LES MÊMES, MADAME DEVAUX, MADAME
DUBOULOZ.
MADAME m.\ alx. — C'est encore moi.
madame parent. — Encore ! c'esi un mot de reproché, ma-
dame.
madame de\ \i \. — Je \ous amène madame Dubouloz, pe-
tile voisine, qui vient FOUS souhaiter la bonne année. MADAME PARENT. — Ali! madame, c'est bien aimable de
votre part; voulez-vous permettre... ( Les deux daines
t'embrassent.) Anus avez tout l'air de bien vous porter,
madame?
MADAME DEBOULOZ. — Oui, madame; et vous aussi? madame DEVAUX. — Elle se porterait bien autrement si son
mari voulait rire raisonnable... Tiens, regarde donc ce
trésor qui vient t'embrasser, marne Dubouloz. MADAME DUBOULOZ. — Oh! le bel enfant! MADAME DEVAUX. — Kl de l'esprit! Si tu savais, il en est
pétri, ce beau souverain d'amour*.
iJ.\iA\T. — Bonjour, madame; vous souhaite une bonne
année M IDAME PARENT. — Si vous vous en occupez, madame, il va
vous tourmenter.
MADAME DEVAUX. — Est-ce qu'il peut jamais tourmenter
personne, un chéri d'enfant pareil? viens m'emhrasser,
vieux trésor; et dire que je n'ai jamais pu en avoir! MADAME Di BOULOZ. — Voilà pour les petits garçons qui sont
bien sages.
* Historique.
l'enfant. — Oh! tiens, maman, la belle petite boîte, qu'il y
a tout plein de bonbons dedans.
madame parent. — Avez- vous remercié madame? l'enfant. — Oui , maman.
madame parent. — Je ne l'ai pas entendu. madame devaux. — Tu m'avoueras qu'on n'est pas plus plein
d'esprit; viens, que je te dévore, vieux séraphin ! A propos,
faut que je vous montre quet'chose , ma petite voisine...
Comment trouvez-vous ça ?
madame parent. — Ah ! que c'est joli ! oh ! la jolie étoffe ! madame devaux. — J'ai deux robes comme ça pour mes
petites nièces.
MADAME PARENT. — C'est bien distingué.
madame DUBOULOZ. — Je dis que c'est trop beau pour des
enfants.
madame devaux. — Laisse-moi donc tranquille , tu ne seras
pas fâchée de voir tes filles avec.
madame parent. — C'est charmant.
madame devaux. — Et puis , c'est pas les robes de tout le
monde, pas vrai?
madame parent. — C'est bien joli.
M U)AME DEVAUX. ■ — Je leur donne avec ça deux capotes en
taffetas, et M. Devaux des boucles d'oreilles. Dame, rYsl
pas tous les jours le premier de Fan.
MADAME DUBOULOZ. — Tu finiras par les rendre coquettes,
les nièces.
madame devaux. — Ma foi , tant pis, c'est leur affaire. Ah!
ça, faut nous en aller, marne Dubouloz. L'ENFANT. — Maman, n'est-ce pas, qu'elle est bien gentille,
ma bonbonnière?
madame PARENT. — Oui, mon ami... Quoi! mesdames, vous
partez déjà?
MADAME DUBOULOZ. — Bien maigre nous, madame. MADAME PARENT. — El vous ne voulez rien prendre?
LE PREMIER DE L'AN. r, I
MADAME dcbouj.OZ. — Bien obligée, j'ai pris chez ma sœur. m nfant. — Quand j'aurai plus de bonbons, m'en redonne--
ras-in encore . «l*s bonbons ?
MADAME PARENT. — Vous devenez indiscret , monsieur , je
n'aime pas cela.
MADAME DEVAUX. — (.'est de son âge, oui, cher trésor, on
t'en redonnera , on t'en redonnera toujours ; viens me
baiser des deux entés.
MADAME PARENT. — Vous êtes trop bonne, vous voyez qu'il
en abuse.
MADAME DEVAUX. — Hein! vieux amour! Comme ça, petite
voisine, \mis trouvez mes cadeaux jolis? MADAME PARENT. — Très-jolis, de bien bon goût. m LDAME DEVÀUX. — J'ai tâché de ne ressembler à personne. MADAME PARENT. — Vous avez réussi on ne peut mieux. MADAME DEVADX. — Ah ça, pas de cérémonies, restez chez
çons, faites votre petit train train. A cinq heures, la soupe
sur la table: si \uus n'arrivez pas h temps, nous mangerons
tout, tenez-vous pour avertie.
MADAME PARENT. — Nous ferons en sorte de ne pas nous
mettre dans ce cas-là ; à revoir , mesdames. L'ENFANT. — Adieu , madame Devaux.
MADAME DEVAUX. —■•Adieu, vieux amour d'enfant, ouvre la
bouche et ferme les yeux, (l'.lle introduit un bonbon
dans la bouche de l'enfant.) L'ENFANT. — Merci , bonne Vaux- Vaux.