‹ Scènes populairesChapitre 98 sur 201 · MADAME BERGERET, UNE VOISINE · texte numérisé non relu

MADAME BERGERET, UNE VOISINE

MADAME BERGERET, purifiant SCS cluutssures — H y a

de c'te crotte aujourd'hui dans c'Paris, que c'n'est, en vérité, pas pour dire.

LA VOISINE. — Oh î oui , qu'il y en a de c'te vilaine crotte. Oites-donc, madame Bergeret, vol' médecin n'est pas encore UMIU ?

madame bergeret. — Pas encore ; il ne peut pas tarder, c'est approchant son heure ; comment qu'ça va, vous, à ce matin?

LA voisine. — Mais, merci, à la douce; j'ai toujours mes tiraillements d'estomac, je veux bien présumer que c'n'est pas l' ver solitaire , puisque rien ne s'est présenté jusqu'à présent; mais bien sûr j'ai quet'choso dans mon estomac, et j'veux voir \ot' médecin quand il sera ici ; je veux le consulter là-dessus.

madame bergeret. — Eh ben ! c'est dit, on vous préviendra dès qu'il sera arrivé; mais entre/ donc une minute, marne Madou ! Parbleu ! vous n'êtes pas si pressée?

i \ \'»isine. — C'est-à-dire j'suis pressée sans l'être, j'suis pressée el je oe la suis pas; je suis pressée si vous voulez; si que j'ai laissé ma porte tout contre.

MADAME BERGERET. — On n'entrera pas chez vous tant que \oiis resterez là, n'ayez pas peur. Je ne vous engage pas à entier dans l'autre chambre , c'est une infection?

r.A voisine. — .('vous crois sans peine, comment est-ce que va M. Lasserre ?

22o SCÈNES POPULAIRES.

madame Bergeret. — Je ii'vous dirai pas, je ne l'ai pas encore vn d'aujourd'hui , j'arrive; je ne sais si cYsi qu'il est mort ou si c'est qu'il est vivant : tout ce que je sais, c'est qu'hier au soir, quand je suis donc partie, il n'allait pas fort ; faut croire, voyez-vous, qu'il saura assoupi c'matin, que je ne l'entends pas. Il va une chose, manie Madou, à considérer, c'est qu'c'est un coffre usé, il n'y a pas grand'huile dans la lampe ; et puis c'qui l'étouffé, c't'homme-là , c'est la méchanceté; il est si méchant, d'un si méchant! que c'est, en vérité, pas pour dire.

LA voisine. — Il était pourtant si hou enfant quand il se portait bien , il ne souillait jamais mot à personne; et honnête qu'il était ! il vous aurait salué un enfant dans les escaliers.

MADAME BERGERET. — C'était de la fausseté; moi, voyezvous, je reste ici parce que c'est M. Chapellier, qu'est donc son médecin, qui m'a fait avoir ce malade-là, sans ça, est-ce que vous croyez que je resterais bonnement ici , au mal que j'ai, pour dix piètres sous par jour? oh! non, par exemple !

la voisine. — Dame ! le pauvre cher homme n'est pas fortuné.

madame bergeret. — Quand on est pas fortuné , ina pauvre manie Madou, il ne faut pas avoir d'amour-propre, on va n'a l'hôpital ; là on est bien forcé de vous guérir.

la voisine. — Dans ce bas monde , on ne fait pas toujours c'qu'on veut.

madame bergeret. — On fait ce qu'on peut, je sais bien. Dites-donc, à propos, est-ce que ça n'serait pas M. Pcguchet que j'viens d'voir en officier, dans les escaliers ?

la VOISINE. — Oui, probablement; il est de garde aujourd'hui

madame rergeret. — 11 est donc aussi officier, celui-là?

la VOISINE. — Bon Dieu ! oui ; est-ce que tout le monde ne

l'est |k«s ; c'est là précisément sa brouille avec le propriétaire.

MADAME BERGEBET. — Ils no se fréquentent donc plus?

la voisine. — Ali ! benoui , s'fréquenter, bien mieux qu'ça, ils s'exècrenl : quand j'dis qu'ils s'exècrent , j 'n'entends pas dire par là que c'est par rapport à M. Vassal, qu'est le meilleur îles humains, la crème de son sesque; mais c'est sa femme, quand j'dis sa femme, c'est sa femme, voyezvous, ( avec intention) du côté gauche. On parle des femmes mauvaises, en v'ià une de femme qu'est mauvaise, »t menteuse, et gourmande, et fausse; elle a toutes les qualités. Il faut qu'elle sache tout , d'abord c'qu'on fait dans la maison, et quand n'y arien, elle invente. Il est bon d'vous dire qu'elle ne fait œuvre d'ses dix doigts toute la sainte journée ; v'Ià ce qu'elle fait : elle se plante le derrière sur une chaise, en d'dans de sa porte, et crac, sitôt qu'elle entend quel' chose dans les escaliers, la v'Ià aux aguets.

MADAME BERGERET. — Oui dà ! Eh bon j'm'en serais doutée, je ne descends pas de fois les escaliers que je n'ia rencontre; elle est toujours à faire celle qui nettoyé son paillasson : j 'm'ai dit d'suite, toi t'es t'une curieuse, tu n'vaux rien.

LA voisine. — Moi, je ne l'appelle que marne Bribri, à défaut d'son nom quejen'connais pas, et que je ne veux pas connaître. Eh bien! pour vous en finir, elle en veut a la mort à manie Peguchet

MADAME BERGERET. — Pourquoi donc ça?

f. \ VOISINE. — Parce que marne Peguchet, dame, c'est tout naturel , c'te petite femme qu'est mariée , elle , elle ne s'rait pas flattée défaire sa société d'eune femme qui vit avec un homme.

MADAME BERGERET. — Ça tombe sous l'senp.

la voisine. — Qu'est-ce que fait l'autre? elle en dit des

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horreurs : qu'elle n'est pas mariée, est-ce que je sais, moi, que c'est des banqueroutiers, et ça, partout, chez l'épicier, chez la bouchère, de tous les rôles.

MADAME BERGERET. — Yo\ ez-YOUS ça !

la voisine. — Lui, de son côté, M. Vassal, qu'aurait aussi été heu aise, par amour-propre, d'être officier, quand j'dis ben aise, pas pour lui toujours, car il n'a pas de volontés à lui, l'pauvre «lier homme, mais pour faire plaisir à sa madame, qui lui a persuadé que comme propiétaire ça lui revenait de droit d'être nommé officier, que non pas M. Peguchct.

madame bergeret. — Oui , c'est toujours les riches qui veulent tout avoir.

LA voisine. — Qu' ça menait a la croix d'honneur, etpatati, et patata: enfin , si bien que deux hommes qui devaient mourir ensemhle, qu'étaient les meilleurs amis du monde, qui n'faisaient qu'un , comme deux cœurs dans une même culotte; toute c't'amitié-là a été coupée dès que manie Bribri est rentrée dans la maison.

madame bergeret. — Comment donc ça , rentrée, elle en avait donc sorti?

la voisine. — Oui, certainement, parce qu'il est bon d'unis dire, manie Bergeret, que M. Vassal l'avait priée de circuler plusieurs fois pour sa santé, pour mille et une bamboches qu'elle lui avait faites; enfin, il l'a reprise, parce que le pauvre cher homme, courir à l'âge qu'il a... et puis il n'est lias heureux quand il court... ('n'est qu'pour ça qu'il s'est remis d'avec.

MADAME BERGERET. — Vous v'iiez de m'éclairer , manie Madou, elle n'a pas l'air d'y loucher quand on la voit. L'autre jour elle passait d'vant la porte cochère , elle disait à la portière, manie Desjardins: J'vasàla boucherie, vonlez-vous qu'tchose? c'était pour la trahir après...

la VOISINE. — Comme c'est joli, la propiétaire qui fait telle qui fait la boucherie d'sa portière! Moi elle ne peut pas m'sentir.

MADAME BERGERET. — Vous aussi ?

r.A VOISINE. — Oui. moi lussi, parer que, voyez-vous, il est hou d'vonsdire, manie Bergeret, <pi'il y a environ deux mois i'ça, ou a enlevé à M. Laserre un petit cellier qu'il avait à la cave. Des que je l'ai appris chez la portière, j'ai dit «pie c'était l'infamie des infamies : que ("savais qui qu'en était l'auteur , et que c'n'élait bien sûrement pas une femme honnête. Ça n'a pas manqué de lui être reporté, je ne ['disais qu'pour ça,

madame bergeret. — Vous avez fait c'que j'aurais fait moi-même à rot' place. Elle vous a donc dit des sottises?

LA voisine. — Des sottises! non, elle n'en dit jamais, pas si bête : el pois OB lui en répondrait, c'est ce qu'elle ne veut pas; maisje l'ai su parleur chien, Cette pauvre petite bête, il \ 'liait toujours dans ma chambre, il me f'sait toutes sortes de caresses; à présent dès qu'il m 'voit , il ne m 'souffle pas l'mot, il passe sans me rien dire, roide comme un soldat aux Gardes. J 'm'attends à être aboyée un d'ees matins.

madame BERGERET. — Eh bien! foi d'femme honnête, j'vous jure que c'te femme-là m'a toujours eu l'air bien mauvaise, bien mauvaise. Dites donc, à propos, est-ce que ce monsieur Peguchel n'est pas un peu?...

la voiSi.NE. — t n peu quoi?

MADAME BERGERET. — Vous m'entendez bien.

LA voisim:. — CaiïisnieV

MADAME BERGERET. — Oui.

la voisine — Monsieur Peguchet?

MADAME BERGERET. — Oui... un peu.

la voisine. — oh ! heu oui, carlisme ! C'est lui avec l'épicier . M. Tremollot , qu'a fait la première barricade de

mit' rue... Ah ! ben oui! lui? carlisme ! 31. Peguchet? Beu du contraire, il méprise heu trop les prêtres pour ça !

madame bergeret. — Excusez... moi j'avais cru entrevoir...

LA voisine. — Vous avez mal entrevu.

MADAME bergeret. — Moi , ce n'est pas encore tant Charles X que je méprisais que son frère Louis XVIII. Ah! par exemple, celui-là... de tout mon cœur. Je n'ai jamais pu lui passer, et je ne lui passerai jamais, le massacre des chevaux café au lait de l'Empereur.

la voisine. — Comment , comment ? les chevaux café au lait?

madame bergeret. — Les chevaux du Sacre, enfin.

LA voisine, avec indignation. — Les chevaux du Sacre ont été massacrés! c'est Louis XVIII qui les a massacrés! On a donc massacré les chevaux du Sacre ?

madame bergeret. — Mais donnez-moi donc l' temps d'vous expliquer la chose : vous v'ià comme une soupe au lait que vous allez réveiller monsieur. Quand j'vous dis que les chevaux du Sacre ont été massacrés, c'est vrai, parce que leur massacre a évu lieu.

la voisine. — On les a massacrés ?

madame bergeret. — On les a massacrés ; mais je n'entends pas, quand j'vous dis ça, prétendre que c'est Louis XVIII en personne qu'a fait ça. Parbleu ! c't'homme qui n'pouvait pas s'traîner, n'a pas été, avec un grand sabre, massacrer toutes ces pauvres bêtes; et puis, toutes bonnes qu'elles étaient , elles ne s'auraient pas laissé faire , elles s'auraient r'vengées !

LA voisine. — Je les r'connais bien là, par exemple. madame bergeret. — Quand l'Empereur a donc été trahi, ça n'a pas été facile de l'remplacer ; ils ne savaient tous plus comment faire , alors ils ont été s'adresser à Louis XVIII. Fh ben! il a eu la petitesse, Louis XVIII, car c'est de sa part une bien grande petitesse, de répondre

ces paroles : Je ne remettrai jamais te pied dans (a France que quand j' verrai tes têtes des chevosux café

au (<iit du Sacre.

i \ VOISINE. — Despauvres bêtes qu'on aimait tant!

MADAME BERGERET. — Et qui ['méritaient ; car, certes, elles le méritaient. Je les vois encore comme je vous vois, moi, ces p. un les petites bêtes, avec leurs petites plumes blanches mii' leurs petites tètes; comme elles n'étaient pas lier es dans leur position, comme elles saluaient le peuple; tenez, je les \<>is encore, elles faisaient comme ça avec leurs petit* s têtes. (Eiie imite te mouvement des (êtes des clievau r café au (ait.)

la voisine. — Tenez, j'en ai un poids d'eent livres sur l'estomac, de ce que vous v'nez de m'dire là.

MADAME Rergeret. — .J'vous crois bien, d'autant que j'ai évuça assez long-temps aussi... Si bien donc que quand on l'a débarqué, pour not' malheur, à Calais, Louis XVIII, qu'on a même coulé son gros pied sur un bronze, et que ça n'y est même plus, heureusement ; mais ça y a été; il a demandé les tètes des chevaux café au lait , c'est la première chose qu'il a demandée : Je veux voir tes (êtes des chevaux café an (ait. Tout de suite on les a apportées toutes, dans plusieurs paniers, à la vérité, mais on les a apportées.

LA voisine. — Et dire qu'on n'a pas pu y rien faire!

madame bergeret. — Comme c'est mesquin! Aussi quand j'voyais passer Louis XVIII, je d'meurais alors dans le faubourg du Roule, que j'y étais portière, et toujours il passait par là, jamais par la place de la Révolution. Dès que j'apercevais le bout du nez du premier cheval de son escorte, je sortais de ma loge tout doucement, tout doucement, et savez-vous c'que j'faisais ?

LA voisine. — Pas encore.

madame rergeret. — Je m'plantais sur l'trottoir, et quand

il était d'vant moi, je m'haïssais comme pour... vous m'entendez bien... on n 'pouvait rien m'dire, j'aurais répondu, fière comme Artaban : Ça vienl de m'prendre. Via c'que j'faisais, je n'en ai jamais fait d'autres tout L* temps qu'il a été sur l' trône : et ça , toutes les fois que je m'rencontrais avec lui : le tout pour l'humilier. Bien des personnes comme ça m'ont dit : Mais vous avez tort, manie Bcrgeret, vous finirez par vous compromettre. J'ieur z'y répondais froidement : Ce que j 'fais là, je l'ferais sur l'échafaud, tant j'étais montée.

la voisine. — Vous étiez comme... exaltée.

madame r.r.RGERET. — Pire que ça encore... Quand je pense que tout ça n'aurait pas évu lieu si l'Empereur s'avait voulu tenir tranquille.

LA voisine. — Oh ! bien sûr, que si il n'avait pas évu autant d'ambition ; car c'est bien sa trop grande ambition qui l'a perdu et nous avec.

madame beiigeret. — Vous n'y êtes pas du tout, vous, marne Bergeret. Son ambition, il la fallait son ambition pour faire diminuer le sucre et les cafés, qui étaient hors de prix, et que les Anglais ne le voulaient pas. C'n'est pas pour son ambition que je lui adresserai jamais des reproches.

LA voisine. — Il est vrai qu'on n'pouvait pas approcher ni des cafés ni du sucre , que c'était hors de prix ; auilleurs qu'en Angleterre , à c'qu'on disait dans ce temps-là , ils en donnaient aux cochons.

madame BERGERET. — C'est très-vrai ça, on me l'a encore rapporté ; mais ce n'est pas tout , la voilà, la chose. L'Empereur, comme vous, comme moi, comme tout l'monde , avait fait des bêtises, comme tout l'inonde en a fait, comme j'en ai l'ail , comme vous avez pu en faire , manie Madou ; mais quand on a l'bonheur d'avoir eune Joséphine, voyezvous , cime Joséphine pour son épouse , on doit se t'nir

tranquille, voilà ce qu'on doit faire , et c'est ce qu'il n'a pas fait. Si c'était 90D tempérament qui voulait qui s'en

aille d'avec elle, il avait assez de moyens pour ne pas manquer de trouTer... \<uis m'entendez. Si c'était un lils qu'il réclamait pour m couronne , il en avait m\; car, si à cette époque-là il avait seulement voulu suivre mes conseils, je ne me suis pas cachée pour le dire, et ça en plein Champél\sée> : lu \eux un (jarçon , adope Eugène. Il n'y avait rien d'beau comme Eugène en Guide.* Eh ben ! non; je n'ai pas seulement été écoutée, et il a épousé qui? une Autrichienne, une belle chute, qui depuis a épousé un maréchal-des-logis-chef, dans son pays.

LA VOISINE. — La femme à l'Empereur !

madame bergeret. — La femme à l'Empereur , l'Autrichienne, bien entendu, une intrigante; moi, quand j'ai appris que c'était fini avec Joséphine, j'avais le cœur qui m'tournait, voyez-vous, qui m'tournait comme à mon premier enfant ; je ne voulais pas rester dans la loge; mon mari était en journée ; si j'avais aussi bien évu ce jour-là sous la main quelqu'un pour me tirer mon cordon , j'n'en aurais fait ni une ni deux, j'aurais volé, toute femme que j'étais, j'aurais volé tout d'suite à la Malmaison , j'aurais été pleurer avec Joséphine, mêler mes larmes avec les siennes.

LA voisine. — Toute femme l'aurait fait à votre place, marne gereL

MADAME LERGERET. — Ça lui a bien réussi aussi à c'pauvre Empereur , (pie tout depuis son divorce y a tourné , et s' m autrichienne, sauf le respect que j'vous dois, pour ne pas s'donner la peine de saluer le peuple, elle avait dans sa voiture, qu'elle faisait partagera l'Empereur, un - gomme élastique; elle donnait un petit coup

s ment de chasseurs à cheval de la garde impériale commandé éral ( efévre-Desnouettes.

v>8 SCENES POPULAIRES.

dessus avec son derrière, et crac, le peuple était salué. J'vous dis, elle n'a jamais voulu s'donner le moindre mal pour la France ; tandis que l'autre, pauvre Joséphine ! c'était comme une procession de Paris à la .Malmaison, tout l'inonde voulait la voir après son divorce. (La voisine et la garde malade fondent en larmes. )

LA voisine. — Tenez, marne Bergeret , c'est des bêtises que d'être comme ça pour des choses qu'on ne r'verra jamais.

madame BERGERET. — Qu'on uer' verra jamais? Je m'attends , marne Madou, à des grands changements... Écoulez une chose... que ça ne sorte pas de nous deux...

LA voisine. — Je le jure sur la tète de mon aîné.

MADAME bergeret, s' approchant de la voisine avec le plus grand mystère. — L'Empereur n'est pas mort.

la voisine. — Laissez donc !

madame bergeret. — Il doit nous arriver un de ces jours à la tête de trois cent mille nègres.

LA VOISINE. — Je le croirai quand je 1'verrai.

madame bergeret. — J'ose me flatter de vous mettre un jour à même de le voir, sans trop présumer de mes forces.

LA VOISINE. — Enfin, ça serait bien ce jour-là le plus beau de ma vie; mais renvoyez-moi donc, que j'ai mon ménage à faire. Je resterais là toute la journée.

madame bergeret. — Je ne Vous retiens pas, j'\as faire mon déjeuner.

LA voisine. — Eh ben ! n'a revoir, marne Bergeret : vous m'avertirez pour le médecin ?

madame bergeret. — Oui ; tout de suite qu'il s'ra venu j'suis chez vous.

LA VOISINE. — Eh ben ! c'est convenu. (Elle sort.)

MADAME BERGERET. — Mon dieu î rien d'fait à c'te heure ici. . . faut qu 'j'allume mon fourneau pour mon déjeuner, que j'meurs de faim, [tille chantonne.)

LV c.ARDL MALADE.

Je m'en vas vas vas Je m'en vas de— dé Je m'en vas dé-dé

Je dé-dé-jeù-né né, J' m'en vas dé - jeu - — ner.

<>>> entend le malade tousser dans la pièce voisine.)

madame BERGERET. — Il paraît que ça o'sera pas encore pour

aujourd'hui.

le malade, d'une voix éteinte. — Madame Bergeret..

Madame Bergeret.

MADAME BERGERET. — Comme c'est ragoûtant d'avoir affaire

avant son déjeuner à un grai Honneur pareil. le malade. — Madame Bergeret, êtes-vous-là ? madame bergeret. — Oui; après?

il MALADE. — Pouvez-vous v'nir un instant... madame Bcr-

gerel ?

MADAME BERGERET , dans ie haut de sa voix. — On y va !

(à pari) vieille bête ! * (Elle sort.)

LA CHAMBRE A COUCHER

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