Cf. p
200 LE PROBLÈME DE LA LIBERTÉ. à fl
cient, qui constituent la vie consciente; pour elle, tout est révélation et manifestation, dans l'inconscient se préparent, s’accomplissent déjà la chute vers le mal comme l’action divine de la grâce qui s’épandront dans l’activité consciente.
C’est donc en termes psychologiques, que s'exprime cette théorie; et c’est dans la conscience mystique, telle que l’a dépeinte en particulier J. Boehme, qu’il trouve le modèle du développement cosmique tout entier.
Mais une remarque est nécessaire : le devenir n’est pas
pris comme un absolu. Bien plus, dans l'absolu il n’y a pas de devenir. En Dieu, il y a pour aïnsi dire contact immédiat du Grund à l’Existenz, non pas passage graduel et sériaire. Le devenir est au contraire analysé, puis posé comme une synthèse. Isolez les deux éléments qui se compénètrent en Dieu, supposez le Grund obscur entièrement privé de la lumière de l’existence, vous pourrez alors considérer le devenir comme la ligne qui les joint. En Dieu, c’est l'éclairage total et subit de la masse du Grund; dans le devenir c’est l'éclairage progressif. Mais de ces deux éléments l’un indique le point de départ du devenir, l’autre non pas le point d'arrivée (qui est le Grund entièrement pénétré de lumière), mais le point idéal où tend le devenir.
+ Le premier de ces éléments, le Grund, est privation d'ordre et de lumière, privation de conscience; mais comme, d’après l’analyse ci-dessus, il doit évoluer, il est aussi comme le pressentiment de l'unité qui ordonne et de l’ordre de l’entendement. Le Grund naturellement n'est pas perceptible dans les choses; pour l'atteindre, remontez de l’existence visible au germe de plus en plus enveloppé, et privez par la pensée l'être de son ordre intelligible; le résidu, c’est le Grund, l’arrière-fond de l'existence.
Schelling déclare hardiment que ce Grund n’est pas une
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