P. 203 sq. MES
2. P. 203 bas : «Dansla contemplation en et pour soi, il n’y a aucun sens. »
3. Cf. sur ce point le Dialogue sur le monde des esprits, T, 1x, p. 40: « Il est bien pour l’âme de pouvoir regarder comme dans un miroir ce qu’elle a senti intérieurement par une manière d'intuition divine. »
4. P. 285, il se plaint du manque de concepts intermédiaires en philosophie.
a en lui une force égoïste qui fonde sa personnalité. Mais est-il égoisme ou amour? se donne-t-il ou se refuset-il?
Nécessairement l'un et l’autre, c’est-à-dire qu'il est égoïsme, qu'il est amour, et qu’il est à La fois égoiïsme et amour!. Au point de vue que nous avons appelé idéaliste, nulle contradiction : mais Dieu existe, et dans l'existence du moins, ces principes sont exclusifs l’un de l’autre. D'autre part ils sont également originaires, et ont par conséquent un égal droit à l’existence. IL y a là une contradiction manifeste qui est nécessairement l’origine d’un premier mouvement ou devenir, le devenir qui pose alternativement chacun d’eux. L’affleurement simultané à l'existence est remplacé par un ordre de succession ?. Mais quel ordre? On sait que l’Étre manifesté et développé, suivant un principe dont l’origine est certainement en Fichte, n’est posé que parce qu’ilse pose et se veut lui-même. Tout vouloir a quelque chose de magique, de créateur; mais cette volonté implique que l’être manifesté n'existe pas encore; ce qui est donc primitif, c’est le non-être, non au sens de néant, mais au sens aristotélicien de privation; c’est le germe où est recueillie, enveloppée toute la force divine. L’Étre (das Seyende) ne saurait d’ailleurs être primitivement; pour être en soi, pour être plus qu’un tableau à plat, il doit s'opposer à sa propre négation. Le deuxième terme est l'être luimême, le terme affirmatif. Le troisième est l’unité des deux premiers ?.
Mais la prétention à l'existence de chacun de ces termes est égale, aucun n’a de raison de céder à l’autre. Le premier doit donc renaitre après le troisième, et le procès recommence à l'infini. Le devenir se recourbe donc en un cercle, où il n'y a ni hiérarchie ni commencement ni fin : cette roue du devenir a son image dans la nature