‹ SchellingChapitre 107 sur 195 · K. Fischer, p · texte numérisé non relu

K. Fischer, p

L’attitude de Schelling trahit l'embarras autant dans sa conduite que dans ses écrits. Contre l’exclusion de sa philosophie, il commença par opposer fièrement ses propres droits à ceux du gouvernement (lettre au curatorium de l’université); mais, après un blâme sévère du prince, 1l revient à résipiscence, et s’il continue à parler, à propos de ses adversaires, de capucinades et de persécution des jésuites, il fait le plus grand éloge du gouvernement bavaroïs. Le même désarroi se montre dans ses réponses à Fichte. L’entassement des arguments ad hominem, le mépris qu'il affecte pour ces sortes d’objections, comme l'importance qu’il y attachera plus tard, nous persuadent qu’il n’est pas alors en état d'y répondre.

Pour le moment, il se contente d'indiquer l'insuffisance spéculative de la morale vulgaire, de la morale de Fichte fondée sur le sentiment du péché et la notion de mérite. Cette morale part, en effet, de l'existence d’un mauvaisprincipe, d’un diable opposé au principe divin, alors que l'élément non divin n’a aucune existence dans l’univers. Ce spéculatif à outrance veut voir les origines de cette morale non dans un sentiment, mais dans une vision déformée du monde, où tous les êtres sont représentés déchus de leur véritable existence dans l’absolu!. Quant aux objections, il les accepte d’un cœur léger, et particulièrement celle de mysticisme (Schwärmerei) ; à cette époque, ilcommence à lire avec passion l'œuvre de Jacob Bæœhme et des autres mystiques, de cette lignée de penseurs, dont il reproche ici à la philosophie officielle d’avoir depuis plusieurs siècles étouffé Les productions ?,

SIV. — Schelling à Münich.

Dans la position mitoyenne que la philosophie de la nature avait entre la science et l’illuminisme mystique,

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