SCÈNE H
LES MÊMES, CLÉMENCE
clémence. — Qu'estrce qu'elle a donc à crier, la portière, que non:: salissons ses escaliers?
MADAME SAURIN. — C'est de n'y pas faire attention; cette femme est une grossière dont nous allons être bientôt débarrasses.
CLEMENCE — Elle prétend qu'on peul faire beaucoup moins d'embarras <'ii déménageant.
MADAME SAURIN. — Elle serait peut-être pour que l'on emportai ses meubles dans ses poches.
clémence. — Apparemment.
MADAME BACHELIER. — Je suis sûre qu'au fond elle est bien
fâchée de vous voir partir.
MADAME SA1 r.t\. — Singulière façon de le faire voir, en nous
faisant soi lises sur sottises !
clémence. — Pour mon compte., je ne la regretterai guère. madame SAURIN. — il fui un temps , cependant , où vous
trouviez un grand charme dans sa société. clémence. — Moi, madame?
MADAME SAUBJN. — Vous passiez vos journées dans la
loge.
v.i . — C'est elle , au contraire , qui m'arrêtait tontes les fois que j'allais en commission.
MADAME SAURIN. — l'our savoir ce qu'on faisait chez moi , les vilaines unis!
MADAME BACHELIER. — Il faut souffrir ce qu'on no peut empêcher.
madame SAURIN. — Les commissionnaires ont-ils brisé beaucoup de choses, jusqu'à présent?
clémence. — Non, madame, pas trop.
madame saurin. — Et qu'ont-ils brisé?
clémence. — Je n'en sais rien , mais ce serait bien possible.
madame bachelier. — Est-ce que vous ne vous êtes pas adressée à l'entreprise des déménagements ?
madame saurin. — Je m'en serais bien gardée.
madame bachelier. — Et pourquoi?
madame saurin. — Par rapport à mes bois de lit.
madame bachelier. — Peut-être avez-vous eu raison.
madame saurin. — Vous sentez que toutes ces voitures sont le rendez-vous de toutes sortes de vilaines choses qui s'attrapent.
madame bachelier. — Je n'y faisais pas attention , j'avais parlé sans réfléchir.
CLÉMENCE. — Madame a-t-elle besoin de moi?
madame saurin. — Non , vous pouvez faire encore un petit
voyage. Vous voilà aux anges, aujourd'hui, vous qui aimez tant à aller et venir.
clémence. — Oui, madame.
madame bachelier. — Si je pouvais vous être de quoique utilité ?
madame saurin. — Je vous suis bien obligée , le plus fort est fait.
madame rachelier. — Ce sera comme vous voudrez, à votre commodité.
madame saurin. — Vous êtes mille fois trop bonne. Où est Pyrame?
clémence. — Avec M. Gustave.
madame saurin. — C'est bien. Qu'emportez-vous là ?
LE déminai ment. 355
1 m'mence. — Le petil cabarel de porcelaine à madame.
MADAME surin. — Je vous le r© 'oinniande comme la prunelle de vos yeux.
clémence. — ï a pas de danger.
MADAME saurin. — J'espère, madame Bachelier, que vous bons ferez l'amitié de venir nous voir dans notre nom eau logement?
MADAME BACHELIER. — Avec grand plaisir, madame ; mai» je ne vous dissimulerai pas que je suis désolée de vous voir partir.
MADAME SAURIN. — Il le fallait.