MADAME PARENT, L'ENFANT, LA BONNE
L'ENFANT. — Tu me la remettras dans la petite armoire, ma
petite bonbomère, pas vrai, maman?
MADAME PARENT. — Je vous avais défendu, monsieur, de
jamais rien demander au monde; vous avez l'air d'un petit tvuckciijc; ii ! que c'est laid!
l'enfant. — Non, petite maman, puisque...
madame parent. — Voilà une visite dont je me serais bien passée, surtout au moment de m 'habiller j cette manie Devaux n'en fait jamais d'autres.
la bonne. — Et vous vouliez la retenir , encore !
madame parent. — Par politesse , je n'en pensais pas un mot.
l'enfant. — J'en aurai bien soin, bien soin, de ma petite bonbonière.
madame parent. — Mon Dieu ! que voilà un enfant qui me rend nerveuse , avec sa bonbonière ; mais laisse-moi donc en repos, vilain monstre !
la BONNE- — Faut pas que madame oublie , quand elle sortira, de me laisser de l'argent.
madame parent. — Et pourquoi faire, de l'argent?
la BONNE. — Pour toutes les étrennes qui vont encore venir.
madame parent. — Et quelles sont donc toutes ces étrennes qui vont encore venir?
la bonne. — Dame ! madame, je ne sais pas.
madame parent. — 11 faut donc être, aujourd'hui constamment l'argent à la main, c'est insupportable, à la fin. Je ne donnerai plus un sou, j'en suis bie% fàcbée... Monsieur Léon, je vous ai déjà défendu de vous rouler ainsi sur tous les meubles, vous allez tout vous abîmer... Ab! mon Dieu! .n'entends-je pas frapper ?
la bonne. — Oui , madame.
madame parent. — Qu'est-ce qui peut nous venir encore?
LA bonne. — Sans doute pour les étrennes, qu'on frappe.
m \ dame parent. — Vous direz que je n'y suis pas.
LE PRF.M1KR DE L'AN. 343