‹ SchellingChapitre 144 sur 195 · L'HISTOIRE DU MONDE · texte numérisé non relu

L'HISTOIRE DU MONDE

commence!. L'expérience nous fait donc voir que tout ètre est la victoire d’une volonté d'existence sur une volonté d'anéantissement; celle-ci est un commencement qui est rejeté dans le passé. Les puissances formidablement destructrices d’où émergea le monde des astres se sont graduellement adoucies pour la création organique?.

On dira que ces puissances du début sont aveugles, et on demandera comment elles peuvent être en même temps divines? Schelling répond qu'il y a dans toute décision absolument libre qui commence une série d'événements, quelque chose de totalement inexplicable, d’obscur à la volonté elle-mème qui en est l’auteur; telle cette décision primitive absolument spontanée et libre qui constitue le fond du caractère moral de chaque homme, et qui lui est à [ui-même complètement impénétrable. De même Dieu dans sa première manifestation, redescend dans l’obscurité *. La contingence, dirons-nous dans une formule qui n’est pas de Schelling, estirrationnelle parce qu’elle suppose la discontinuité.

Ainsi la puissance primitive, celle du passé, est la volonté d’anéantissement; celle du présent est la volonté d'existence qui repousse la première dans le passé ; etcelle de l'avenir est l’affirmation qui repose sur la négation.

Les conclusions tirées de la nature de Dieu coïncident avec l'expérience, car en admettant que Dieu semble se manifester comme liberté absolue, ilne le pourra que dans l'être développé et visible. Mais admettre comme primitive l'existence de l'être, revient au fond à ne pas le considérer comme réel, mais comme idéal : il n’a de réalité que s’il est le résultat d’un développement, et par suite la négation de l'être est l'acte primitif *.

D’après ce qui précède il est facile de reconstituer le plan qu’aurait eu cette histoire universelle : il aurait traité

. Cf. 302-309.

Page 1