LE THÉISME
dans la forme très âpre de la discussion qui va jusqu'à
l'injure (faussaire, calomniateur, sycophante, etc.).
Jacobi avait à Münich une haute situation sociale et mondaine qui n’était pas sans exciter quelque peu la jalousie de Schelling!. Malgré un accueil amical, la mésentente se produisit dès le début. Le 16 juin 1806, Baader écrivait en effet à Jacobi : « Un long entretien spirituel avec Schelling me donne espoir que je pourrai encore servir de trait d’unionentre lui et votre Altesse?. » Et, dès 1807, Jacobi annonce à Fries l'écrit polémique qui ne paraîtra qu’en 1811. C’est sans doute cette circonstance qui fait qu'il n’a tenu aucun compte, dans l'exposition de la pensée de Schelling, de l’article de 1809 sur la Liberté. On concoit la joie de Schelling devant l'injustice évidente d’une attaque aussi mal menée.
Si sa réponse # renferme peu d'idées nouvelles sur la doctrine même, il nous ouvre des horizons sur le côté pratique de la question qu'il agitait. Les trois articles fondamentaux du théisme en effet : l'existence d’un Dieu créateur, d'un homme libre, et d’une union finale de l’esprit avec Dieu (telle est la manière dont Schelling l’expose; on voit combien il est différent de la religion de la raison), ne sont pas seulement des vérités spéculatives. Le théisme « répandu sur toute La partie cultivée de la terre, consolidé par des institutions divines, par les usages, les mœurs et les lois, est le système de l’humanité, la croyance officielle de toutes les constitutions où résident la justice et l’ordref ». Le serment et bien d’autres obligations sociales reposent sur la croyance à des êtres invisibles”. Sil’athéisme ne peut être persécuté,
1. Cf. Lévy-Bruhl, La philosophie de Jacobi, Paris, 1894, p. 228.