LES MÊMES, MADAME LANGLET, MADEMOISELLE OLYMPE LANGLET
MADEMOISELLE OLYMPE. — Bonjour, madame.
madame SAUBIN. — Comment , c'est vous, mesdames, qui osez venir me voir dans mon fouilli!
MADEMOISELLE OLYMPE. — Nous ne savions pas que re fut aujourd'hui votre déménagement, sans cela...
madame saurin. — Mon Dieu, mesdames, que je suis contrariée de vous recevoir ainsi ! Clémence!
clémenci . — Madame?
MADAME saurin. — Cherchez donc des sièges à ces dames.
MADAME BACHELIER. — Si ces dames voulaient venir se reposer chez moi?
MADEMOISELLE OLYMPE. — TOUS êtes bien bonne, madame; nous ne comptons rester ici qu'un instant.
madame sadhin. — El M. Langlet, mesdames?
MADEMOISELLE OLYMPE. —Mon père est au Pnlais. Je ne
vous as aussi avancée dans voire déménagement ,
madame.
madame saurin. — .!< devais effectivement ne le commencer que vers la fin de la semaine prochaine; mais l'apparie-
.r.fi SCÈNES POPULAIRES.
mont que je prends se trouvant libre , j'ai préféré ne pas larder davantage.
mademoiselle OLYMPE. — Vous avez fort bien fait, madame: lorsqu'une chose me tourmente , je cherche au plus vile à m'en affranchir. Maman n'est pas de même; elle a tort.
MADAME bachelier. — C'est toujours ainsi que l'on devrait faire.
mademoiselle olympe. — Sans cela , vous prolongez vos ennuis à l'infini ! Êtes-vous satisfaite de votre nouveau logement, madame?
MADAME saurin. — Nous sommes plus grandement.
mademoiselle olympe. — C'est beaucoup. Vous étiez un peu à l'étroit dans celui-ci.
madame SAi'Rix. — Je doute néanmoins que nous restions long-temps où nous allons entrer; mais j'étais si fatiguée de courir les appartements, j'en avais tant et tant vus, des nids à rais, devrais trous! et tout cela à des prix fous, que j'ai arrêté le premier qui s'est présenté.
mademoiselle olympe. — Après en avoir rencontré qui vous convenaient davantage peut-être?
madame saurin. — Oh! certainement. Mais les uns étaient trop élevés, les autres mal éclairés; la maison, ou mal habitée . ou sur un trop grand pied ; bref, j'ai pris celui-là comme étant encore un des moins laids et des moins incommodes.
madame bachelier. — On ne se loge pas à Paris comme on veut.
madame langlet. — Et arrangez cela , on bâtit de tous les côtés.
madame bachelier. — Et les logements sont hors de prix.
MADAME i.amilet. — Le payez-vous cher , votre logement?
MADAME sai FRIN. — Fort cher, oui, madame.
M\l»l vioiSEU .E OLYMPE. — Je suis bien fâchée; j'en avais un
I i Di \|! \\(,l MENT. -1.-.7
charmant à tous proposer, celui de madame (lard; n'estpas, maman?
madame sadrin. — Madame Cterel déménage? Elle quitte le sien .'
MADEMOISELLE OLYMPE. — A la fin du mois, elle va rejoindre sou mari a Besançon.
MADAME ! LNGL1 i. — <:<■ nVst pas là, je crois, qu'elle va.
MADEMOISELLE OLYMPE. — J<' te demandé bien pardon, maman, c'est à Besançon.
MADAME SADRIN. — Toujours son appartement de la rue Tiquetonne?
MADEMOISELLE OLYMPE. — In logement ravissant!
madame SADRIN. — Je n'ai jamais beaucoup aimé celle ruelà.
MADEMOISELLE OLYMPE. — Et si bien distribué ! si bien décoré !
MADAME SADRIN. — Y.\ la maison?
MADEMOISELLE OLYMPE. — Très-propre, très-bien lenue , supérieurement habitée. — Toutes personnes comme il faut.
M IDAME SA! KIV — D<- quel prix est-il?
MADAME L.WGLET. — Mais de Oll/.e à douze Cents francs , je crois.
MADEMOISELLE olympe. — le te demande bien pardon, maman ; il est de huit à neuf cents.
madame sadrin. — Et je paye I" mien quinze cents! Il me reviendra à près de dix-sept cents, tout compris, à la vérité,
madame bachelier. — C'est une grande différence.
madame saurin. — Combien de pièces chez madame Cla-
ret ?
MADEMOISELLE OLYMPE. — La salle à manger d'abord. MADAMi sadrin. — Pas d'antichambre?
MADEMOISELLE OLYMPE. — Pas d'antichambre.
35S SCÈNES POPUfcAIRES:
MADAME SAURIN. — Je n'aime pas ça. Vous êtes à table, vous avez du monde, on vous tombe sur le dos; c'est fort ennuyeux.
CLÉMENCE. < — C'était comme ça dans mon premier service.
MADAME saurin. — Qu'est-ce que c'est, mademoiselle, de venir toujours vous mêler à la conversation? Je vous avais dit d'aller au nouveau logement ; jamais vous ne faites ce qu'on vous dit
CLÉMENCE. — J'ai resté dans le cas que madame aurait de besoin de moi.
madame SAURIN. — Vous vous êtes trompée. Vous direz à monsieur que les dames Langlet sont ici.
mademoiselle olympe. — Nous ne comptons rester avec mis qu'un moment, madame.