‹ SchellingChapitre 157 sur 195 · P. 67-76; cf. 76 l'interprétation du dogme de la Trinilé · texte numérisé non relu

P. 67-76; cf. 76 l'interprétation du dogme de la Trinilé

est d’abord en puissance. Le devenir au sein d’un être vient toujours de ce que cet être n’est pas à sa véritable place, et qu'il doit la regagner (non qu'il faille donner un sens intellectualiste à ce mot véritable, par une interprétation qui rappellerait la théorie aristotélicienne des lieux naturels des éléments; car cette place lui est finalement assignée par le rôle qu’elle a dans le devenir total, le devenir du Dieu unique). Le procès réel par quoi Dieu se réalise, le procès théogonique suppose donc une sorte de primitif mouvement de bascule où ce qui doit être en puissance émerge à l'existence, tandis que l'acte futur reste tout d’abord concentré en soi. Ce mouvement de bascule, cette universio, est le principe de cette vaste restitution de l’équilibre dont le devenir est ce que nous appelons l'univers. On sait, en effet, sans insister sur cette nouvelle forme donnée à la pensée, que l’histoire de l'univers consiste dans une victoire progressive de la subjectivité qui, d'abord en puissance et repoussée par l’objet, se manifeste comme acte pur, tandis que la primitive existence du début, la matière, devient peu à peu pure puissance !.

L'universio est au fond l'expression dernière de la liberté dans le devenir; c’est en effet Dieu lui-même posant, avec l'univers, les conditions de son propre devenir ; tout être statique se trouve emporté et détruit dans la mobilité universelle.

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