MADAME PARENT, LA BONNE ET L'ENFANT
MADAME parent. — Je n'ai voulu parler de rien devant mon mari, mais je ferais que c'est VOUS qui avez fait ve- nie la <nrarde.
t. \ BONNE. — Fallait -il vous laisser assassiner?
madame PARENT. — Ne parlez pas si fort , je ne Suis pas sourde, Dieu merci.... Le joli effet que ça a dû produire^ dans la maison , tous ces militaires !
LA BONNB. — Une autre fois je saurai ce que j'aurai à faire... \u surplus \ a moyen, si vous n'êtes pas contente...
MADAME PARENT. — Qu'est-ce que c'est?... parce que je vous fais une observation, vous me jetez les paroles au nez, et \ous nie mettez le marché à la main!
LA BONNE. — Il n'y a pas de marché là-dedans.
madame parent. — Pardonnez-moi. Je \ois avec chagrin que \oiis ne serez pas meilleure envers vos maîtres cette annéeci que l'autre.
l'enfant. — Maman, pourquoi (pie la garde n'a pas emmené petit papa ?
m \ i > \ M I : PARENT. — Parce que votre petit papa ne l'a pas mérité : on n'emmène que les i^ens qui le méritent... le ne sais, à présent, à quelle heure nous allons déjeuner.
la bonne. — Quand vous voudrez.
madame parent. — Comment , quand je voudrai... Ah ça,
vous plaisantez ?
labonne. — Non, madame, je ne plaisante pas... Hunorine
est dans la cuisine qui le fait , le déjeûner. madame parent. — Qui ça, Honorine?...
la bonne. — C'est ma sœur Honorine.
madame parent. — Je ne me rappelle pas lui avoir dit de
venir, à votre sœur.
LA bonne. — Non, madame, mais je croyais... (On sonne.) madame parent. — N'oubliez pas de dire ce que monsieur
vous a recommandé, qu'il n'y est pour qui que ce soit.