‹ SchellingChapitre 140 sur 195 · LE CERCLE DU DEVENIR · texte numérisé non relu

LE CERCLE DU DEVENIR

végétale qui va de la graine à la plante pour revenir à la graine !.

Or ce n’est pas là ce que voulaient ces puissances : en effet, elles voulaient, elles veulent toujours être; mais elles ne sont que pour être supprimées : s’il n'y a d'être que définitif, elles ne sont pas ; elles se consument dans un désir à jamais insatisfait?.

Ce qui fait leur malheur, c’est leur égale et aveugle prétention à l'être. Il ne peut finir que par une renonciation, mais par une renonciation commune et totale (car il n’y a pas de raison de favoriser l’une plus que l’autre) à cette prétention.

Le renoncement ne peut être amené par un pur et simple désir de non-être, mais seulement (et ceci est conforme à la mystique chrétienne) par le désir de l'existence d’un être supérieur. Se renoncer, c’est devenir l'organe d'une volonté supérieure, l’être (Sein) où elle qui est (das Seyende) se manifeste et se réalise.

Mais ce terme supérieur ne se trouve pas dans la nature; pour échapper au cercle du devenir, il faut donc renoncer à soi au profit de l’être « sans nature », c’est-àdire l'être libre de tout désir, de toute nécessité, par là même de toute réalité. — Mais cet être est le néant? — Qui, mais comme la volonté qui ne veut rien, et qui est bien en effet le but où tendent tout mouvement naturel et tout désir : la fin du désir c’est de ne plus désirer, c’est la simplicité absolue et sans différence : c’est là le pur esprit, la divinité, la surdivinité (Uebergottheit) à laquelle aucun prédicat ne convient, ni la bonté, ni la conscience ni l'être, parce qu’elle est essentiellement tous ces prédicats?.

Il s’agit, pour Schelling, de montrer comment, par l'effet de leur libération, les éléments du devenir deviennent les germes des futures créations, cette matière éter-

Page 1