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eune intuition qui ne soit déterminée par un concept, aucun reste ou excès en quelque sorte. Ici Schelling ne rejette pas moins l'interprétation analytique (d’après laquelle sujet et prédicat sont une seule et même chose); mais la copule logique prend un autre sens; elle signifie que l'être qui est désigné par le sujet de la proposition est le même que celui qui est désigné par le prédicat; seulement il est dans le sujet à l’état enveloppé, dans le prédicat à l'état développé ou explicite; la proposition est donc l'énoncé du développement, dans une sorte de fond identique et indéterminé, du producteur ou du Grund au produit. Un organisme quise développe, une pensée dont les idées d’abord confuses se précisent, voilà les images du rapport qui unit le sujet au prédicat. On voit que ce rapport, s’il implique une dépendance quant à la génération, suppose une indépendance quant à létrel.
Tant que l’on fait de l’ordre intelligible et transparent à la raison le caractère foncier de l'existence, il est impossible d'arriver à la véritable liberté. Sans doute, comme l’a montré l'idéalisme, l’ordre intelligible et rationnel dans les choses est bien et ne peut être que le fait de l'esprit; en ce sens l'esprit s’y meut par ses propres lois; il y est par conséquent indépendant et libre. Mais cette liberté spirituelle est une notion purement formelle; la véritable liberté est non seulement pouvoir de l’ordre et du bien, mais pouvoir du désordre et du mal. La volonté du mal, idée chère au luthéranisme, est en effet quelque chose d’aussi indépendant et positif que celle du bien; elle n’est pas réductible, comme le voulait Leibniz, à la simple imperfection métaphysique inhérente aux créatures. Si donc il est positif, et si le seul caractère de l'existence c’est l’ordre, d’où pourrait-il venir?? Est-ce d’une espèce de dégradation naturelle et spontanée de l’ordre? Mais elle n’a aucune