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LE MONOTHÉISME

du devenir ne s'arrête pas, qu'est le Geist véritable, non seulement l'Esprit, mais l'Esprit qui ne s'épuise pas tout entier dans les résultats de son activité, qui reste esprit, pouvoir d’un devenir nouveau, au sein de cette activité même.

Aïnsi se fonde le monothéisme. Dieu n’est ni l'Esprit pur, la source d'activité qui engendre tout (suivant la terminologie des théologiens, le Père) et qui chez les panthéistes se perd dans la totale réalisation de ces puissances, ni l'être pur tout entier actuel et étalé et qui, dans cet acte parfait, a perdu toute force de devenir nouveau (le Fils des théologiens); mais il n’est pas même l'esprit concret, celui qui, dans l'acte même, garde une puissance de devenir (l'Esprit); ces trois personnes sont plutôt la matière de la seule et unique divinité, celle dont la volonté s'exécute à travers ses trois personnes, termes du devenir divin. Dans la multiplicité successive des puissances divines, le Dieu unique émerge donc comme victorieux et maitre de toutes ces puissances ?.

Remarquez cependant que le devenir ainsi défini n'existe que dans notre pensée, non dans la réalité; je conçois un être en puissance; puis je le conçois en acte; dans mon concept, l'être reste absolument le même; Kant avait dit que le thaler réel n’est pas, conceptuellement, différent du thaler possible ; la puissance n’est pas dans le concept ditférente de l’acte, ni de l'Esprit, combinaison de la puissance et de l'acte. L'existence réelle demande d’autres conditions; elle n’a lieu que si les pouvoirs de Dieu ne sont pas des termes inertes, mais deviennent ce qu'ils doivent être. Mais, et telle est l'expression dialectique du devenir, ceci suppose que ces pouvoirs ne sont pas d’abord ce qu’ils doivent être, que le premier, la puissance qui doit devenir telle, est d’abord en acte, tandis que l’acte

1. P.40-45. C’est le même besoin d'une activité infinie sans cesse cap:ble de se rajeunir qui était au fond de la philosophie de la nature.

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