ^ vous, c'est bien heureux!..

Vousétesbien aimable...voilà deux jours qu'on ne vous a vu; vous me laissez tout à faire.

ANATOLE

Mais , mon cher... est-ce que j'entends quelque chose à tout ça, moi? vous vous en acquittez à merveille. D'abord il m'aurait été impossible de venir jeudi : nous avons essayé le tilbury d'Eugène... c'est une horreur... volé comme dans un bois.

DUFLOS

Mais hier, j'ai envoyé trois fois chez vous.

i8o LA GRANDE DAME.

ANATOLE

Eh bien ! j'étais avec Caroline.

DUFLOS

Elle ne m'en a rien dit.

ANATOLE

. Je crois bien; vous êtes jaloux comme un tigre... vous avez peur de votre ombre... Tenez, Duflos, je, vous préviens, vous vous rendez du dernier ridicule aux yeux de toutes nos connaissances.

DUFLOS

Ah bien! par exemple et où êtes- vous

allé?

ANATOLE

Nous sommes allés faire des emplettes... puis chez Mélanie... nous l'avons trouvée malade... le colonel est parti; elle était dans les larmes...

LA GRANDE DAME. i8i

pouvions-nous la laisser seule... nous y avons dîné... à propos, dites donc, Duflos?

DUFLOS

Heim?

ANATOLE

J'aurai besoin du cabriolet demain.

DUFLOS

La matinée?

AIîATOLE.

Et une partie de la journée.

DUFLOS

C'est désagréable! je ne suis pas allé à la Bourse depuis huit jours.

ANATOLE

Eh bien! pourquoi plutôt demain*. • pourquoi faire?..

ï8a LA GRANDE DAME.

DUFLOS

Pour rien, mais...

ANATOLE

Pour rien?. . Si vous remettiez ça à un autre jour... Caroline est-elle habillée?

DTIFLOS.

Je ne sais. {A unef&mm^ de chambre qui tra-

uerse le salon ) Henriette madame est-elle

habillée?

Le coiffeur ne fait que de sortir...,, monsieur.

ANATOLE

î'ai rencontré tantôt Leriche à la Bourse, je ne lui ai rien dit. Vient-îï, savez-vous?

DUFLOS

Caroline ne l'a pas Invité... c'est un bon garçon y mais il fait trop de bruit.

LA GRANDE DAME. i83

ANATOLE

Ce n'est pas une raison pour qu'il ne vienne pas. Il n'est pas susceptible, lui... Qu'est-ce donc que cet individu qu'il a amené l'autre soir.

DUFLOS

Un de ses amis... un artiste.

ANATOLE

Il met singulièrement sa cravate... A-t-il des moyens?

DUFLOS

On le dit... (// tire $a montre.) Dix heures moins un quart. On ne vient pas... Voulezvous faire un écarté?

AITATOLE.

Non , et vous ?

i84 LA GRANDE DAME.

LES PRlScÉDENSy ALPHONSE, MADAME DESPATfS.

AI.PHONSE (entrant d'un air délibéré et frappant sur le gros ventre de Duflos).

Bonsoir, père Duflos... Ça va bien, Anatole?

ANATOLE

Votre santé , belle dame?

MADAME DESPAirS.

J'ai un mal de tête afifreux... Je suis restée au lit toute la journée... je n'ai pas encore osé

me regarder Comment trouvez-vous ma

robe ?

ANATOLE

Délirante.

MADAME DESPANS

Et Caroline?

LA GRANDE DAME. i85

DUFLOS

Elle n'en a plus que pour deux heures à sa toilette.

MADAME DESPAl^rS.

DufloSy VOUS êtes toujours injuste.

DUFLOS

c'est que c'est vrai aussi.

LES PRÉGlÉDEirSy MADAME SAITfT-HIPPOLYTE.

MADAME SAINT-HIPPOLYTE

Il ne fait pas clair ici.... Bonsoir Zoé, vous êtes mise à merveille, ce soir, ma chère... Estce toujours Victorine (i)?

(i) Couturière en grande réputation.

i86 LA GRANDE DAME.

MADAME DESPANS

Toujours. Vous aimez cette nuance?

MADAME SAINT-HIPPOLYTE

Charmante.

MADAME DESPANS

Vous aurez beaucoup de monde ce soir?.

Comment va Mélanie?

MADAME SAINT-HIPPOLYTE

DufloSy il ne fait pas clair ici...

Ma chère amie, j'ai envoyé chercher les lampes de ma chambre à coucher.

MADAME SAINT-HlPÏ>OLYTE.

Toujours au dernier moment... {J. madame Despans) Mélanie^ ma chère, était hier toute

chagrine.... Nous y avons dîné avec Anatole... Elle n'est pas non plus raisonnable.

MADAME DESPANS

Elle devrait être si heureuse! Alfred est si bon.

MADAME SAINT-HIPPOLYTE

Qui , Alfred ? le colonel ?

MADAME DESPAirS.

Quel colonel ?

MADAME SAINT-HIPPOLTTE.

Mais Alfred est l'agent de change?

madame' despans.

Comment? {^Duflos y Anatole ^ Alphonse^ vient aux éclats.)

Elle est bien bonne celle-là.

i88 LA GRANDE DAMF.

Ah ! messieurs , un peu d'indulgence.

ANATOLE

Ah ! vous voilà bien heureux , vous allez encore faire des calembourgs, des jeux de mots...

vous voilà dans votre centre Taisez-vous

donc, Duflos.

nUFLOS.

Il faut avouer quç c'est bien drôle... c'a m'amuse... Êtes-vous comme moi, Alphonse?

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