‹ SchellingChapitre 118 sur 195 · LE PROBLÈME DU MAL · texte numérisé non relu

LE PROBLÈME DU MAL

origine assignable, pas plus que n’en aurait une faute

volontaire, si l’être est identique à l'ordre. Donc l'idéalisme qui détruit la nature, qui nie tout autre chose que l'ordre spirituel parfait, ne peut nullement expliquer la réalité du mal!.

Le problème est donc celui de l'existence positive du mal, non pas occasionnel, dérivé, apparent, résultant d'un désordre purement subjectif qui vient de ce que l’on ne voit pas l’ensemble des choses, mais le mal inhérent, consubstantiel à la volonté humaine.

IL faut bien remarquer que l'attitude de Schelling reste spéculative : ce n’est pas un sentiment d'horreur, ni un désir religieux de libération qui l'animent, mais la volonté de mettre son système en harmonie avec le fait de la liberté.

L'idée maîtresse et nouvelle de cette philosophie, c’est de considérer toute existence comme le résultat ou le sommet d’un devenir qui va d'un Grund, fond d’existence encore indéterminé, par une série de séparations, jusqu’à l'existence intégrale, explicite et ordonnée?. Mais il faut entendre ici devenir en son sens propre. Nos habitudes mécanistes nous amènent en effet à résoudre le devenir en une série successive de faits, dont le coeffcient d’existence, pour ainsi dire, est identique ; il n’y a pas là véritablement passage de ce qui n’est pas à cee qui est, mais passage d’un être à un autre être. Or, s'il est vrai que l'observation extérieure ne nous donne que des existences, il est douteux que le devenir véritable puisse être saisi en dehors du devenir psychologique ; là seulement on voit la pensée obscure devenir claire}, ou la passion, aux germes presque invisibles, s’expliciter peu à peu. Mais c’est la conscience mystique qui saisit avec le plus de délicatesse les jaillissements de l’incons-

2. Le passage de la philosophie de l'identité à ce nouveau système est préparé par l'importante note logique analysée plus haut.

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