‹ SchellingChapitre 152 sur 195 · LP · texte numérisé non relu

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ment du conflit marquant un progrès, mais sans qu'aueun d'eux puisse jamais vaincre. Mais de ces vues assez banales, Schelling s'élève à l’idée générale de ce qu'est le mouvement de la pensée en philosophie !.

Schelling n'avait cessé de croire que la pensée philosophique est la pensée absolument libre : il précise ici : libre de tout être, de toute connaissance déterminée, de tout principe spécifique : toute position d’un être, Fichte l’avait dit dès longtemps, équivaut ou plutôt est identique à la suppression de la liberté. En philosophie, poser un être, c’est définir systématiquement l'être universel par un prédicat déterminé À, ou B, ou C. Or il faut abandonner tout espoir de déterminer ainsi le sujet universel. La philosophie commence par un acte libre de renoncement; on renonce à connaitre l'être comme ceci ou cela; il faut le prendre comme la liberté absolue qui peut devenir telle ou telle forme, mais qui en sort constamment, parce qu'il est liberté infinie?.

La pensée philosophique ne peut, ne doit se fixer en aucune formule; tout arrêt est pour elle la mort.

Mais comment connaître non seulement les formules extérieures, mais le libre devenir intérieur qui se concrète momentanément en elles? Non pas par une connaissance historique, purement extérieure (Schelling a souvent marqué l'insuffisance des méthodes philologiques dans l’histoire et la philosophie)#; mais par une conscience immédiate de cette activité. Seulement il y a ici trois difficultés, inhérentes à tout système du devenir. — Si le devenir est pure activité, je conçois à la rigueur comment je puis me laisser emporter par cette activité, comme la molécule inorganique est emportée dans le tourbillon organique, ou comme un nageur est porté par une vague; mais le fait que je suis engagé dans le devenir n’est nullement une conscience de

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