‹ SchellingChapitre 116 sur 195 · RATIONALISME ET LIBERTÉ · texte numérisé non relu

RATIONALISME ET LIBERTÉ

panthéisme est fatalisme. C’est sous cette forme que Schelling prend le conflit et qu'il essaye, dans une introduction tout à fait distincte de l'exposé au point de vue du style et de la méthode, d’en diminuer, autant qu'il peut, l’acuité !. Sur le premier point il remarque que c'est le théisme traditionnel qui en posant une puissance infinie en face de l’être fini contredit manifestement la liberté, que c’est même le goût passionné de la liberté qui a conduit tant de mystiques au panthéisme?. Au surplus, et Schelling entre dès maintenant dans le vif du sujet, puisqu'il va être question de l'interprétation même de ses propres principes, le panthéisme n’absorbe nullement l'individu en Dieu. Il montre qu’en effet, chez Spinoza, il y a opposition entre la substance infinie et le mode fini, et que l'être fini ou affection, c’est-à-dire la substance modifiée d’une certaine façon, est aussi différente de la substance prise absolument que la monade de Leibniz l’est de Dieu.

Reste sa propre formule : l'identité du fini et de l’infini. On sait comment, dans la période précédente, son souci principal était de montrer la fécondité de cette formule ; il distinguait pour cela un sens analytique, où le prédicat ne fait que répéter le sujet, et un sens synthétique, où le prédicat et le sujet se pénètrent et se définissent l’un l’autre ; l'identité signifie alors cette Loi qui en effet est le moteur de toute la philosophie de la nature, d’après laquelle on retrouve toujours l'infini dans le fini, et le fini dans l'infini. En langage kantien, la question était celle du rapport du concept et de l’intuition#; le concept est-il enfermé nécessairement dans son idéalité sans pouvoir se manifester? L'intuition estelle de son côté privée de tout sens intellectuel? L'identité absolue affirme au fond, en ce sens, qu'il n'y a au-

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