‹ SchellingChapitre 145 sur 195 · ET · texte numérisé non relu

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d’abord de la puissance négative, la nature, celle où

rien n’est que germe et enveloppement; puis la puissance affirmative créatrice du monde des esprits; enfin la synthèse des deux, créatrice de la sagesse ou de l’âme universelle. Les subdivisions, conformément à l'esprit de Schelling, auraient reproduit dans chacunedes puissances toutes les autres, dans la nature par exemple, la domination de la puissance négative, correspondant à la création des mondes, celle de la puissance positive correspondant au procès dynamique, la synthèse des deux se manifestant dans l’organisme.

De ce plan, Schelling n’a exécuté ici et fort rapidement que le début de la première partie, l’origine des mondes

planétaires. Sur ce qu’aurait pu être la section sur le

monde des esprits, des manuscrits d’une époque voisine autorisent à le pressentir très incomplètement; sur le reste, il serait vain de hasarder une supposition quelconque, puisque rien ne prouve que Schelling y ait sérieusement pensé.

Mais d’abord une remarque est nécessaire sur la signification générale de cette méthode : Schelling, en cela tout à fait opposé à son disciple anglais Spencer!, va contre une des tendances que l’on prête le plus habituellement à la science moderne, celle de l’absolue unité, et en quelque façon de l'éternité des forces et des lois. Les devenirs, les événements naturels sont en quelque sorte concentrés dans la formule statique d’une loi, par exemple la cosmogonie de Kant dans la loi newtonienne d'attraction. Mais on doit se demander si cette affirmation sur les lois est compatible avec l’existence d’un devenir véritable, c’est-à-dire d’un devenir producteur. Pour arriver à combiner les deux idées, les Positivistes, les Condorcet, les Comte, à l’époque même de Schelling ont inventé l’idée de progrès, c’est-à-dire d’un devenir linéaire, sans courbure ni retour, d’une seule direction, et

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