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230% mr | LES AGES DU MONDE.
nelle dont on ne peut se passer sans aboutir à l'équivoque théorie de la création ex nthilo, et qui paraît, dans les doctrines platoniciennes, indépendante de Dieu.
La libération de la vie naturelle n’est pas, pour un mystique, l’anéantissement ni la fusion en Dieu : les forces naturelles subsistent après cette libération; les éléments de son être sont les mêmes; mais tandis que, auparavant, ils se choquaient et s'empêchaient les uns les autres, ils sont maintenant en un ordre hiérarchique qui donne à chacun la place qui lui convient. Le salut ne s'opère d’une facon directe que pour les plus hautes puissances; c’est par l'intermédiaire des plus hautes, des plus voisines de l'esprit pur que les plus basses sont sauvées. Il n’en est pas moins vrai qu'il n’y a pas, dans ce salut, anéantissement des plus basses au profit des plus hautes. Tout au contraire : comme la liberté absolue est l’Étre (das Seyende) dont le sujet est la nature, la puissance supérieuré a nécessairement son siège (Bestand) dans l’inférieure.
De la même façon! la roue du devenir se rectifie en une droite dont la partie supérieure est occupée par la puissance la plus haute A3, sujet immédiat de la divinité, tandis que A? est le sujet de A°, et A Le sujet de A2.
Mais, en chacune de ces puissances, ainsi hiérarchisées, se reproduit le processus du devenir et celui du salut. La plus basse est la nature, matière du monde sensible, où tous les êtres sont d’abord enveloppés. La nature comprime en quelque sorte, tue les êtres qui se développent ; et ainsi il y a fatalement en elle un mouvement rotatoire qui va de l’enveloppement au développement pour revenir à l'état d’involution, le devenir de la graine à la plante et de la plante à la graine. Mais il y a aussi en elle un progrès hiérarchique des formes inférieures à des formes supérieures ; et les forces aveugles ne suffiraient pas à l’expliquer, si elle ne subissait, de l'extérieur, le pouvoir magique de la puissance supérieure.