‹ SchellingChapitre 105 sur 195 · P. 114 bas · texte numérisé non relu

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4. L'existence du continu dans le monde, c'est toute la sécurité compatible avec la diversité d’aspect et le changement continuel des choses,

Ana

‘système par une philosophie religieuse superposée à la philosophie morale.

Or, comme à beaucoup d’autres, le naturalisme de Schelling, son dogme de la divinité de la nature lui paraissaient, au point de vue moral, un scandale. Il y voyait ce qu’il y avait dans le naturalisme de la Renaissance, la justification de toutes les passions naturelles, de tous les désirs, et en même temps une sorte de mysticisme panthéiste où sombraient, dans l'enthousiasme et le ravissement de se sentir uni au grand tout, la dignité personnelle et l’effort moral. L'existence crépusculaire, équivalente au non-être qu’il accorde dans son article Philosophie et Religion au monde des êtres finis, et sur laquelle même il paraît encore revenir dans sa polémique et dans ses articles des Annales de Médecine, ne serait pas suffisante pour répondre à l’objection en offrant un champ sérieux à l’activité morale.

Pour saisir dans toute sa portée l'argumentation de Fichte, il faut savoir qu'elle vient se rejoindre à une polémique avec les catholiques libéraux de Würzburg et de Münich. A l’époque de l’entreprise de Schelling, l'expression même de philosophie de la nature ne signifiait rien moins qu'une œuvre scientifique; un préjugé fort répandu et historiquement très fondé liait étroitement toute tentative de ce genre avec une espèce de mysticisme illuminé, contraire au véritable esprit scientifique et incapable de fonder la morale?. Lisez par exemple les écrits que F. K. von Baader avait, dès avant Schelling, consacrés à la philosophie de la nature,

1. Cf. p. 174, 2 161; p. 190 sq. : L'existence de l’être fini consiste uniquement dans les relations qu'il y a entre les idées éternelles; faire du fini un être existant, c'est réaliser une relation.

2. Sur ce qu’il y a de proprement allemand dans ce mysticisme, cf. Kæber : La mère nature éternelle, toute-puissante et tout aimante, est proprement la seule divinité du peuple allemand, et c’est parler du fond du cœur allemand de nommer avec Heine panthéisme la religion cachée d'Allemagne.

3. Vom Varmestoff, 1786; Ideen über Festigkeit und Flüssigkeit, 1792 ; Ueber das pythagoreische Quadrat, écrit après la lecture des Zdeéen de Schelling. Plus près de Schelling et contre lui s'était fondé à Iéna, sous l’in-

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