Dans la deuxième section des œuvres complètes
3. Introduction à la Philosophie de la Mythologie (leçons I à X), et Philosophie de la Mythologie en entier.
apparaît pour la première fois dans des leçons de Münich professées d’abord en 1827 et finalement en 1836 !, tandis que les lecons d’Erlangen (1821-1829) sont encore pleines de la théorie des Ages du monde.
En ne consistent ces différences? La plus nes c'est qu’à partir de 1827, il n’est plus du tout question du devenir antérieur au monde, de cette histoire mystique dont le résultat est la vision des formes que Dieu réalisera s’il le veut.
Certes dès les Ages du monde, Schelling est en possession d’une image ou plutôt d’une expression dialectique du devenir qu’il n’abandonnera plus; tout devenir est une victoire et consiste à surmonter le passé. Dès lors, le devenir se compose de trois moments : d’abord l’existence de ce qui ne doit pas être, de ce qui par nature est le non-être; puis la lutte du facteur positif contre Le négatif; enfin le résultat final qui établit l’assujétissement du facteur négatif.
Mais à partir de ce moment se pose à lui une question qui était restée irrésolue dans les Ages du monde, c'est : quel est le sujet de ce devenir, l’être qui devient??
Le motif le plus apparent de cette question est tout extérieur : il s’agit en effet de répondre aux reproches de panthéisme d’une part, et de dualisme d'autre part; de montrer que sa doctrine restaure sur des bases nouvelles le monothéisme véritable, le monothéisme chrétien qui n’avait jamais été bien compris.
Panthéisme et dualisme, disons-nous; car ou bien le sujet du devenir est Dieu lui-même, ou bien il est distinct, essentiellement, de Dieu. Or le système des Ages du monde penchaït invinciblement du côté du dualisme : qu’est exactement, au fond, cette nature qui tend à s'affirmer, et qui librement renonce à son être pour se faire le sujet des manifestations de la liberté? Il faut dire qu’elle est autre chose que Dieu, et la faible tentative qu’il fait de la
1. Darstellung des philosophischen Empirismus, I, x, 225. 2. I, x, 215-216.
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