UN VOYAGEUR, UN AMI
l'ami. — Je crois que vous aurez du soleil sur les midi. LE VOYAGEUR , fermant son parapluie. — Je n'en sais
rien , le temps cependant a l'air pris pour toute la journée. l'ami. — Où êtes -vous placé?
le voyageur. — Sur la banquette.
l'ami. — C'est la place la plus agréable; on a de l'air, au
moins.
le voyageur. — Je me passerais bien du brouillard de ce
malin.
l'ami. — Pas moi ; ça aura abattu la poussière. le voyageur. — Je vais un instant au bureau : vous ne
partez pas encore?
l'ami. — Non; je veux vous voir monter en voilure. [Le
royageur entre au bureau.)
I \ PETIT GARÇON DE SEPT A HUIT ANS; LE PÈRE; LA MÈRE , tenant un enfant dans ses bras; EN I tCONNU.
LA mère. — Ltes-vous sûr , au moins, que nous allons bientôt partir!
le pehe. — Certainement, puisque les chevaux sont à la voitures
la mère. — Que je suis fatiguée... Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit.
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le père. — Et moi donc ! Tu dormiras dans la voiture.
la mère, --i Avec un enfant sur les bras, n'est-ce pas?
LE PÈRE. — Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse... Allons, monte. (La mère se place dans la rotonde. \
LE petit garçon. — Papa , je voudrais bien aussi y aller , dans la voilure.
le père. — Monte... et laisse-nous tranquilles.
l'inconnu. — Dès que vous serez arrivés, tu auras de nies nouvelles.
le père. — Donne-moi le passeport.
l'inconnu. — J'allais l'oublier... le voici... On ne te le demandera peut-être pas... ce ne serait que dans le cas...
le pere. — Est-ce là tout...
l'inconnu. — Voici cent francs qu'elle m'a donnés.
LE père. — Tu n'as que ça?... Donne; qu'on ne te voie pas avec moi.
l'inconnu. — Adieu... Quand nous revenons-nous?
le père. — Oui... quand.
l'inconnu. — Adieu.
le père. — Jamais ici .. je l'espère bien. (L'inconnu s'éloigne, le père monte en voiture.)