‹ SchellingChapitre 106 sur 195 · NATURALISME ET RELIGION · texte numérisé non relu

NATURALISME ET RELIGION

vous y voyez avant tout une interprétation mystique des phénomènes physiques, la chaleur, âme de la terre : l'amour, lien universel des êtres!. L’ambition propre de Schelling avait été de pénétrer de l'esprit philosophique issu du kantisme ces vieilles rêveries mystiques; comme le dit un de ses admirateurs, Schelling voulut « le premier arracher la croyance à l'unité du système de la nature aux rêves des mystiques, et poser d’une façon réfléchie le principe que le monde, sous les lois naturelles, est un tout organique? ». Or, à Würzburg moins qu’à léna, on pouvait comprendre cette synthèse. La philosophie critique n’y avait eu que fort peu d'influence; Schelling remarque dès le début la difficulté qu’il avait pour amener ses étudiants au point où ils étaient à léna *; il fut obligé de leur faire sous le nom de « Propédeutique de la philosophie » un cours d'histoire des systèmesi. On comprend donc que, ignorant l’élément philosophique des œuvres de Schelling, les libéraux bavarois ne voulurent y voir qu’un pur mysticisme qui arrêtait le développement du rationalisme, et mirent dans leurs attaques Schelling, le « sophiste, le grand prêtre de la raison, le continuatcur des Rose Croix », sur le même pied que l’ « obscurantisme » des Jésuites. Salat, professeur du lycée de Münich, Weiller, directeur du lycée, Berg, professeur d'histoire ecclésiastique à Würzburg, un singulier type d’arriviste qui met en pratique la maxime de « se conduire suivant tous les préjugés et d’en rire en secret », écrivent contre lui des pamphlets, et les amis de Weiller arrivent à exclure des programmes de l’enseignement officiel la philosophie de Schelling”®.

fluence du profond physicien Ritter, un groupe de naturalistes qui voulaient transposer les activités de la nature dans l’ordre spirituel et moral et fonder la morale sur la physique. (Spenlé, Novalis, p. 203.)

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