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» posé, dit-il enfin, je m’oppose à ce toast » ( grand tumulte). Vous aurez plus tôt fait, » gentlemen , de m’écouter et de voter en- M suite contre moi. (Le président insiste en- » core pour réclamer l'ordre.} On propose » la santé de sir Francis Burdett; gentlemen, » le titre de ce meeting est triomphe de » Westminster, pureté d’élection. Le triomu P he de Westmister! Oui, dans l’origine, » ce fut un triomphe de porter sir Burdett »> en. dépit de là maudite aristocratie qui » l’entoure aujourd’hui ; de le porter gratis » sur les épaules du peuple jusque dans le » sein du parlement. Que nous promit-il » alors? D’emporter la réforme parlementaire » ( cfteers ). Gentlemen.,, enfans à cette épo- » que, vous ne pouvez vous la rappeler; mais »j’cn appelle à vos pères! n’était-ce pas là » le pacte entre sir Burdett et nous? A-t-il » gardé sa parole ? A-t-il protégé nos droits? » A-t-il défendu les droits des freeholders à » 40 schcllings (. héar , hear )? Gentlemen ,
» M. O’Connel est ici présent; s’illaisse glis- » ser cette occasion!... Aujourd'hui, j’ai serré » la main de M. O’Connel (cheers)l M. O’Con- » nel a désavoué qùelques expressions qu’on § lui avait imputées et que je trouvais mal » sonnantes, et portant atteinte à ma répu- » tation. J’ai dit à M. O’Connel que je lui ji tendrais la main s’il désavouait ces expres- » sions, il l’a fait; et j’ajoute maintenant » que je n’aurais pas pris sa main, même « après cette rétractation , s’il n’avait été w chassé par l'honorable chambre ; si nos sa- » ges communes n’avaient fait cette grossière *> injustice à M. O’Connel, je le répète, je » n’aurais pas voulu condescendre h lui ser- » rer là main » ( hruyans éclats de rire).
Nous ne suivrons ni l’attaque de Cohbet , ni la réponse de Hobhouse , qui avait pour lui l’assemblée presque entière ; ses sarcastiques allusions finissant en injures amères déversées par flots sur Cohbet , rencontrèrent la plus complète sympathie. Le
SCENES rom, AIRES
toast en l'honneur de sir Francis est bu , et l’on propose celui de Daniel O’Connel , et des catholiques de la Grande-Bretagne. « Puisse leur émancipation des incapacités civiles devenir une source de force pour le paysf et assurer la prospérité et le -bonheur de l'empire! » • <
M. O’Connel s’avance alors sa milieu des theers, des applaudissent èns répétés du meeting. Son discours, plein de force et d’élo- 1 quence, provoque à chaque instant de nouvelles marques bruyantes d'approbation* Il se joint de toute sapuissanceau souhait du toast; puisse l’émancipation des ca tholiquesdevenir la force du pays, la sécurité et la prospérité de l’empire au loin ! C'est parce qu’il en attendait ces heureux effets, plutôt encore que pour relever ses coreligionnaires opprimés , qu’il a si long-tems combattu pour l’émancipation. « D’autres avec moi ont em- » bi assé la cause du peuple, fait le bien de » leur pays-et en même teins le leur; quant à
EN IRLANDE. 3i5
» moi, j’ai réussi pour ma patrie et échoué » pour moi-même ( cheers ). C’est une suite » naturelle de ma persévérance désintérêt » sée dans cette lutte. Mais les chambres >* des lûrds et des communes d’Angleterre ». sont descendues de leur dignité en con- » centrant toute leur vengeance sur moi. »
O’Connel continue- k se réjouir de l’adoption d’une mesure qui met fin à l’oppression d’une contrée -et au pillage de l’autre. <t La » controverse théologique est maintenant » terminée , la religion est libre , la con- » science libre , et si quelque homme auw jourd’hui proclame son changement de foi, » vous ne pourrez plus douter de sa sincé- >t rité (éeoutez, écoutez). Nous commen- » çons une nouvelle ère nous élançant d’un » nouveau point de départ ; ne vous étonnez » donc pas si j’explique devant vous mes » opinions et mes vues politiques , les dé-* » veloppant pour la première fois à un au?
» ditoirp anglais. Je me présente devant
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» vous , frères Anglais , comme un réforma- » leur et un réformateur radical.» (Bruyantes et longues acclamations auxquelles Cobbet se joint de toute la force de ses poumons. )a A la première question que vous m’ayez » faite , compatriotes , je réponds que je suis
» ami d’une réforme radicale Non d’une
» révolution , mais de la réforme qui doit » rendre la révolution inutile. » Ses principes ne sont pas engourdis , ils ne périssent pas en pensées enfouies et mortes , mais s’exhalent en paroles et en actions pleines de vie. Il en appelle au peuple pour l’aider a les manifester. Il a ouï dire que les Anglais étaient gens de sens droit , et cependant le propriétaire d’une tour ruinée sur une hauteur , de Old Sarum , dispose de deux votes à la chambre des communes , comme et pas plus qu’une vaste , opulente et intelligente cité , telle que Westminster. Après quelques observations de la même nature et un brillant éjoge du
F.N TOLANDÊ.
peuple anglais, O'Connel passe h la situation de l’Irlande. «On a parlé ce soir des freehol- » ders h 4<> schcllings. J’avais d’abord pensé » qu'une partie d'entre eux pouvait être sa* » cri fiée h l’avantage du reste de la com- » munauté; je veux dire ceux dont les baux » sont à termes courts. Depuis ce teins j’ai » été voir nos électeurs paysans de plus près. « C’est moi qui ai eu l’honneur de les met- » tre à l’épreuve , et j'ai trouvé leur dé- » vouement à la cause de la liberté civile » et religieuse digne des plus brillantes pé- » riodes de l’histoire. Je souhaiterais que » les plus hautes classés de la société imi- » tassent la vertueuse indépendance des pau- » vres mais honnêtes freeholders à 4o schel- » Kngs ( cheers ). La clause qui prive de » leurs droits ces héroïques , ces magna> » nimes électeurs , travaillera le bill d'é- » mancipation comme un cancer rongeur, » comme une gangrène continuelle, jusqii’k » ce que le peuple en ait coupé et retranché
SCÈNES fOPULAIRES
» celte partie cori*ompue ( cheers ) . Les mi- » nistres peuvent penser qu’en faisant passer » cette mesure, ils ont renversé de fond en » comble la cause de la liberté en Irlande ; » mais ils sè trompent eux-mêmes. Il y avait » dansle comté de Clare six mille freeholders >> à 40 schellings, dans quinze jours il y aura » trois mille freeholders à xo livres sterling » prêts à donner au reste de l’Irlande un » exemple, que le reste de l’Irlande brûlera » de suivre {cheers). Si le peuple anglais sup- » porte avec patience la destruction desfran- » chises des électeurs à 40 schellings de l'Ir* » lande, avant peu il la verra s’étendre aux » électeurs à 4 ° schellings de l’Angleterre; » Après avoir abattu ceux-là , on passera à » d’autres ; nous verrons rayer de6 listes les » freeholders à 10 livres , à ao , à 5o, jusqu’à » ce qu’enfin les pairs, ne voulant plus s’as- » treindre à de fastidieuses formes pourmeuh bler la chambre basse du Parlement, se conn tenteront d’envoyer un écrit signé de leur
» main , là-bas , à M. le président , le priaut » d’admettre MM. tels et tels comme leurs » représentans dans la chambre des commu- » nés ( cheers ). » O’Conneldécrit ensuite lord Eldon comme un homme qui songe à sa conscience et pleure, regarde sa bourse et doute (on rit); il amène comme contraste le tableau de la conduite et du caractère de son ami, l’illustre Burdett {cheers). « Sir » Francis n’accordait pas d’abord un si vif « intérêt au sort des catholiques d’Irlande ; » mais il est allé parcourir les vertes cam- » pagnes de mon pays, il a vu ses habitans » paralysés sous l'opression funeste qui fai- » sait de l'île entière un séjour de misère , a «t changeait en malédictions tous les biens » prodigués à cette eontrée; alors il est de- » venu notre ami. Ses travaux politiques » l’ont rendu cher à tous les Irlandais. Nos n matrones et nos jeunes filles envoient h au ciel des prières pour son bonheur; et >• nos torrens , avec leur voix de tonnerre ,
SCÈNfiS POPUI.AlhES
» crient aux échos de nos montagnes :
» Longue vie à l’illustre Burdett! ( cheers ). » M. Cobbet a bien voulu condescendre au- » jourd’liui à me donner la main (rires).
» Mais quand je rentrerai à la chambre des » communes, nul honnête homme ne con- » descendrait à presser la mienne, si je ne » combattais avec énergie pour la liberté de » conscience des hommes de toutes classes, » sans acception de couleur ou de situation, (une voix de la foule : <« Les Juifs et tous »)
» si je ne m’opposais au monopole soit pour » de petites corporations, soit pour l’exé- » crablc système de la compagnie des In- « des; si je ne m’opposais à cette liberté de » commerce bâtarde qui fournit librement m des objets de luxe au riche, et rend cher » aux pauvres un mauvais pain, etc.» L’honorable orateur termine en disant que le peuple se plaindrait avec raison si ses représentai n’appuyaient vigoureusement ses prières pour line réforme, mais qu’il doit
savoir que ses représentans ne peuvent rien pour lui sans lui.
Nous allons suivre M. O’Connelen Irlande où il reprend toute la liberté vagabonde de son éloquence au milieu d’un auditoire si admirablement en sympathie avec lui, et nous laisserons le meeting de la Couronne et de l’Æncre se terminer au sein du tumulte, des cris, des vociférations ; tandis qu’au bruit des verres et des pots, s’écoulent ceux des convives qui ne sont pas couchés sous la table.