UNE PARENTE , UN AMI , UN VOYAGEUR
la parente. — Théodore, tu nous écriras, n'est-ce pas? Tu
n'oublieras pas de voir les Duret?
LE VOYAGEUR. — Sois tranquille.
l'ami. — Où es-tu placé?
LE VOYAGEUR. — Dans la rotonde.
l'ami. — C'est la meilleure place... Tu diras à M. Bore] qu'il
nous envoie de nouveaux échantillons.. . Bien des choses à
Dufour, à Magnien, à tout le monde. Tu as ma lettre? •LE voyageur. — Dans mon portefeuille.
LA parente. — Si tu vois Félicité , lu lui diras ce que je l'ai
dit relativement à Cabiran.
UN VOYAGE m DILIGENCE. 1..!)
LE VOYAGEUR. — Qu'est-ce qu'on attend ? les cliovaux sont depuis deux heures à la voiture.
l'ami. — Tu as ton manteau, n'est-ce pas? •VAGEL'R. — Oui, dans la voiture.
l'ami. — Il ne fait pas froid de jour, on ne peut pas dire qu'il fasse froid ; mais les nuits sont froides... Tu auras la complaisance, n'est-ce pas, de remettre toi-même la note a M. Demandes?
le vcn luGl DR. — Aussitôt arrivé.
LA parente. — J H diras aussi à Félicité que tout ce qui est arrivé c'est bien par sa faute, que si elle avait bien voulu...
l'ami. — Vous arriverez demain?
le voyageur. — Après-demain. . . Deux jours et deux nuits..
L'AMI. — Oui! tiens, c'est vrai; de bonne heure même... J'ai fait cette roule -là trente fois au moins, je ne me rappelle jamais...
i \ PARENTE. — Et à Sophie, si tu la vois chez son oncle, bien des choses : tu lui diras qu'elle m'écrive.
LE voyageur. — Je vais un peu \oir au bureau où sont mes efleK // entre au bureau.)
l'KIlRIElî , GIRAUD, PLUSIEURS VOYAGEURS.
PERRiER. —Tiens!... vous y 'là, M. Giraud?
GIRAUD. ■ — C'est vous, M. Perrier... Vous parlez aujourd'hui? Je ne vous savais pas à Paris.
perrier. — Comme nous voyez.
girai i>. — Je suis bien aise d'être avec vous; quand on est comme ça d' connaissance... Et votre frère?
PERRIER. — Mais merci... Il est resté, lui... vous savez, il ne peut guère quitter; il en faut toujours un de nous deux à l.i maison... Nous sonmii s trois de cjjpz nous |->-haut.
GIRAUD. — Qui donc ça? où donc qu'ils sont?
PERRJER. — Ils étaient la tout à l'heure. .. Il \ a d'abord M. Lefèvre.
giraud. — Bah! M. Lefèvre est avec vous?... Et puis qui
encore avec ?
perrier. — Le fils Bourdin... le fils Pécoux. giraud. — Tiens, tiens, tiens... Et vous êtes venu a Paris
faire vos bamboches, vous, farceur? chercher une femme? perrier. — Oh ! pas ici tout d'même ; elles ne voudraient
pas de moi.
giraud. — Pourquoi pas... Allez, ici c'est comme partout...
il y a du bon et du mauvais : c'est une loterie... Ah, le fils
Bourdin est avec vous ?
perrier. — Mon Dieu, oui.
giraud. — Et sa sœur, comment s'en est-elle tirée avec son
mari ?
perrier. — Dame! Elle s'en est tirée que l'père Bourdin a
tout remboursé.
giraud. — Ah ça! combien sont-ils donc encore de ces
Bourdins-là?
perrier. — Ils sont encore... deux garçons et trois demoiselles, en comptant celle qu'est mariée.
giuaud. — Oui-dà... J'ai vu un temps, moi, que ces gens-là
étaient si bien! Je vous parle de quand ils ont commencé à
faire bâtir. Tenez, rappelez-vous ce que je vous dis là,
M. Perrier, c'est une fortune qui s'en ira en os de boudin. perrier. — Je n'voudrais pas avoir à donner ce qu'ils ont à
payer là-dedans.
giraud. — iNi moi... Comme ça vous n'êtes pas fâché de
vous en retourner?
perrier. — C'est-à-dire oui et non... Je suis fâché sans l'être.
{La conversation n'offre rien de bien remarquable
jusqu'à V arrivée du fils Bourdin.)