Du moins après l'introduction à partir de p
pa (RATIONALISME ET LIBERTÉ. 195 mais c'est la nature qui se réduit à l’histoire, ou qui du moins s'explique par elle; en elle, la vraie philosophie doit retrouver les activités idéales qui se manifestent dans l’histoire, le cœur, l’esprit et la volonté!, ou du moins comme la préfiguration prophétique de ces activités.
L'affirmation de la liberté humaine, principe du mal et du bien, de toute la vie morale et religieuse, est-elle conciliable avec la philosophie de l'identité?
En généralisant la question, on peut se demander si et comment un système rationnel de l’univers peut se concilier avec l'existence de la liberté. Le système qui est, de nature, un et nécessaire, n’exclut-il pas la liberté? Mais alors il n’a plus d'intérêt humain. Faudra-t-il rompre cette unité au profit de la liberté? L’on aboutit alors à une espèce de pluralisme analogue à celui de Fichte, où il y a autant de principes que de moi humains : il est sans valeur spéculative*.
On reconnait ici la grande alternative qui, depuis Kant, domine la philosophie: rationalisme (c’est-à-dire croyance que l'univers est un système pénétrable à la raison) et nécessitarisme sont solidaires ; la liberté est un facteur irrationnel qui vient troubler l’enchaînement nécessaire. Doit-on résoudre ce conflit en choisissant l’un ou l’autre, par exemple, suivant une tendance si répandue de nos jours, qui était déjà dans le Kantisme et se retrouve chez Schopenhauer, en affirmant, par une sorte d'intuition immédiate et vivante, la réalité profonde et essentielle de la liberté, tandis que la nécessité n’est qu’une façon de voir les choses, l'aspect qui convient à l'entendement humain, et que la matière à laquelle elle s'applique n’est qu'une espèce de résidu laissé par lui dans les choses? Il ne peut être question d'un pareil choix pour l’absorbante philosophie postkantienne. Peut-on le résoudre encore, comme le fit autrefois Schelling, à la façon spinoziste, qui identifie la liberté avec la nécessité du principe