‹ SchellingChapitre 130 sur 195 · LAS AT LENS AA ANS · texte numérisé non relu

LAS AT LENS AA ANS

manuscrit d'article de 1812 ou 1813 sur l’Essence de la science allemande !.

Le nationalisme purement spéculatif de Schelling forme un contraste singulier avec le patriotisme pratique qui, presque dans le même temps, poussait Fichte à adresser son célèbre discours à la nation allemande. Sans doute le fond du caractère de Schelling y est pour beaucoup, mais les conditions particulières où se trouvait la Bavière contribuent à cette espèce de désintéressement. Ce pays, promu royaume par Napoléon, reste son allié jusqu'en 1813 : le parti catholique comme le parti libéral, si acharnés ennemis qu'ils fussent entre eux, s’accordent pour s'appuyer sur la France; certains catholiques comptent même sur Napoléon pour supprimer le protestantisme. L'influence française survit même à la chute de Napoléon et persiste jusqu’en 1817 ?.

Schelling n’approuve d’ailleurs jamais l’idée d’une unité politique de l'Allemagne ou du moins celle de l’unité de la constitution; son profond traditionalisme l’amène plutôt à croire que chaque pays a une sorte de droit historique à l'existence, et doit se créer à lui-même sa constitution.

Ce n’est donc pas la question de l'indépendance politique de l’Allemagne qui se pose, mais celle de l'indépendance de la pensée allemande.

L’isolement où se trouvait alors l'Allemagne, l’existence indéniable d’une philosophie purement nationale étaient choses frappantes et nouvelles : qu’on se rappelle combien la philosophie française du xvin* siècle était d'exportation facile et courante. (Ce n’est que plus tard, avec Cousin et Coleridge, qu’il aperçoit le rayonnement de la philosophie allemande). Cette empreinte nationale n'est-elle pas pour la pensée libre et philosophique une limitation ? On peut dire qu'ici se pose, une des premières

1. Article manuscrit inachevé Ueber das Wesen deutscher Wissenchaft (I, vin, 1-18) : pour la date, cf. ibid., D25: 2. K. Fischer, p. 188.

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