LA NATURE, L'ESPRIT ET L’AME. 2 AS
Ainsi à la perpétuelle alternative de l’enveloppement et du développement, s'ajoute la ligne hiérarchique stable de l'être le plus enveloppé au plus developpé !.
De la même facon la puissance A2, la matière du monde des esprits, la puissance expansive où tout se développé ets’étale, est soumise à un mouvement de rotation où la force d’égoïté s'oppose alternativement à la force expansive. Par l'attraction de la puissance A5, la rotation fait place à une hiérarchie, où le sujet jusqu'ici continuellement nié et posé, est posé d’une façon fixe ?.
Enfin la puissance A°, matière de l’âme universelle, qui a son substrat dans la nature et l'esprit, dont elle est le lien, ne peut être libérée par aucune puissance naturelle, mais seulement par le pouvoir magique de la liberté 3.
Ainsi nait Dieu, l'être (das Seyende) qui a pour substrat (Sein) la nature. Comment expliquer autrement son existence? Si Dieu est essentiellement, il n’est plus celui qui peut être et ne pas être, qui est au-dessus de l'existence; il n’est plus liberté absolue. Cette liberté ne saurait descendre à l’être, se figer en être pour ainsi dire en restant liberté; il faut donc qu’elle emprunte son être à un terme autre qu’elle“.
La théorie de Schelling implique une analyse du devenir réel, en deux éléments. Il y a Le devenir tourbillonnaire pour ainsi dire, celui qui piétine sur place, celui qui ramène la planète à la place qu'elle occupait d’abord, qui fait de l’être le début d’un être semblable à lui, dans un retour sans fin, c’est le retour éternel qui est plutôt la mort de l'être que la vie. Puis ily a le devenir qui est progrès, progrès d’une forme inférieure à une forme supérieure, le devenir qui mène la série organique de l’animal inférieur jusqu’à l'homme.
Entre ces deux espèces de devenir, aucune continuité;
© ND bai
dans le premier, le devenir naturel, aucun germe du second. Entre le premier et le second, aucune conciliation possible : ce n’est qu’en rompant le charme magique du retour éternel que l'être peut se surmonter luimême. Mais il ne le peut par lui-même, par sa nature; il le peut seulement par une espèce d’attraction, de sollicitation d’un être supérieur à lui. Il peut alors renoncer à cette vaine affirmation de soi-même, pour se soulever jusqu’à cet être, et substituer aux formes évanouissantes du premier devenir les formes stables du second.
C'est maintenant le détail de ces formes dont il faut chercher l'origine. Comment les trois puissances de la nature, le monde visible, le monde des esprits et l'âme universelle, deviennent-elles grosses des formes qui, dans la création, jailliront à la lumière? Schelling ne fait ici, nous semble-t-il, que pousser plus loin l’analyse conceptuelle du devenir. Nous avons obtenu une hiérarchie de termes fixes, sorte de tableau, de cadre sans réalité et sans les forces qui font un devenir vivant. Mais le terme inférieur n’est pas accroché au terme supérieur comme une matière inerte, il y a entre eux des liens plus intimes, plus que des liens de contiguïté, une sorte de transfusion. Comme l'esprit inférieur, résonnant sympathiquement à l’âme supérieure, la prend pour modèle, ne peut être que son image, tend, autant qu'il est possible, à l’attirer en elle, ainsi la nature, orientée vers l'esprit, cherche à l’attirer vers elle et en reflète les formes. Mais cette espèce d’incantation magique ne se produit pas d’un coup. La nature visiblese complait à produire toutes les images possibles depuis la plus incomplète, la plus partielle jusqu’à la plus complète qui est l’homme !.
Ainsi s'établit non plus seulement une opposition, non plus seulement un contact, mais une continuité entre la nature matérielle et le monde des esprits. Plus de ces oppositions brutales entre matière et esprit; la matière