‹ Schelling. Écrits philosophiques et morceaux propres à donner une idée générale de son système. Traduits de l'allemandChapitre 42 sur 89 · CLY · texte numérisé non relu

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la vie, à ce milieu vivant, dont il a été parlé plus haut ; c’est de retourner à son origine et de remonter successivement les degrés de son développement. Autrement, il s’arrête immobile au terme de sa course, ou il s’égare à poursuivre une fausse originalité et tombe dans la manière et le mauvais goût. En vain dira-t-on que le beau existe, puisqu'il a été réalisé par les grands maîtres , qu’il n’y a rien de mieux à faire que d’imiter leurs chefs-d’œuvre. L’art est essentiellement créateur; se résignera un pareil rôle, pour lui, c’est abdiquer. Où en seraient les grands maîtres eux-mêmes, s'ils avaient ainsi compris l’imitation des anciens ? A la place de leurs merveilles nous n’aurions quedes copies. Il faut renouveler l’art sur leurs traces, avec originalité. C’est le seul moyen de leur ressembler. Encore moins doit-on revenir aux mauvais commencements de l’art et reproduire ses premières ébauches , autre imitation qui ne fait qu’ajouter à l’impuissance et à la stérilité une affectation de simplicité. Mais il est nécessaire de se retremper à la véritable sourcede l’art dans ce milieu vivant , où l’artiste, en participation, à la fois, avec la nature et avec le monde de l’esprit, cherche à saisir le lien qui les unit, à combiner la forme et l’idée, à les fondre ensemble par un procédé semblable à celui de la nature dans ses créations. Il doit débuter par un caractéristique vrai qui , à la détermination et à la précision des formes, joigne le talent de saisir vivement l’esprit qui anime les objets , chercher à acquérir ainsi de la

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